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DE GRAINS & DE PIXELS

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National Geographic, le tour du monde en 125 ans

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Inutile de présenter le National Geographic, magazine de référence de tout explorateur qui se respecte. Si vous avez lu notre article sur le Tumblr créé à l’occasion des 125 ans du National Geographic, peut-être avez-vous également entendu parler du coffret de livres photo National Geographic également associé à cet anniversaire.
Pour les 125 bougies du magazine, l’excellente maison d’édition de livres photographiques Taschen nous propose National Geographic, le tour du monde en 125 ans, un coffret en série limitée — 125 000 exemplaires seulement — qui reprend les photos les plus marquantes du magazine. Le coffret est livré dans un carton aux couleurs du magazine et comprend trois volumes séparés par continents :

Amérique du Nord et du Sud & Antarctique
Europe & Afrique
Asie & Océanie

Ce coffret ne contient rien de mieux que les meilleures photos du Nat Geo depuis 125 ans. Et il y a de quoi se réjouir ! Le magazine fondé en 1888 a publié sa première photo dès 1889. C’est donc l’histoire complète du XXè siècle qui s’étale sous nos yeux à travers ces images.
On y découvre ainsi des photos historiques prises aux quatres coins du globe : celles de la conquête du Pôle Sud (1911), la construction du Mont Rushmore (1934), la conquête Spatiale (1969) et bien d’autres. On trouve également des représentations de coutumes anciennes, pour certaines quasiment disparues.

Et le magazine n’a pas à rougir de ses 125 années d’existence puisqu’il a été pionnier dans plusieurs domaines de la photographie. Il est ainsi l’un des premiers à avoir utilisé aussi largement les photos en couleurs à une époque où le noir et blanc était de mise. Les photos d’animaux dans leur habitat sauvage sont également des premières (dès 1906, un exploit quand on connaît la relative lenteur des appareils photo de l’époque !). Le magazine s’est également fait une spécialité des photos sous-marines que ses photographes manient avec brio. Les photos présentées sont donc véritablement uniques de par la variété des sujets et des lieux. Elles traduisent ainsi parfaitement l’esprit d’exploration du magazine.

Vous pouvez acheter cet ouvrage sur le site de la Fnac pour 399€. Le prix est certes un peu élevé mais la qualité des images et la densité des volumes fait que vous en avez pour votre argent (moins de 20€ le kg !)


© Texte : phototrend.fr
© Photo : Tashen



DOWNTOWN

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Figure emblématique de l’iphoneographie, Richard Koci Hernandez nous plonge dans un univers en noir et blanc.
Loin des clichés des métropoles principalement américaines, il scrute les visages, surprend les passants au détour d’une rue, projette leurs ombres sur les murs et enregistre ainsi sur son téléphone portable l’ambiance contrastée des villes qu’il parcourt.
Premier opus de la collection #onthestreets,Downtown ouvre la voie à de futures aventures éditoriales. D’autres villes suivront très prochainement.

Première édition limitée à 600 exemplaires numérotés de 1 à 600.
84 photographies Impression offset en trichromie 96 pages 22,5 x 16,5 cm Livre relié, dos toilé
ISBN 979-10-92741-00-1
Prix : 45 €

http://outofthephone.com/fr/detail/downtown-fr/


© PHOTOS : Richard Koci Hernandez



Brandon Stanton, infatigable photographe des New-Yorkais

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Certains aiment New York pour ses gratte-ciel, ses ponts, son énergie, ses taxis ou ses lumières. Mais Brandon Stanton s'est lui fixé un autre défi: photographier 10.000 de ses habitants pour un blog désormais célèbre, "Humans of New York".

Chaque jour, cet ancien financier de 27 ans au visage d'enfant déambule, appareil photo en main, dans les rues new-yorkaises à la recherche de personnes hautes en couleur: de Harlem à Brooklyn en passant par Manhattan ou le Bronx, "je pars à la chasse au trésor", explique t-il à l'AFP. En deux ans, il a déjà photographié 5.000 New-Yorkais, enfants sortant de l'école, clochards, fashionistas, New-Yorkais avec un bouquet de tulipes, vieille dame avec sa canne, employés municipaux... Et près de 560.000 fans suivent désormais sa page Facebook. Il marche parfois de longues heures en quête d'une scène, d'une allure, d'un personnage. Il aborde ses sujets toujours de la même façon: "Bonjour, ça ne vous dérangerait pas que je vous prenne en photo ?". Brandon Stanton cherche aussi à saisir la personnalité de ceux qu'il photographie. Les traditionnels "que fais-tu ?" et "d'où viens-tu?", font rapidement place à des questions plus personnelles: "Quel a été le moment le plus heureux de ta vie ?", "Quels sont tes objectifs aujourd'hui ?" Parfois, le passant interpellé s'éloigne. Parfois, le dialogue se noue. Et Brandon note alors quelques citations: celle d'un SDF alcoolique qui rêve d'aller pêcher, celle d'une jeune punk qui veut être heureuse, ou encore une veuve qui confie avoir encore beaucoup d'amour à donner. Au fil des mois, son blog et sa page Facebook se sont, en plus de ses photos, enrichis de ces petites chroniques de la vie new-yorkaise, pleines d'humanité et de douceur. Une idée désormais copiée ailleurs Il arrive aujourd'hui à vivre de sa passion, même s'il affirme que l'argent ne l'intéresse pas. L'aventure a commencé en novembre 2010, quand après avoir perdu son emploi dans la finance à Chicago, le jeune homme s'est installé à New York. Sans expérience dans la photographie, il s'est lancé à corps perdu dans ce projet fou: prendre 10.000 portraits et les recenser sur une carte de la ville. La première année est difficile. Il est inconnu sur la toile, n'est suivi que par 3.000 personnes, et ses économies s'amenuisent. "Nous étions très inquiets pour lui, mais il a persévéré", raconte un ami, Samuel Ward qui souligne que Brandon a été toute sa vie un homme de défis. "Quand il se lance, il est hyper concentré et déterminé". Finalement le succès est venu. "Au départ, on s'intéressait purement à mon travail, désormais c'est le phénomène qui m'apporte de la visibilité", confie le photographe. "Face au succès du blog, j'ai laissé tomber l'idée du recensement", avoue-t-il aussi. "En deux ans, je n'ai jamais vraiment pris de vacances. On peut penser que c'est facile d'être son propre patron, mais mon patron, ce sont les 560.000 personnes qui me suivent et à qui je dois fournir un contenu tous les jours. Cela peut être extrêmement stressant", ajoute-t-il. Un livre regroupant près de 400 portraits et leurs histoires devrait sortir en librairie le 15 octobre prochain aux Etats-Unis. Et son ambition ne s'arrête pas là. Il est déjà allé en décembre dernier en Iran pour y réaliser des photos de rue avec leurs petits récits, également disponibles sur son blog. Et il a découvert avec surprise que "plus de 20.000 personnes" suivaient son blog en Iran. Il a l'intention de continuer l'expérience dans d'autres pays. "Mon objectif c'est d'aller partout", dit-il. "Humans of New York" a depuis inspiré d'autres artistes. On trouve désormais sur Facebook, "Humans of Paris", "Humans of Beirut", "Humans of Buenos Aires" ou encore "Humans of Karachi". "C'est génial que ça se soit étendu, mais je préfère rester concentré sur mon travail sans m'en soucier" dit Brandon.
© PHOTOS : Brandon Stanton



iPhoto de vacances

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Les tutoriels pour ne pas louper vos i-Photos de vacances
http://thenextweb.com/apps/2012/05/27/these-are-the-apps-that-should-be-in-your-iphoneography-camera-bag/
http://www.macworldiworld.com/special-events/iphoneography/
http://www.creativelive.com/courses/iphoneography-jack-hollingsworth

Quelques adresses où trouver l'inspiration :
http://www.flickr.com/groups/iphoneography/
http://vutheara.com/iphoneography/
http://paper.li/photojack/1318767396

De bonnes lectures pour la plage :
http://www.artofiphoneography.com/
http://www.questionsphoto.com/l-iphonographie-creativite-et-experimentations-visuelles/

A mettre dans le sac à dos avant de partir :
http://www.iphoneography.com/
http://www.iphoneographycentral.com/
http://lifeinlofi.com/

"Pierre Loti, photographe"

Il y a deux ans, Alain Quella-Villéger et Bruno Vercier ont fait découvrir l'œuvre dessinée de l'écrivain Pierre Loti.
Aujourd'hui, ils proposent de découvrir le Pierre Loti photographe.
Une autre facette de cet artiste aux multiples talents.
Un nouveau carnet de voyages, inspiré et largement inédit.
Des voyages en Orient au fil desquels Loti, marin, promeneur, a composé, de 1894 à 1907, une œuvre d’un millier de clichés, dont plus de la moitié, les meilleurs, figurent dans cet ouvrage édité par "Bleu Autour".
La plus grande partie de ces photographies de Pierre Loti et de celles publiées dans cet ouvrage proviennent des Musées de Rochefort-sur-Mer. les autres appartiennent aux ayant-droits de Pierre Loti. 

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6 MOIS : le numéro 4 vient de paraître

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Deux polémiques dont le photojournalisme a le secret ont surgi cet été. La première concerne le photographe américain Ron Haviv, vétéran du reportage de guerre, de la Bosnie à la Libye. Une de ses photos – un désert labouré par un char qui, au loin, prend feu – a été utilisée par le marchand d’armes Lockheed Martin pour une de ses publicités, surmontée d’un slogan sans appel  : «  Le missile a touché sa cible  ». La contradiction est patente entre le cynisme affiché de l’industriel et l’esprit humaniste du photographe, maintes fois réaffirmé dans ses interventions publiques. Soudain, l’image ne raconte plus l’horreur de la guerre mais la froide efficacité des armes. La photo n’a pas été volée, mais achetée. Avec l’accord de l’agent de Ron Haviv, évidemment. Est-ce simplement du business ou une trahison  ?
La seconde polémique a été provoquée par le mensuel américain Vogue. Piteusement, la rédaction en chef a présenté ses excuses à ses lecteurs pour avoir publié un reportage glamour sur le dictateur Bachar el-Assad juste avant la répression sanglante qui s’est abattue sur la Syrie. Ces images d’une famille belle, riche et heureuse ont provoqué un malaise d’autant plus grand qu’elles étaient signées par une des légendes du photojournalisme, James Nachtwey. Depuis plus de trente ans, Nachtwey a fait sienne la maxime de Robert Capa – «  Si la photo n’est pas bonne, c’est que tu n’es pas assez près  » –, risquant sa vie sans compter, avec un courage hors du commun. S’est-il compromis pour un plat de lentilles  ? Le débat oppose les gardiens de la déontologie et les défenseurs d’une profession sinistrée, souvent réduite à des travaux alimentaires pour financer des expéditions périlleuses.
La mise en accusation de Ron Haviv et James Nachtwey pose la question des limites que les photographes doivent respecter. Elle souligne surtout à quel point les rôles se sont inversés. Le photojournalisme est du journalisme  : raconter des histoires vraies et rendre compte du réel. Un journaliste est d’abord celui qui va voir et qui raconte. Ses récits sont essentiels à notre compréhension du monde. Ils nous construisent. Ils nous permettent de relier les événements entre eux, de donner une cohérence au chaos du monde et de savoir ce qui se passe vraiment. La photographie a son génie propre lorsqu’il s’agit de raconter des histoires. Les images s’impriment profondément en nous, tandis que les blancs entre deux clichés apportent le mystère et la magie du temps suspendu. Voilà pourquoi les photojournalistes sont rapidement entrés au panthéon du journalisme. Malheureusement, la concurrence de la télévision ou des vidéos en ligne, ainsi que les logiques commerciales et financières qui se sont imposées peu à peu leur ont dénié leur rôle de «  rapporteurs d’histoires  » pour celui d’illustrateurs ou de provocateurs. Soit ils alimentent une banque d’images fabriquées à la chaîne pour accompagner à bas coût une production standardisée. Soit ils signent quelques images isolées et radicales, pour la une, les galeries ou les affiches.
Si les photojournalistes parfois se perdent, c’est qu’on les a privés de boussole. Pourtant, nous sommes nombreux – le succès de 6Mois le prouve – à dévorer leur travail lorsqu’il revient aux sources du métier. C’est ce lien que nous entendons cultiver, résolument.
Bonne lecture.

Laurent Beccaria, Patrick de Saint-Exupéry, Marie-Pierre Subtil


Polka N°19 dans les kiosques et sur iPad

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RSF: un album de Martin Parr pour la liberté de la presse

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Un journaliste tué tous les cinq jours... A l'occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, le 3 mai, RSF dévoile la nouvelle formule de sa collection "100 photos pour la liberté de la presse" lancée il y a vingt ans. L'ouvrage, dont les recettes sont intégralement reversées à l'association, met à l'honneur le photographe britannique Martin Parr. 


Pour Reporters Sans Frontières, la Journée internationale de la liberté de la presse est l'occasion de rappeler les dangers auxquels sont exposés, quotidiennement, les acteurs de l'information dans de nombreuses régions du monde. Avec ce constat glaçant : en 2012, un journaliste est tué tous les cinq jours. Depuis janvier, l'ONG déplore la mort de 21 journalistes et de 6 net-citoyens couvrant des zones de conflit comme la Somalie et la Syrie. 

Loin des clichés sanglants témoignant des exactions commises dans ces régions, "Les 100 photos de Martin Parr pour la liberté de la presse" sont consacrées au tourisme de masse. Ballade à cheval en Turquie, séance de bronzage improvisée sur une plage artificielle (et bondée) au Japon, ou encore contemplation du Sphinx de Gizeh, en Egypte, viennent illustrer le travail critique du photographe britannique. 20 images inédites, réalisée pour RSF en Thailande et au Cambodge, agrémentent cet album. 

Partisan d'un tourisme responsable, Martin Parr estime que " les voyages touristiques sont une forme moderne de pèlerinage et les photos qui en résultent, la récompense ultime ". Ses clichés visent à montrer le décalage entre ces pèlerins modernes, conditionnés à visiter les mêmes endroits de la même façon, et la réalité des lieux qu'ils explorent. 
Confronté à la concurrence d'internet, le photojournalisme requiert des compétences qu'il est nécessaire de préserver, et de saluer. Depuis 1992, RSF publie ainsi trois albums de ce type par an. Leurs recettes constituent 50% des ressources de l'organisation. 

http://boutique.rsf.org/products/100-photos-de-martin-parr-pour-la-liberte-de-la-presse

Helmut Newton raconté par la femme de sa vie

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A L'OFFICIER MONÉGASQUE, HELMUT NEWTON lâche en 1981 : "J'aime le soleil ; il n'y en a plus à Paris." Le photographe quitte la France pour Monaco l'année où François Mitterrand prend le pouvoir. Afin de payer moins d'impôts. Il s'installe, avec sa femme June, dans une tour ocre, où il faut s'annoncer au concierge italien derrière son comptoir. Depuis la terrasse blanche, au 19e étage, la vue sur la mer fait chavirer l'oeil. Les mouettes frôlent la balustrade. En bas, une piscine immense, où l'artiste se relaxait entre deux prises de vue. Face à nous, des palmiers plantés sur les toits d'immeubles. A gauche, le Monte Carlo Beach Hôtel, où Newton se rendait dans une Jeep bleu, conçue pour lui. Une tente louée à la saison l'attendait pour y passer ses coups de fil. « C'était mieux qu'une matinée foutue à Paris chez le dentiste", commente June. La terrasse perchée des Newton est un observatoire idéal pour un voyeur. Lors d'une visite, en 1993, il y avait un télescope. Un détail nous intriguait. Pourquoi est-il orienté vers le bas et non vers les étoiles ? "Regardez dedans", répondit Newton. Dans le viseur, à une cinquantaine de mètres, est apparue une salle de bains. "J'adore regarder chez les autres." Elle appartenait à un célèbre couturier. "Chaque matin, je le vois siéger sur son trône, pas celui de la mode."

Par une belle matinée de mars, nous retrouvons June Newton sur la terrasse de Monaco. Son Helmut est mort en 2004, après avoir fracassé sa Cadillac contre un mur du Château Marmont, l'hôtel des stars à Hollywood, où le couple a passé l'hiver pendant près de trente ans. Helmut n'est plus là et il est partout dans cet appartement qui respire l'insolence, le goût dissonant, la provocation. Au mur, une grande lithographie de Roy Lichtenstein côtoie une silhouette de femme nue en fer forgé. Partout, des milliers de livres. Sauf aux toilettes, où il faut bien viser pour ne pas outrager un grand nu à 200 000 dollars qui jouxte la cuvette. Une de ses photos les plus célèbres.

Helmut Newton était un des plus grands photographes de la deuxième moitié du xxe siècle. Un des rares dont le public connaît le nom. Chez lui, les images qui marquent la rétine sont d'une densité phénoménale. Dire cela fera hurler. Car l'homme a poussé loin l'incorrection. "Le terme "correct" évoque pour moi les régimes fascistes", tranchait-il. Un cliché paresseux s'est imposé, qu'il a pris un malin plaisir à ne pas démentir : Newton est un photographe de mode aux images lourdement sexy, qui déshabille et maltraite les filles, facture cher, ne s'intéresse qu'aux riches, tire le portrait de Stéphanie de Monaco, mène grand train, porte des baskets blanches, manie l'humour à tout-va, répète qu'il est un "mercenaire". Tout est vrai et tout est faux. "Helmut vivait à l'opposé du monde clinquant qu'il photographiait, se souvient son ami, l'éditeur José Alvarez. Je me souviens du rituel plateau-télé, le dimanche soir, avec du pintadeau dans l'assiette." Pierre Bergé [l'un des actionnaires du Monde, ndlr], qui a bien connu Newton pour ses campagnes de publicité Yves Saint Laurent, confirme : "Helmut ne flambait pas. Il vivait sa vie."

Il n'est pas sûr que son image va s'améliorer avec la rétrospective en 240 images que lui offre le Grand Palais pour fêter le printemps. Les photos sont trop serrées dans un espace qui n'est pas celui que l'on réserve à Monet ou à Picasso, et le catalogue manque d'ampleur. "C'est la meilleure exposition sur Helmut, corrige June, mais il est dommage qu'elle n'arrive pas de son vivant." Pour cela, il aurait fallu que la France puritaine des musées l'aime. Elle ne l'aime pas. "Elle a été lamentable", dit même Pierre Bergé. José Alvarez est plus cru : "Les gens ont été si cons en France..." Newton en a été blessé mais il ne le montrait pas. Ce trait vient de loin. "Ma mère me disait toujours : "Si tu as des ennuis, Helmut, ne nous en parle pas, parles-en au médecin."" Des ennuis, il en a eu, notamment un coeur fragile, qui l'a tué. Mais sinon, quelle vitalité ! Elle a éclaboussé partout où il est passé, et surtout à Berlin, Paris et Monaco, les trois villes où il a forgé sa légende.

À BERLIN, IL AVAIT TOUT POUR LUI. Helmut Neustädter voit le jour dans une famille de la haute bourgeoisie qui le choie. Un chauffeur le conduit à l'école. C'est un garçon entouré de femmes et qui se construit autour de la sensualité. Dans son livre Autoportrait (Robert Laffont, 2004), il se souvient, à 4 ans, de sa nounou "à moitié dévêtue devant un miroir" et de sa mère "portant une combinaison en satin, exhalant le parfum Chanel nº 5". Il dévore Arthur Schnitzler et Stefan Zweig, ses écrivains du désir, mais aussi des magazines coquins, où "rien ne figurait jamais en toutes lettres". A 12 ans, il prélève 3,50 marks de son argent de poche pour acheter son premier appareil photo. A 14 ans, il découvre l'amour charnel. Il nage comme un dieu. Son visage est magnifique, qui aura l'insolence de le rester en vieillissant. "Il a cette allure racée de la Mitteleuropa, une figure qui a disparu de notre monde", estime Pierre Bergé.

Berlin la sensuelle est aussi la capitale où les nazis le traitent de sale juif et détruisent son père. Helmut est contraint de tout quitter, seul, à 18 ans. Il saute dans un train pour Trieste, puis s'exile en Asie. Les rares fois où il évoquera cette douleur, il le fera sur le ton de la plaisanterie. Avant qu'il ne tire le portrait de Leni Riefenstahl, l'ancienne photographe du IIIe Reich, en 2000, elle lui lance : "Helmut, c'est la vieille nazie qui se fait belle pour le petit juif." Il adore, et n'est pas en reste : "A mon avis, elle est encore amoureuse d'Adolf." Plus tard, il nous confiera : "Un portrait est peut-être plus intéressant quand on déteste la personne."

Le nazisme forge un caractère optimiste, un corps qui fuit l'hiver, et un homme qui ne compte que sur lui. "Quelles que soient les circonstances, je pense d'abord à moi." Il fuit la politique, n'a jamais voté, ne défend aucune cause, hormis la sienne. Il s'invente un personnage universel, adopte un nom anglais, possède un passeport australien. ""Newton", c'est la ville nouvelle et la nouvelle vie", commente José Alvarez. Newton pardonnera à Berlin de l'avoir chassé. Il y retourne parfois et donne son accord, peu avant de mourir, pour qu'une fondation ouvre à son nom dans un palais néoclassique. Et, pour boucler la boucle, il est enterré à Berlin, dans le cimetière des célébrités, pas loin de la tombe de Marlene Dietrich qu'il admirait tant.

Ses grandes photos de bourgeoises inquiètes, traquées par le regard des hommes, évoquent ses démons berlinois. June Newton va plus loin : "Ces femmes qui révèlent leur nudité sous le manteau de fourrure, que Helmut fait poser dans des lieux publics, une rue, le métro, ou à l'arrière d'un taxi, sous des yeux anonymes, viennent de là. Cela vient aussi de sa fascination pour la République de Weimar. Helmut est un vrai Berlinois, pas un monstre, mais un homme fasciné par cette période de créativité décadente. Il est resté le little boy obligé de quitter son pays, devenu un taxi driver qui m'a prise comme passagère de sa vie."

APRÈS BERLIN, IL DÉBARQUE À SINGAPOUR ET DEVIENT GIGOLO. Photographe de presse, aussi, mais il n'est pas doué. "Il me racontait que lorsqu'il regardait dans le viseur, l'événement était déjà terminé", rigole June. Il rejoint l'Australie, où il s'engage dans l'armée, avant de s'établir comme photographe de mode après la guerre. Mais il s'ennuie. Trop loin du monde. Il quitte l'Australie avec l'actrice shakespearienne June Browne, qu'il a épousée. Ensuite, c'est Londres, mais il déteste. Va pour Paris, la capitale de la mode. June, qui était une star de la télévision à Londres, sacrifie sa carrière. "Helmut m'a répété que la photographie sera toujours son premier amour, et moi le second", dit-elle, devenant à son tour une photographe réputée, sous le nom d'Alice Springs.

Quand le couple débarque sous la tour Eiffel en Porsche blanche, Helmut a 37 ans et pas de temps à perdre. "Dès mon arrivée, je sais que c'est là que je veux travailler." Les magazines Elle et surtout Vogue, auquel il collabore vingt-trois ans, le sacrent roi de la mode. Helmut Newton se forge à Paris un style qui s'écarte résolument des codes du genre. Il nous l'avait résumé ainsi : "Imposer un sujet, le mettre en scène, mais suggérer une histoire qui a une ambiance de réalité, comme si l'image était publiée dans un quotidien d'actualité et non un magazine de mode, voilà les grandes questions." C'est en transformant la mode en fait divers qu'il incarne une époque. Avec deux références en tête. Brassaï pour ses vues nocturnes de prostituées et de malfrats. Et l'Allemand Erich Salomon, qui fut le paparazzi des hommes politiques et diplomates dans les années 1920-1930.

Rencontre avec June Newton :




Comment concilier rapidité et mise en scène ? En travaillant vite, ce qui peut surprendre. Deux jours maximum pour une séance. "Sinon, je m'ennuie." Son équipe est légère : un assistant, un seul appareil qu'il tient dans les mains, comme le reporter. Une ou deux pellicules, trois au maximum. Pas d'éclairage savant, plutôt la lumière naturelle. Il évite le studio pour lui préférer le décor vivant. "Une femme ne vit pas sur un fond de papier blanc : elle s'occupe de la maison, de son travail, sa voiture, ses enfants, ses amants", nous disait-il. Les lieux ? Une rue, une chambre d'hôtel, la plage, une décapotable... Il s'écarte peu de chez lui. "A Monaco, il a beaucoup fait de photos dans le garage de notre gratte-ciel", confie June, qui se souvient d'un épisode savoureux : "On lui prête un jour une villa de milliardaire. Il a mis les filles dans le parking avec le jardinier. Le propriétaire a dit : "My God !" José Alvarez conclut : "Je n'ai jamais compris comment il arrivait à de tels résultats avec trois fois rien."

NEWTON PEUT ALLER VITE CAR IL SAIT EXACTEMENT CE QU'IL VEUT. "Il ne sortait jamais de la maison sans une idée", explique June. Comment il la trouve ? Avec ses yeux. Violetta Sanchez, mannequin et égérie, raconte : "Un jour, pour Saint Laurent, j'étais dans une cabine avec d'autres mannequins en attendant d'essayer des robes. On était presque nues. Helmut nous voit et il a un flash dans la tête : "On dirait un bordel avec les filles qui attendent d'être appelées." Peu après, il a fait une séance à partir de cette idée." La lecture des journaux est également centrale. "Les images qui m'ont inspiré sont dans les quotidiens." June, encore : "Toutes ces images, que les gens trouvaient bizarres, elles ne le sont pas vraiment, elles viennent de ses lectures du Monde ou du Herald Tribune. Elles viennent de films, de romans... Un jour, il tombe dans le journal sur une chaise électrique ; une semaine après, il a mis une fille dessus. Il a tout mélangé dans sa vie." Dans son lit, la nuit, muni d'une petite lumière pour ne pas réveiller sa femme, il note tout sur un carnet. Il en possédait des centaines. Il se réveille pour écrire : "Sueur sous les aisselles, lèvres gonflées, baiser, épaule de l'homme, main de la femme, intérieur du coude, interaction des muscles, homme-femme nus à mi-torse."

Si Helmut sait ce qu'il veut, les mannequins ne connaissent qu'une partie de l'histoire. "Il donnait une idée, mais on ne savait pas où ça allait, raconte Violetta Sanchez. Il m'appelle un jour, et me lance : "Otto Dix, ça te dit ?" Et il m'a photographiée nue avec un monocle. La photo est monstrueuse, car j'étais très maigre. Mais je l'ai autorisée, car c'est Helmut. J'ai eu le privilège de travailler avec lui pendant vingt ans." Elle cite encore ce moment où, juchée sur une table, elle doit fixer un point vers le haut. "Sans rien me dire, il a attendu qu'un gros chien fixe la même chose." Elle ajoute : "Tous les photographes ont fait marcher un mannequin dans la lande. Mais chez Helmut, par le choix du vêtement, le regard impossible de la fille, le spectateur doit se demander ce qu'elle fout là."

Helmut Newton se rêvait en paparazzi et il en fut un. Non pas des gens connus mais des âmes perdues, des fantasmes communs. Il met à nu le profil féminin qu'il connaît le mieux : "La bourgeoise parisienne de 30-32 ans, qui habite dans le 16e arrondissement, a trop d'argent, trop de temps et cherche l'aventure." Son modèle ? Catherine Deneuve dans Belle de jour, de Luis Buñuel. Il est souvent question de sexe, de pouvoir, de domination, d'argent, dans ses photos. Et de provocation. Pour la marque Hermès, il n'hésite pas à accrocher la selle d'un cheval sur les reins d'une écuyère à quatre pattes sur un lit. "Le patron de la marque a failli avoir une attaque, se souvient June en rigolant. On ne comprend rien à Helmut si on ne voit pas qu'il veut casser le système de la mode." Au collectionneur Bernard Lamarche-Vadel, il dit sans ambiguïté : "Je suis très attiré par le mauvais goût, beaucoup plus excitant que le prétendu bon goût, qui n'est qu'une normalisation du regard." En 1979, il décrit ainsi, dans la revue Egoïste, pour laquelle il a travaillé de 1977 à 1984, son attrait pour les ambiances sado-maso : "Je garderai toujours un faible pour les chaînes : c'est presque comme des bijoux." Après avoir photographié Margaret Thatcher, il nous confie : "L'imaginer faisant l'amour alors qu'elle est la première dame d'Angleterre, c'est la chose la plus excitante au monde." José Alvarez se souvient de son ami arrivant en retard à un dîner, en plein Mai-68 : "Il trouvait sexy les CRS casqués avec leurs boucliers."

José Alvarez est persuadé que tout cela n'est que posture, que Newton a beaucoup triché sur ses sentiments. "Il pouvait être cassant, il adorait tenir en public le rôle du naughty boy, le mauvais garçon facho et misogyne, alors qu'avec ses amis, il était un gentleman d'une grande élégance, qui parlait l'allemand châtié de l'aristocrate prussien." Pierre Bergé va dans le même sens : "C'est un anti-bourgeois absolu, qui s'est élevé contre le bon goût dominant, sans être vulgaire. Comme Yves Saint Laurent. Misogyne ? Oui. Mais les grands artistes ne font pas une oeuvre pour être sympathiques."

Son sens de la provocation lui a valu de multiples attaques pour misogynie, notamment aux Etats-Unis, où il fut longtemps blacklisté. L'expert en photographie Philippe Garner raconte que des étudiants l'attendaient de pied ferme, lors d'une conférence, pour lui jeter à la figure de la viande crue. Le paradoxe est que des féministes sont restées muettes devant l'avalanche de photos de mannequins minaudant sur papier glacé, mais ont cloué au pilori Newton, celui qui a transformé la femme en forteresse imprenable. Car l'essentiel est là. Chez Newton, la femme est rarement une victime. Violetta Sanchez en est convaincue : "Il est sur le fil du rasoir avec toutes ces femmes qui semblent dire : "Je suis à poil mais je sais me défendre.""

Newton n'hésite pas à aborder une inconnue pour lui dire qu'il la trouve sexy. C'est dans le travail que le mannequin devient un objet aussi nécessaire que l'appareil ou qu'un "pot de fleurs", explique June. Son mari est lui-même très clair : "Le mannequin est payé pour faire ce que je veux." Va-t-il plus loin que d'autres ? "Il pouvait être sadique", avouent Nicole Wisniak et José Alvarez. Alors que Newton fait poser Loulou de la Falaise en tenue légère, dans un jardin, par un froid polaire, la muse de Saint Laurent finit par craquer : "Je suis bleue." Réponse du photographe : "ça n'a pas d'importance, c'est du noir et blanc." José Alvarez a vu Newton à l'oeuvre : "Il a fait adopter des positions impossibles aux femmes pour donner forme au muscle de la jambe. Il a attaché un célèbre mannequin noir comme une esclave, jusqu'au moment où elle s'apprêtait à le frapper. Il était sans limites."

VIOLETTA SANCHEZ SE SOUVIENT DE MANNEQUINS PANIQUÉS, d'autres secoués par Helmut quand il les trouve peu concentrés. "Il me disait : "Cette fille, elle ne donne rien, c'est un veau." Helmut ne tolère pas de fausse pudeur. Mais s'il y avait de la drague avec nombre de photographes, avec Helmut, jamais. Les photos étaient perverses, mais lui, non. Rien de libidineux. Passer à l'acte n'était pas à l'ordre du jour." June Newton confirme : "Helmut répétait qu'un photographe peut faire l'amour avec une fille ou la photographier, mais pas les deux en même temps." Elle précise : "Il a passé presque tout son temps à photographier ces filles. Et puis il est toujours revenu."Les duretés de l'animal n'ont pas empêché Kate Moss, Karen Mulder, Monica Bellucci, Cindy Crawford ou Claudia Schiffer de travailler pour lui. "Tous les mannequins rêvaient de poser pour Helmut. Car il était un formidable accélérateur de carrière", dit Violetta Sanchez. Son type de femme, pour une photo, était la belle plante aux formes généreuses, l'amazone aux jambes interminables, la femme tankée. Souvent, il photographie d'abord en couleur le mannequin portant une robe griffée, puis il l'invite à se déshabiller et imagine une scène en noir et blanc. "J'acceptais toujours, explique Violetta Sanchez. Chaque fois, il me donnait un portrait dédicacé en cadeau. Il n'y a que lui pour m'avoir dit un jour : "Quand tu seras vieille et moche, tu pourras le vendre."

Les motifs sexuels occultent ses compositions, à la fois modernes et classiques. Presque rigoristes. A Nicole Wisniak, il confie : "L'ordre, j'aime beaucoup cela. J'adore l'efficacité. Je n'ai pas beaucoup de sympathie pour le dilettantisme." C'est palpable dans ses multiples campagnes de publicité pour Yves Saint Laurent, le styliste qu'il admirait le plus par sa façon de façonner la "femme idéale". "J'ai l'impression qu'il a toujours été avec nous, dit Pierre Bergé. Yves laissait Helmut libre." Le sommet de leur collaboration est sans doute ce portrait de femme androgyne avec une cigarette à la main, portant un tailleur pantalon durant l'été 1975. C'est la nuit, rue Aubriot, à Paris, là où il habite à l'époque. La synthèse parfaite entre la poésie de Brassaï et l'expressionnisme allemand. Entre Paris et Berlin.

Le déménagement à Monaco est perçu par beaucoup comme un exil doré. "Tout le monde pensait que sa vie artistique était terminée", raconte June. C'est tout le contraire. Du reste, si les grands photographes ont souvent tout dit à 30 ans, Newton gagne en puissance à 60. Il ne lève pas le pied dans la mode mais il élargit son registre. Jusqu'ici, June était une formidable boîte à idées pour son mari, quand il était en mal d'inspiration. Cette dernière raconte un moment où tout a basculé : "Un jour, il trouvait que je roulais trop vite. J'ai arrêté la voiture, et je lui ai dit : "Tu penses que tu es un génie..." Il m'a répondu : "Non, pas un génie, mais je crois que j'ai un esprit tordu." Il a ajouté : "June, c'est la dernière fois que je serai le passager..." C'était sa façon de me dire qu'il n'avait plus besoin de mes idées. Et il a fait évoluer son style, entreprenant un énorme travail."

CET ÉNORME TRAVAIL, POURSUIVI JUSQU'À SON DERNIER SOUFFLE, est plus froid, féroce, clinique, libre, net - il détestait le flou. Et ouvertement sexuel. Il explore résolument la photo de nu avec ses fameux Big Nudes : vingt et une femmes vêtues de talons aiguilles posent frontalement sur fond blanc. C'est un choc quand on découvre ces très grands formats dans une exposition au Musée d'art moderne de la ville de Paris, en 1984, qui marque l'acte de naissance de l'artiste Newton. Il y a aussi ce fameux diptyque, Sie kommen (1981) : quatre femmes marchent vers nous, d'abord nues, puis élégamment habillées. Cette oeuvre a été vendu 241 000 dollars, chez Christie's, à New York - le record de l'artiste. "Helmut était fasciné par les images de suspects que la police aligne pour identification par des témoins, explique June. Il avait aussi en tête les photos d'identité de criminels au tournant des XIXe et XXe siècles. Il avait enfin découpé dans un journal la photo d'une brigade antiterroriste, en Allemagne, où étaient affichés sur le mur, à taille réelle, des portraits de la bande à Baader. Il a d'ailleurs d'abord nommé la série de nus The Terrorists." Pourquoi Sie kommen ? ""Ils arrivent !", c'est l'exclamation des soldats allemands dans les bunkers, en Normandie, voyant surgir les bateaux ennemis."

Newton ose tout, y compris des photos pornographiques. Avant de recevoir des amis à dîner, il demande à June de lui apporter le poulet qu'une femme, portant un bracelet Bulgari, découpe. "La star, c'est le poulet, pas la femme", commente José Alvarez. Son obstination à tout transformer en photos, chaque jour, peut faire peur. Dès que June veut faire un testament, il biaise : "Junie, laisse-moi faire mes petites photos..." Quand on lui rappelait qu'il était daltonien, il s'amusait : "Ça ne m'a pas empêché de voir."

A voir :


 "Helmut Newton", au Grand Palais, av. Winston-Churchill, Paris-8e. Tous les jours, sauf le mardi, de 10 à 22 heures. De 8 à 11 euros. Jusqu'au 17 juin. www.rmn.fr/helmut-newton

Bande annonce de l'exposition :


Helmut Newton, l'exposition - la bande annonce par Rmn-Grand_Palais
 
Catalogue de l'exposition Helmut Newton, 1920-2004, édition RMN, 256 p., 35 euros.

A lire :


"Helmut Newton. Work", éditions Taschen, 280 p., 39,99 euros.
"Helmut Newton. Sumo", révisé par June Newton, éditions Taschen, 464 p., 99,99 euros.
"Helmut Newton. Polaroids", éditions Taschen, 224 p., 39,99 euros.
"Alice Springs. Photographs", éditions Taschen, 144 p., 29,99 euros.

© Helmut Newton
© Michel Guerin - M Style - Le Monde

XXI : numéro 18 en librairie le 05 avril

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Ce numéro de printemps paraît au coeur de la campagne présidentielle française. Lorsqu’il sera remplacé par le numéro suivant sur les tables des libraires, le second tour des législatives aura rendu son verdict. Durant ces trois mois, l’actualité politique aura envahi encore davantage toute la presse française. Toute ? Non, un irréductible trimestriel résiste à cette marée de commentaires ! Le silence de XXI n’est pas une surprise pour les aficionados. Un lecteur maniaque pourra relire nos 3 780 pages publiées depuis janvier 2008 sans y trouver les noms des acteurs politiques français et des candidats à la présidentielle, à part quelques occurrences du président sortant (elles se comptent sur les doigts d’une seule main).

Pourquoi ce choix ? D’abord parce que XXI est une revue francophone, ouverte sur le monde et le coin de la rue. 99 % des lecteurs de XXI habitent en dehors de Neuilly et des quelques arrondissements de Paris où se brassent politiques, journalistes, hauts fonctionnaires, communicants et cadres dirigeants. Deux ou trois petits milliers de « décideurs » vivent dans les mêmes lieux, arpentent les mêmes rues, et leurs enfants fréquentent les mêmes écoles. Évidemment, ils lisent les mêmes médias et s’y retrouvent comme par magie, sans se rendre compte que, lus depuis Ploërmel ou Bergerac, Bruxelles ou de Rio de Janeiro, les quotidiens, les sites d’info et les news français paraissent déconnectés du réel. Ils parlent aux politiques, dans un entre-soi dont les lecteurs sont des spectateurs désabusés. Or c’est justement ce réel qui intéresse XXI.

Il existe une bulle politique comme on parle de bulle immobilière ou de bulle financière. L’espace consacré à la vie politique a connu une inflation proportionnelle au désengagement des citoyens. Dans les années 1960, le grand quotidien populaire qu’était France Soir consacrait six fois plus de place à l’international que Le Parisien-Aujourd’hui en France. La « politique politicienne » est désormais surreprésentée.
Cette bulle est d’autant plus artificielle qu’à l’heure de la mondialisation, l’exercice du pouvoir a changé. Les arbitrages fondamentaux se prennent dans les entreprises transnationales et les ministères selon des règles qui échappent trop souvent au jeu démocratique ou à la transparence. Les décisions majeures sont masquées par une avalanche de communication. Cette discrétion est autant le fait du cynisme que du pragmatisme, car gouverner pour un horizon qui dépasse quelques jours est devenu une gageure. Le brouillage est complet.

À XXI, nous avons fermé la porte de ce journalisme, parce qu’il est devenu inaudible et qu’il a été aspiré par l’immédiat : trois mois, c’est l’éternité pour les polémiques, les soufflés qui retombent et les effets d’annonce. Les lecteurs sont-ils dépolitisés pour autant ? Nous ne le croyons pas. XXI s’intéresse au grand bouleversement du monde, à la vie au ras du sol, à tout ce qui est important et qui dure. C’est une autre manière d’appréhender la politique, par le centre et non la périphérie.

© Laurent Beccaria
© Patrick de Saint-Exupéry
© XXI l'information grand format - http://www.revue21.fr/

6MOIS : le numéro 3 en librairie

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Derrière ce numéro, il y a le rire et la joie de vivre de Martina Bacigalupo qui, à chacun de ses passages, a éclaboussé nos bureaux de son énergie. Cette photographe italienne s’est installée au Burundi, petite enclave dans l’immensité du continent africain. « Mais pourquoi as-tu choisi le Burundi ? », lui demanda un jour sa mère. « Et toi, pourquoi as-tu choisi papa ? », lui répondit-elle. « Ah, ton père m’est tombé dessus. » « Eh bien moi, le Burundi m’est tombé dessus. » Tout est dit.
Derrière ce numéro, il y a beaucoup de reportages qui nous sont tombés dessus. En quelques mois, la nouvelle de l’existence de 6Mois s’est propagée parmi les photographes, et les propositions affluent. Nous avons découvert les autres au hasard de nos recherches et des recommandations de celle qui a vu celui qui a vu un reportage, évidemment exceptionnel mais qui ne l’est pas toujours. Parfois, il suffit de trois clics. D’autres jours, nos recherches sont dignes d’un cabinet de détectives. Pourquoi ce reportage emporte-t-il l’adhésion et non celui-là ? L’émotion ne s’explique pas, elle se ressent, parfois physiquement. Des fourmis dans le dos, des yeux embués, un regard hypnotisé… Après, il faut trier et organiser les récits pour qu’ils se répondent.
Derrière ce numéro, il y a la démarche chaloupée de Guillaume Bonn, et sa question au bout de deux rendez-vous de travail sur ses photos du Kenya : « Au fait, est-ce que vous payez les photographes pour la publication ? » L’interrogation en dit long sur une profession qui a pris l’habitude d’être malmenée et rémunérée en monnaie de singe (la vitrine de la publication ou de la vente en galerie contre la gratuité des photos). C’est justement contre cette inversion de l’ordre des choses que 6Mois s’est construit.
Derrière ce numéro, il y a la découverte de quelques photos en couleurs sur la Chine de Mao, qui s’affichent sur le site d’une galerie à Pékin, nos courriels et nos appels restés sans réponse. Reporter indépendant en Chine, Jordan Pouille est appelé à la rescousse. Il remonte le fil jusqu’à l’auteur des images, qui vit désormais dans un HLM pékinois et dont le destin vaudrait dix livres. Dans le fouillis de ses CD-ROM en forme de boîte à trésors, au milieu de ses photos de famille, il déniche des centaines d’images qui disent la folie maoïste.
Derrière ce numéro, il y a la passion d’Evguenia Arbougaïeva, installée à New York mais qui n’a jamais oublié sa Sibérie natale et la petite fille heureuse qu’elle a été dans le froid et le vent du Grand Nord russe. Il y a la voix de Mohammad Golchin, depuis ses montagnes, au bout d’une ligne qui coupe toutes les demi-heures, racontant en farsi la vie des écoliers iraniens, si proches, si loin. Derrière ce numéro, il y a le travail des journalistes de la rédaction de 6Mois à la recherche des compagnons du devoir allemands, qui n’ont pas hésité à passer le réveillon du Nouvel An dans une boîte heavy métal à Freibourg, ou à remonter la piste des propriétaires de navires échoués en Méditerranée, en faisant du porte-à-porte sur les quais de Sète ou en passant des jours à débusquer les sociétés écrans dans les paradis fiscaux.
Derrière ce numéro, il y a tant de rencontres et de discussions qu’une page d’éditorial n’y suffit évidemment pas. A partir d’aujourd’hui, une autre histoire va prendre la place de notre agitation. Une fois imprimé, 6Mois vous appartient. Les images et les mots prennent un autre sens, puisque vous les découvrez sans jamais en avoir entendu parler, sans connaître les visages ni la voix des auteurs. Vous les lisez avec votre mémoire, votre sensibilité et votre curiosité. Une autre histoire commence : la vôtre.
© Laurent Beccaria, © Patrick de Saint-Exupéry © Marie-Pierre Subtil

Découvrir la revue 6MOIS

Photographes, publiez votre livre photo !

Au même titre qu'une exposition, un livre est un formidable aboutissement pour un photographe. C'est un signe de réussite et de succès, une manière de laisser une trace. Il est surtout l'un des meilleurs moyens de se faire connaître, y compris à l'étranger, et de démarcher galeristes et autres clients potentiels. Alors que la production de beaux livres de photographie a fortement augmenté depuis le début des années 1990, témoignant du dynamisme de petits éditeurs et de photographes indépendants au fait du développement des techniques de mise en pages et d'impression à la demande, elle reste encore obscure et mal maîtrisée pour certains. Photographes, publiez votre livre photo! décrit le processus complet de réalisation, de promotion et de diffusion d'un livre de photographie que l'on souhaite s'autoéditer ou confier son projet à un éditeur ! Des interviews de professionnels (photographes, éditeurs, graphistes, agents, galeristes.. .) apportent un éclairage concret aux propos des auteurs. De nombreuses informations pratiques (adresses de librairies, éditeurs, imprimeurs, entre autres) sont, en outre, regroupées en annexe et aideront le lecteur à se lancer dans un projet de publication.
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Photographes, publiez votre livre photo !
de Darius D Himes, Mary Virginia Swanson
Editeur : Eyrolles
Parution : 1 Mars 2012

SOURCE : http://www.evene.fr/livres/livre/darius-d-himes-mary-virginia-swanson-photographes-publiez-votre-851459.php
SHOP : http://livre.fnac.com/a3897800/Marie-Virginia-Swanson-Photographes-publiez-votre-livre-photo-?Origin=PA_EVENE_CULT_L3

Matar Ndour publie un ouvrage illustré sur la lutte

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Matar Ndour a présenté, jeudi, à l’Institut français L. S. Senghor de Dakar, un ouvrage illustré par des photos et témoignant de l’originalité de la lutte. Lors de cette cérémonie  suivie de dédicace, le photographe a montré qu’en dehors de la violence, il y a un aspect qui relève du beau dans cette pratique sportive.

« Arènes sénégalaises, Sunu cosaan » est un livre-photos de 120 pages qui montre le côté esthétique de l’arène de la lutte sénégalaise, selon Matar Ndour. « Depuis 5 saisons, je porte mon regard sur l’arène sénégalaise qui ne saurait laisser indifférent le photographe que je suis. Surtout, j’ai pour mission d’être la mémoire visuelle de mon temps et d’apporter ma modeste contribution à la promotion du sport », tient-il à  expliquer ajoutant que son « regard n’est pas critique ». «  Je veux juste poser mon objectif sur ce que l’œil ne voit pas, sur la pureté d’un geste, le plastique de ces champions, sur l’expression de son visage qui m’a parlé et la gestuelle de ces corps en transe », souligne l’artiste photographe.

Traduit en anglais, cet ouvrage offre un cocktail de personnes qui composent l’arène sénégalaise. Des pugilistes aux arbitres, en passant par les cordons sécuritaires de la police, le public, les cantatrices (Khar Mbaye Madiaga et Mayé Ndèp), les musiciens (Youssou Ndour et Mbaye Dièye Faye), les communicateurs traditionnels (Khadim Samb) et les hommes des médias qui servent de béquille pour relayer l’information. Tout y est ! Matar Ndour exhibe des pugilistes « qui s’enlacent, se contorsionnent et finissent sur le sable » ; ce qui constitue une « délivrance pour ces milliers de supporters venus acclamer leur champion ».

De la même veine, le livre est nettement orné par des photos qui montrent  des lutteurs espoirs, mais aussi, ceux qui sont dans l’antichambre des Vip comme Modou Lô, Lac de Guiers  n°2 et Balla Bèye n°2. Dans la cour des grands, il a mentionné Yakhya Diop, alias Yékini (Ecurie Ndakaru), Balla Gaye n°2 (Ecurie Balla Gaye n°1) et Eumeu Sène (Ecurie Tyshinger). Les images de Gris Bordeaux (Ecurie Fass), Mouhamed Ndao Tyson (Ecurie Boul FaléWinking que M. Ndour considère comme celui qui a révolutionné l’arène sénégalaise et de quelques espoirs tels que Gouy-Gui, roi  du « Simpi » de Guédiawaye, Sa Thiès (petit frère de Balla Gaye n°2), Yékini Jr, Elton ou Usine Dolé, ont servi de spécimen à cet ancien correspondant-photographe du quotidien français, Libération.   

Partisan du beau, Matar Ndour regrette que la question liée à la violence dans l’arène soit trop souvent évoqué. C’est pourquoi, il a parlé des chorégraphies rythmées, parfois, par le tambour-major, Doudou Ndiaye Coumba Rose,  la participation des faux-lions.      Lors du choix des photos, l’auteur l’a fait sans se focaliser sur des préférences. Aussi, symbolise-t-il l’éloge des paradoxes, lorsque qu’il déclare avoir mis ces clichés sans connaître les noms respectifs des lutteurs. Dans un autre registre, M. Ndour a abordé le côté des « khons » et des gris-gris. « Je partage ça avec eux (Ndlr, les lutteurs). J’y  crois profondément », avoue-t-il.

C’est sous la direction littéraire de Oumar Chérif Ndao que cet ouvrage a été publié et édité aux Editions Vives voix. M. Ndao souligne : « Lorsqu’on réalise une œuvre, on la donne de la valeur dans le temps ». L’ouvrage a été tiré à 1500 exemplaires.


Je dis "M"

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Polka n°15 :

Polka N°15 - 5€

Dossiers :
- Indignez-vous, le mot d'ordre qui réunit les générations
- Révoltez-vous, en Somalie, le martyre des innocents
Portfolios :
- Peter Lindbergh, Camille à cappella
- Marc Riboud, dockers d'Accra
- Titouan Lamazou, l'enfer du décor

Feuilleter le magazine

Le mur de Polka N°15 expliqué par Alain Genestar :

Le mur de Polka #15, par Alain genestar from Polka Image on Vimeo.



L'édito d'Alain Genestar - Rédacteur en chef de Polka :

C’est la pire des injustices. La pire qu’il soit possible d’imaginer sur terre: la mort de dizaines de milliers d’innocents, d’enfants et, auprès d’eux, de femmes, d’hommes, de vieillards frappés par la famine et la guerre. C’est en Somalie. Si loin.
 
Les associations humanitaires agissent; les Eglises tentent d’éveiller les consciences; les organismes internationaux dépêchent sur place des médecins; des experts noircissent des rapports... Mais qui d’autre s’intéresse à ce drame et s’en indigne?
 
Dans les médias, il y a eu et il y aura des envoyés spéciaux, des photographes qui ont réussi et réussiront à convaincre leur hiérarchie d’y aller. Mais pas trop longtemps. Pas trop souvent. Car la Somalie – dit-on – ne fait pas vendre. Car une tragédie qui n’en finit pas lasse l’opinion. Et il ne faut surtout pas lasser l’opinion. Il faut la surprendre par des émotions neuves, par du sang neuf. Il faut la détendre, surtout en période de crise, en lui racontant des histoires de princesses et de starlettes (je le sais bien, je l’ai fait). Donc, il ne faut pas reparler de la Somalie ni retourner en Haïti, car cette misère-là, qui s’éternise, ennuie. Car ces photos-là sont toujours les mêmes. Et ces enfants qui meurent sont si loin. La fameuse théorie de la proximité remise au mauvais goût du jour: DSK plutôt que le Zambèze.
 
Au-delà du cynisme, ce raisonnement qui consiste à dire “Circulez, y a rien (de neuf) à voir” est aussi faux que vulgaire. Les gens, pas tous mais beaucoup, des lecteurs, des téléspectateurs, des auditeurs, ressentent le besoin d’être tenus informés de ce qui continue à arriver de mal à d’autres personnes qui, au-delà des apparences et différences, sont leurs semblables. Des gens, des lecteurs... reprochent justement aux médias leur manque de constance, de persévérance, leur futilité, leur prétention à imposer leurs choix fondés sur des motifs qui empruntent plus aux règles du marketing à court terme qu’aux fondements de valeurs déontologiques. Résultat: la presse est rejetée par une partie du public, la plus exigeante, qui moque cette façon primesautière de traiter l’actualité par-dessus la jambe.
 
La Somalie nous intéresse, vous intéresse, parce que ce qui s’y passe nous concerne tous.
 
Parce que la photo d’un enfant qui est en train de mourir – comme nous le montrons dans les pages suivantes – est la plus violente des informations qu’il soit donné de voir.
 
Parce que le scandale n’est pas de publier une information violente, mais de ne pas la publier. Et au nom de quoi, et de quelles règles, faudrait-il ne pas la publier? Parce qu’elle est choquante? Eh bien, choquons! Et si l’onde de choc convainc les chefs d’Etat d’agir enfin, l’information – c’est-à-dire la photo d’un enfant qui meurt – aura atteint son but: sauver des vies.
 
Pourtant ne rêvons pas. On sait, d’expérience, qu’il ne se passera pas grand-chose. Que les Etats feront, au mieux, le strict minimum. Que l’argent, récolté par les porteurs de sébiles, sera insuffisant. Que, de toute façon, la corruption est telle, à tous les niveaux, qu’une bonne partie des aides seront détournées pour enrichir des intermédiaires ou acheter des armes.
 
Alors, si on sait tout cela, à quoi bon!
 
Je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que notre métier est d’informer et, dans le flot des nouvelles, d’informer du pire.
 
Ce que je sais, c’est que notre société est malade de l’indifférence des uns, les plus riches, vis-à-vis des autres, les plus pauvres. Et que cette maladie, si rien n’est fait, est tueuse de toutes les valeurs humaines et morales.
 
Ce que je sais, c’est qu’il y a des gens, de plus en plus nombreux, des jeunes, partout dans le monde, qui ne supportent plus ces injustices. On les appelle les Indignés.
 
Ce que je sais, c’est qu’il y a dans quelques mois, en France, une élection et que les candidats devront tous répondre à la question: comment construire un monde un peu plus juste?
 
Ce que je sais, c’est qu’il faut, au-delà de la lecture d’un petit livre à succès, s’indigner, avec force, avec cœur et avec exigence.
 
Ce que je sais, c’est qu’on ne peut plus dire, en voyant ces images, qu’on ne sait pas.
 
Ce que je crois, c’est que seule notre indignation, amplifiée par la puissance de l’opinion publique, pourra sauver les enfants de Somalie. Et, accessoirement, nous-mêmes.

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2011 dans l'oeil de Libé

Le quotidien Liberation salue le photojournalisme dans un hors-série déjà disponible en kiosque. Au-delà des images qui ont marqué l'actualité exceptionnelle de cette année 2011, le quotidien propose un panorama des reportages photo qu'il a produit et un décryptage de la place et des mutations de l'image dans la société d'aujourd'hui.
En format magazine dos carré, ce hors-série de 164 pages (7 euros), qui sera disponible jusqu'à fin décembre, est séquencé en 3 parties. "Le fil de l'actualité" où on retrouve les photos marquantes de l'année 2011, de l'affaire DSK à Fukushima, du printemps arabe au Royal Wedding. "L'oeil de Libé" qui est une sélection des reportages des photographes du quotidien et enfin "Regarder, voir", une enquête sur le photojournalisme et les questions que posent la mondialisation des images et leurs nouveaux modes de diffusion.

Source : http://www.ozap.com/

Feuilleter le hors-série Images 2011 : une année en photos dans l’œil de «Libération»



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6mois - N°2 Automne 2011

Edito de la rédaction de 6mois :
La réussite d'un nouveau journal est toujours mystérieuse. Elle relève de l'alchimie, de la chance, du moment, d'un travail d'équipe et d'un brin de folie. Pour trouver de nouveaux lecteurs, il faut oser, c'est-à-dire surprendre, donc risquer d'être incompris. Aucun lecteur ne sait à l'avance ce dont il a envie et ce qui va le combler. Toutes les qualités que l'on prête à un journal qui marche sont autant de défauts s'il vient à échouer.

La création d'un titre demande donc de l'humilité et une bonne dose d'inconscience. Aussi les lois du marketing ne s'appliquent pas à ces objets très spéciaux. Régulièrement, les lecteurs se détournent de nouveaux magazines rutilants, fabriqués sur mesure par des sondages et des études hors de prix. Entre un journal et ses lecteurs, c'est une attraction mutuelle. Les sentiments ne se commandent pas.

Le 24 mars dernier, 22 000 exemplaires du numéro 1 de 6 Mois ont été livrés aux libraires en prévision du lancement. Nous tablions sur 25 000 exemplaires vendus et espérions secrètement atteindre le chiffre de 30 000. Les ventes ont dépassé les prévisions les plus optimistes.

A l'heure où nous bouclons ces lignes, au coeur de l'été, plus de 42 000 exemplaires ont été écoulés – et ce n'est pas fini ! Il a fallu réimprimer, rationner les librairies et ajuster les livraisons. C'était comme une lame de fond, profonde et régulière. Déjà, près de 1 000 abonnés nous ont rejoints. Il faut parfois peu de temps à certains pour « graver leur nom au bas d'un parchemin » et cette confiance est un encouragement précieux.

A l'ère du tout numérique, le succès de 6 Mois montre que la révolution technologique ouvre de nouveaux horizons, y compris à la presse et à l'édition. Une revue comme celle-ci aurait été inconcevable avant Internet. Comment notre équipe aurait-elle pu sélectionner, contacter, rassembler autant de photographes et fabriquer 350 pages à un prix abordable en seulement… six mois ?

En revanche, l'abondance d'images disponibles par milliards sur Internet, sous des formes infinies, appelle une revue qui prend le temps de choisir, de construire des récits, de mettre en page et de légender, pour magnifier le travail des auteurs et lui donner sens. 6 Mois est un bel objet à feuilleter et à dévorer, à lire et à relire, un objet sensuel et odorant, qui se garde et qui s'offre. Il n'a pas besoin de batterie. Il est indéfiniment disponible, jamais obsolète, vivant. C'est un ami de papier, le vôtre.

Pour toutes ces raisons, l'équipe de 6Mois n'a qu'un mot à la bouche : merci. C'est un mot de reconnaissance et de résolution. Nous savons ce qu'il nous reste à faire pour porter cette revue au sommet de la qualité à laquelle vous avez droit. Il nous faudra du temps, des jours et des nuits, des doutes, des encouragements, des erreurs et des rencontres. Remettre cent fois l'ouvrage sur le métier.

Nous comptons sur vous. Nous sommes au début de l'aventure et avons besoin de votre appui. Vous êtes aussi notre aiguillon. Vous serez là pour piquer notre curiosité, réagir, contester. « Pour être vivant, un journal doit toujours mécontenter 10 % de ses lecteurs, à condition que ce ne soit pas toujours les mêmes », notait avec humour l'écrivain Charles Péguy. D'un siècle à l'autre, la loi des lecteurs est éternelle : vous êtes nos seuls juges.

Laurent Beccaria, Patrick de Saint-Exupéry, Marie-Pierre Subtil.

Source et crédit photo : http://www.6mois.fr/


Au sommaire du N°2 - Le siècle des femmes :
Récit : Les Ghanéens
Portfolio : Un bal à New York
Mémoire : L'adieu à Bobby

Acheter 6Mois - N°2 - Automne 2011

Le making off de 6mois / N°1 :




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Des grains dans votre iPad !

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C'est avec une certaine émotion (si, si), que j'ai le plaisir de vous annoncer la disponibilité des livres "There is China" et "China Remix" en format iBook (c'est la classe non ? oui, je sais, je m'enflamme un peu, mais être référencé dans l'iTunes Store, croyez-moi, ça me fait quelque chose Winking

Bien sûr, ces 2 livres restent disponibles au format papier, mais vous pouvez désormais les feuilleter sans modération sur votre iPad&iPhone : téléchargement en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, lecture en mobilité et surtout prix serré à 7,49€ (oui, je sais, c'est déjà Noël mais vous le méritez !).

Télécharger l'iBook "There is China"
Télécharger l'iBook "China Remix"


Le livre de l'été

Photo-périple dans un pays où le travail c'est la santé ( "China factory" ), où il est conseillé d'éteindre les lumières pour y voir plus clair ( "China of the light" ), où la Chine ne ressemble pas toujours à la Chine ( "China or not ?" ) mais où la Chine n'est pourtant jamais bien loin ( "There is china !" ) ...
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30 ans de Figaro en images

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Dang NGO / Zuma press/ Maxppp
2005/Vietnam
Les rochers de cette cascade de 25 mètres de hauteur sont terriblement glissants,
mais c’est justement le danger qui attire ces moines bouddhistes et des milliers de pèlerins.
La traverser constitue une sorte d'offrande en faveur de la paix et de la prospérité.

A l'occasion du 30 ème anniversaire du Figaro Magazine, une exposition en plein air retrace en 80 photographies (180x120 cm) les grands moments d'actualité qui ont marqué l'histoire du supplément du quotidien national mais aussi souvent nos mémoires. Cette exposition photographique est ainsi la 18ème à être accrochée sur les grilles du Sénat à Paris.

Le FIGARO MAGAZINE fête ses 30 ans en images
Du 15 avril au 15 juillet
Grilles du Sénat - Rue Vaugirard
Paris, 6ème.

XXI, 2ème

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Les sujets que vous pourrez retrouver dans le deuxième numéro de XXI, disponible en librairie depuis 17 avril 2008 : Les pages Actualité, par Dominique Lorentz: - Aperçu - Contrechamp - Mots pour mots - De l'intérieur - Flash-Back - Détonnant (Illustrations : Stéphane Oiry) - Ils font avancer le monde - Il a dit - Dans l'œuf - Un grand dossier sur Les nouveaux visages de l'économie. Illustrations de couverture et ouverture du dossier par Rocco. Avec : * Un monde en friche, synthèse par Patrick de Saint-Exupéry * Les orphelins de Saint-Hippolyte, enquête sur les traces d'une délocalisation. Par Sylvie Caster. Illustrations : François Supiot. * La très résistible ascension de George Forrest, vice-roi du Katanga, les rêves miniers d'un homme d'affaires belge. Par Colette Braeckman. Illustrations : Olivier Marboeuf. * Donne ! A New York, l'incroyable business de la charité. Par Guillemette Faure. Illustrations : Julien Pacaud. * La route de la soif. Le long du Grand Canal, sur les berges de l'économie chinoise. Par Charlie Buffet. Illustrations : Cédric Pigot. - Reportage photo : La mer est leur métier. Par Marcel Mochet. - Rwanda, sur la piste des tueurs. Avocats, citoyens ou policiers, ils portent la mémoire d'un génocide. Par Maria Malagardis. Illustrations : Otto.   - M. Picchetti, le croque-mort de la Corse. Il a commencé avec sa 4L. Toute l'île se croise chez lui. Par Ariane Chemin. Illustrations : Sardon . - Documentaire : Ukraine, ceux de la dernière frontière. Des hommes et des femmes qui n'ont plus rien que l'espoir. Par Gilles Jacquier. Illustrations : Miles Hyman. - Censuré par la Nasa. Enquête sur le climatologue James Hansen Par Stéphane Foucart. Illustrations : Bob London. - Entretien avec Jean de Maillard. Comment l'économie criminelle dessine le monde de demain. Par Jean-Claude Raspiengeas. - Un récit graphique : Cuba, père et fils. Par Jacques et Pierre Ferrandez - Vécu. Je suis un criminel. Ecrasé sous une avalanche de procès. Par Denis Robert. Illustrations : Killofer. - Ainsi la vie : Illustration : Kugler.

XXI : un regard neuf sur le XXIème siècle

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XXI présenté par l'équipe de XXI (NB : ils sont trop modestes pour vous dire que le portfolio de Carl de Keyser fait 26 pages mais c'est vrai !!!)

Combler un manque.
L’écume de l’actualité au jour le jour est disponible partout, gratuitement à tout moment et sous toutes les formes. Mais la curiosité des lecteurs, leur besoin de compréhension n’est pas satisfait. Le mensuel américain Atlantic Monthly a étudié en décembre dernier les fonctions « articles les plus envoyés », disponibles sur les sites des grands quotidiens. Résultat : « Les lecteurs plébiscitent les articles qui offrent une plus value, quelque chose qui n’est pas disponible ailleurs. Ils apprécient une enquête en profondeur, un récit prenant, un point de vue décalé qui, même dans la blogosphère (voire particulièrement dans la blogosphère), ne se trouve qu’au compte-goutte. Ce sont des articles bien écrits, sur des histoires fortes, personnelles, lues nulle part et qui surprennent les lecteurs ». XXI répond à cette aspiration.
Parier sur le grand format.

Les anglo-saxons appellent le « narrative writing », ce journalisme de récit, qui prend le temps d’aller voir et qui emporte le lecteur dans la lecture.
En 1979, le jeune Bill Bufford a repris une antique revue universitaire anglaise, Granta, qui tirait à 1.800 ex. Il sentait que les lignes du monde étaient en train de bouger. Il a envoyé des journalistes et des écrivains dans les usines ou les banlieues de Margaret Thatcher, en Chine, au Venezuela ou en Roumanie. Les ventes se sont envolées. Et de ce creuset sont sortis Salman Rushdie, Hanif Kureishi et tant d’autres.
Après le 11 septembre 2001, le mensuel Vanity fair, a opéré une révolution similaire : il compte désormais plus de correspondants de guerre que de chroniqueurs de mode. Les exemples étrangers de « narrative writing » sont nombreux, depuis The New Yorker jusqu’aux quotidiens espagnols El Païs et El Mundo.

Rassembler les genres.
XXI rassemble des auteurs qui veulent se confronter au réel, quel que soit leur mode d’expression. Le talent n’a pas de passeport. Les lignes de frontière ont explosé entre le roman, la bande dessinée, le polar, la photographie, le documentaire et le journalisme.
Persépolis est une BD autobiographique, devenue un film d’animation qui a permis à des millions de gens de comprendre la révolution iranienne. Michaël Moore a obtenu la Palme d’or à Cannes pour son documentaire sur Georges W. Bush. La trilogie policière Millénium dont le succès submerge l’Europe raconte l’aventure d’un mensuel indépendant en Suède qui lutte contre la délinquance financière et de l’extrême droite.
De grands dessinateurs de BD comme Jean-Philippe Stassen, Jacques Ferrandez, Joe Sacco sont de l’aventure de XXI, tout comme des romanciers à l’image d’Emmanuel Carrère, d’anciens journalistes devenus écrivains comme Sorj Chalandon, Denis Robert ou Jean Rolin, des freelances comme Judith Perrignon, Armelle Vincent ou Maria Malagardis des signatures de quotidiens comme Jean-Pierre Perrin, Laure Mandeville, Philippe Lançon ou Colette Braeckman, des photo reporters comme Carl de Keyzer de Magnum.
Le seul impératif est d’aller sur place, prendre le temps, rendre compte, en captivant le lecteur.


XXI : le blog