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DE GRAINS & DE PIXELS

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La terre des paysans

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La nouvelle exposition de Raymond Depardon, «La terre des paysans», ouvre au Centre Culturel Juliobona, Lillebonne (France), le 14 Septembre pour se finir le lundi 10 Décembre 2016.

L'attachement de Raymond Depardon à la ferme de ses parents et son sentiment de les avoir abandonné est implicite dans ses premiers travaux en tant que photographe et cinéaste voyageant à travers le monde.

Avec la publication de "La Ferme du Garet" en 1995, il explore enfin ses racines et origines, et se sent assez libre pour envisager un projet de film sur la vie rurale dans les montagnes françaises sur une période de dix ans.

Cela a ensuite donné naissance à la trilogie "Profils Paysans" : "L'Approche" en 2000, "Le Quotidien" en 2005 et "La Vie Moderne" en 2008.


Raymond Depardon | Marcel Privat - "Le Villaret" | France. 2007
© Raymond Depardon | Magnum photos
En savoir + sur l'expo

Les 10 expos photo à voir à Paris en mars

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Tokyo 1961 + William Klein
07/03/2015 à 09/05/2015

Quel plaisir de retrouver les photographies réalisées en 1961, à Tokyo, par William Klein. Son style inimitable, qui marque ses images en noir et blanc aux tons contrastés et ses planches contacts rehaussées de peinture. Cette année-là, il enregistre l’ambiance du Japon de l’après-guerre : les milieux artistiques, la folie urbaine. Il nous en offre une vision rageuse, énergique, ahurissante. A voir et revoir.    

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Pieter Hugo – Kin
14/01/2015 à 26/04/2015

Le Sud-Africain Pieter Hugo présente Kin, une série éminemment plus personnelle et grave que les images colorées qui l’on fait connaître. On le découvre, ici, nu avec sa fille qui vient de naître à côté d’images de laissés-pour-compte de l’après-apartheid et d’un couple mixte qui pose en studio. A cela s’ajoutent quelques beaux paysages ou encore des natures mortes crasseuses… Un mélange de clichés qui évoquent la schizophrénie d’un pays qui se relève difficilement. « L'Afrique du Sud est un territoire problématique, écrit Pieter Hugo. Comment endosser la responsabilité de l’histoire passée ? » Ces impressionnantes images le suggèrent avec force, mais sans donner de réponse.

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Florence Henri - Miroir des avant-gardes, 1927-1940
24/02/2015 à 17/05/2015

Le Jeu de Paume présente un vaste panorama de la production photographique de Florence Henri, développée entre 1927 et 1940, qui comprend aussi bien ses autoportraits, compositions abstraites, portraits d’artistes, nus, photomontages, photocollages, que des photographies documentaires prises à Rome, à Paris et en Bretagne.

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Mark Lewis
05/02/2015 à 03/05/2015

Entre image fixe et image animée, Mark Lewis nous embarque dans des histoires banales : un SDF qui remballe ses affaires, une autoroute à São Paulo rendue aux piétons le dimanche… L'œil se substitue aux lents mouvements de la caméra. Le Canadien choisit le format de chacune des vidéos pour mieux appréhender le temps qui se déroule sous nos yeux. Un bel apprentissage du regard, de l'attention à porter au monde qui nous entoure. 

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L'Italie de Bernard Plossu
04/02/2015 à 05/04/2015

Les "Voyages italiens" de Bernard Plossu sont délicieux. Une succession de petits formats noir et blanc collés-serrés nous embarque à travers les villes. Et c'est sans esbroufe que l'on passe à des images légèrement plus grandes pour aller à Turin (1993), Bologne (2013) ou Près de Carrare (2009)… Le voyage est sans fin et les images délicates. Justes, parfaitement justes. Nous révélant tout à la fois son histoire, sa mélancolie, sa théâtralité et même la musique des voix chantantes. Plossu ou une passion italienne offerte sous forme de prose photographique.

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Dolorès Marat – Mille rêves
03/02/2015 à 15/03/2015

L’œuvre de Dolorès Marat est inimitable, sidérante. Elle nous expédie dans un univers onirique avec d’insignifiants sujets. Arbre, éléphant, robe noire… sont merveilleux grâce aux cadrages et aux tirages au charbon Fresson, qui donnent à ces couleurs et ces lumières des tons si délicats. L’ensemble qui compose "Mille rêves" est aujourd’hui présenté dans la toute jeune galerie Leica Camera, qui partage discrètement son espace avec la boutique des mythiques appareils photo. Un petit lieu, élégant, qui compte bien faire partie du paysage de la photographie parisienne.

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Evgenia Arbugaeva – Weather Man
12/02/2015 à 04/04/2015

Pour sa seconde série de photographies, la jeune Evgenia Arbugaeva est retournée dans le Grand Nord. Ses lumières sourdes délayent une atmosphère de solitude qui enveloppe la station météorologique où vit Slava, seul, depuis treize ans. Tout est à la fois irréel et réaliste. Séduisant… extrêmement séduisant et âpre. Deux poignées d’images ont été choisies pour camper l’incroyable histoire de l’ermite Weather Man et elles suffisent à faire la preuve d’un talent naissant.

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Florence Guère – La vérité du portrait
06/03/2015 à 04/04/2015

Les portraits de Florence Gruère ne sont pas nets ! Entendez par là qu’ils ne font pas partie de ce que l’on appelle communément de « bons portraits », posés, bien éclairés. Tirés selon la technique de la gomme bichromatée, les personnages (Man Ray, Robert Doisneau, André Kertész&hellipWinking semblent se diluer. A moins qu’ils n’apparaissent lentement à la surface du papier à dessin sur lequel ils sont développés. Les portraits de Florence Gruère ne sont pas nets, ils sont possédés !

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Residencial
24/01/2015 à 14/03/2015

Les paysages de Jürgen Nefzger sont déserts. Photographiés en Espagne, dans la ville de Villaflores (un projet urbain situé à 37 kilomètres de Madrid), aujourd’hui abandonnée à cause de la crise immobilière. Le photographe nous les révèle sobrement, en couleurs et en noir et blanc, à la chambre 20 x 25, sous le soleil d’un mois de juillet. Ils sont cruels, car grâce à la délicatesse du tirage, on peut se délecter dans l'observation du moindre détail : herbes sèches, chardons, buissons d’épines. Des paysages en crise mais fascinants.

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Yury Toroptsov : Delited Scene, des traces en Taïga
24/02/2015 à 15/06/2015

Avec Deleted scene, le photographe Yury Toroptsov s’intéresse aux liens entre la chasse et la photographie dont - notamment - un vocabulaire commun rend compte. S’étant donné pour mission de photographier l’invisible, il présente au musée de la Chasse et de la Nature une singulière histoire de traque où les voies s’entremêlent et forment un labyrinthe complexe.

© Texte : Télérama

Expo : "Aardman, l'art qui prend forme"

A partir du 21 mars, et jusqu'au 30 août 2015, Wallace et Gromit, les volatiles de Chicken Run, les Pirates ou encore Shaun le Mouton seront les stars de l'exposition " Aardman, L'Art qui prend forme ", la nouvelle exposition de Art Ludique-Le Musée.
Créée par l'équipe d'Art Ludique-Le Musée, en étroite collaboration avec les créateurs et les réalisateurs oscarisés du célèbre studio britannique, cette exposition, première mondiale, consacrée à l'Art de Aardman présentera plus de 50 décors et personnages de films authentiques, véritables chefs-d'oeuvre de sculptures mis en lumière par les artistes eux-mêmes.
Des machines délirantes de Wallace, en passant par le célèbre potager de Gromit, les décors du film de Shaun le mouton, la machine volante de Chicken Run ou encore le fabuleux galion des Pirates d'une hauteur de 5 mètres, ces œuvres spectaculaires rendront un véritable hommage au génie artistique des sculpteurs  qui animent image par image les créatures de pâte à modeler.
Plus de 350 dessins de concept, recherches de personnages et de décors, aquarelles, story boards  viendront compléter cette exposition exceptionnelle, où l'on pourra même découvrir les carnets de croquis de Nick Park, encore étudiant, contenant  les toutes premières esquisses de Wallace et Gromit, encore jamais présentées au public.
Le parcours de l'exposition proposera de nombreux écrans, afin de permettre aux visiteurs de découvrir en famille l'incroyable créativité du studio, à travers des extraits de ses films les plus célèbres, mais aussi de plus de 60 courts et moyens métrages, publicités hilarantes, ou encore vidéoclips mythiques.
Après les expositions "Pixar, 25 ans d'animation", et "L'Art des Super-Héros Marvel", classées dans le top 15 des expositions les plus vues en France en 2014, et "Dessins du studio Ghibli" qui connaît actuellement un immense succès, l'exposition "Aardman, l'Art qui prend forme" s'inscrit tout naturellement dans la programmation du premier musée au monde consacré  à l'Art contemporain figuratif narratif issu de "l'entertainment" : Art Ludique !

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© Photo & Texte Art Ludique

Circulez, y'a tout à voir !

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Le festival Circulation(s) propose pour la troisième année un regard croisé sur l’Europe à travers la photographie. Le festival qui se tiendra à la galerie Côté Seine et au Trianon du parc de Bagatelle à Paris, a pour vocation de faire émerger les talents de la jeune photographie européenne et de fédérer un réseau d’acteurs partageant la même ambition : aider les jeunes photographes à s’insérer dans le monde professionnel et faire découvrir au public la création contemporaine. La programmation s’articule autour de la sélection d’un jury suite à un appel à candidatures, d’invités et de la carte blanche du parrain de l’édition N°3, François Cheval.

Organisé par l'association Fetard, Circulation(s) s’articule cette année autour d’une exposition d’envergure présentant les travaux de 29 jeunes photographes européens sélectionnés suite à un appel à candidatures européen par un jury réunissant des professionnels du monde de l’image 
Plus de 800 photographes ont envoyé leurs dossiers. Jugés sur la pertinence de leur travail et la vision personnelle qu’ils expriment, les artistes retenus dessinent les contours de la jeune photographie européenne. Parmi les photographes sélectionnés par le jury, Mindaugas Azusilis (Lituanie) présente la sérieHappiness in Lithuania, Olivier Brossard (France) présente In a deeper road, Federica de Ruvo (Italie) présente Stand by Me, Isabel Kiesewetter (Allemagne) présente Konversion, Sabine Koe (Autriche) présenteBarfuss, et Juuso Noronkoski (Finlande) présente Towards the Sun Looker. 
Comme chaque année, le festival a souhaité donner une visibilité particulière à deux structures européennes dédiées à l’image. Les deux institutions invitées, l’École Supérieure des Arts Saint-Luc à Liège, (Belgique) et la galerie Anzenberger (Autriche) présentent Maxence Dedry et Elodie Ledure, Thomas Herbrich et Klaus Pichler.
Plusieurs projets spéciaux sont accueillis sous forme d’exposition, de projection et d’installation : 16ème Prix de Jeunes Talents vfg en photographie, Suisse (Projection) ; Les coups de cœur des festivals européens (Projection) ; Isabelle Blanc (Installation) ; Jean-Jacques Calbayrac (Installation) ; Joël Curtz (Installation) ; Cristina De Middel (Photographie et installation) ; Françoise Michaud (Installation) ; Susanna Pozzoli (Installation) et Chantal Vey (Installation).
Parrain de cette édition du festival, François Cheval a invité quatre artistes à participer au festival à travers une Carte blanche : Morgane Denzler, Stan Guigui, Philippe Pétremant et Manon Recordon. Les jeunes photographes souhaitant s'imposer durablement dans le monde de l'art trouveront, dans le catalogue de l'exposition, des conseils pragmatiques prodigués par le directeur du Musée Nicéphore Niépce. "En premier, il faut s’imposer de suite auprès des conservateurs, des commissaires, des curateurs et des critiques. Invitez-les ! Ne reculez devant aucune marque de séduction, même si je dois vous mettre en garde contre toute espèce de démonstration de tendresse envers cette engeance," explique François Cheval. "Non que cela soit formellement interdit car il n’y a rien de méprisable à montrer aux vieux barbons un certain empressement. Mais il faut que ces témoignages d’attachement, votre affection, restent confidentiels. Prodiguez donc généreusement à tous et que chacun, - ah l’imbécile ! -, se croit l’élu : un commissaire n’aime rien tant que se figurer l’unique découvreur et être le seul aimé . Il se sait faillible et vit dans la hantise de manquer les talents naissants. Jouez donc avec finesse de l’affection et de la culpabilité."
Des activités pédagogiques (visites commentées par les artistes, projections) et des ateliers (lectures de portfolios) seront également mis en place à destination du grand public et des jeunes photographes.
Du 22 février au 31 mars 2013 au Parc de Bagatelle à Paris
Crédit photo : Sur la route de Bikoro à Bokonda (c) Patrick Willocq, France (Sélection du jury)

Depardon : le bruit de la ville

L'exposition "Villes" de Raymond Depardon organisée à l'espace Le Carreau à Cergy réunit les plus belles photographies prises lors des voyages de l'artiste à travers douze villes du monde, de Tokyo à Paris, en passant par Addis-Abeba ou Shanghai. 

Exposition, du 25 Janvier 2013 au 3 Avril 2013.
Le Carreau, espace des arts visuels de la ville de Cergy
Avenue des Trois Fontaines
Parking du Marché Neuf (rue aux Herbes)
Quartier Grand Centre
95000 Cergy

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"J'ai aimé me perdre dans ces villes étrangères, je me suis efforcé de me dissimuler dans le flot des passants des rues animées de ces grandes cités. Pour quelques heures, pour quelques jours, j'étais un habitant, un peu particulier. Je restais étranger, mais j'étais adopté et protégé par la foule. J'ai toujours pris plaisir à ne pas me faire remarquer, à disparaître aussitôt repéré, à me fondre d'une rue à l'autre, sans chercher à me cacher, en restant un touriste un peu décalé, plutôt curieux mais toujours amateur.

Mon secret, aller vite comme les piétons de ces villes, pour respecter l'itinéraire de leur vie quotidienne. Comme j'étais acteur et marcheur, il me fallait sans cesse ne pas regarder, photographier, sourire et disparaître. Le hasard a toujours bien fait les choses. C'est vrai que chaque ville a son propre mouvement, travailleurs, chômeurs, étudiants, passagers ; tout est travelling et plan séquence dans une ville. D'un coté, j'arrêtais un moment banal et original avec ma caméra et mon film de cinq minutes, et de l'autre, je fixais un moment flou avec mon appareil photo, un instant éphémère qui allait disparaître à tout jamais.

Marcher dans une ville, c'est croiser des visages. Il m'est arrivé de croiser furtivement un beau visage de femme, puis un autre, et je me mettais à rêver de vivre dans cette ville, que ce soit ma ville et que cette femme soit mon bonheur. Mais en attendant, je vivais un autre bonheur, celui de rester un inconnu ; j'étais trop intimidé pour parler, même si j'étais protégé par mon statut de visiteur. Ma chance était de n'être jamais satisfait, il me fallait toujours aller plus loin et comme les villes sont grandes, il était facile de se perdre. Il m'arrivait de m'arrêter dans un café ou de rentrer à l'hôtel pour me dégriser des bruits de la rue qui m'envahissaient depuis le petit matin.


Trois jours dans chaque ville, à essayer de garder ce premier regard, avant de quitter la ville comme un voleur d'images. Mais souvent le dernier jour, je pouvais rester des heures sans photographier, ni filmer. Ce n'était pas seulement la fatigue de la marche, j'étais gagné par la ville, je prenais des habitudes et les souvenirs me revenaient, de vieux souvenirs… j'étais un gosse, soi-disant reporter, qui voulait changer le monde sous prétexte de témoigner. Toujours en transit, pour aller photographier les rebelles dans les montagnes, des paysans, comme mes parents, qui s'étaient transformés en combattants. La ville avait changé et moi aussi. Mes compagnons étaient une petite caméra A-Minima et un Bronica 645 et des films couleur. Labyrinthes modernes, les villes se photographiaient en couleur, c'était nouveau et hors du commun pour moi. Fini le blanc et le gris stylistiques, nous sommes dans un présent existentiel – peut-être plus dur au fond – où trottoirs et piétons, rivières et ponts, bords de mer et ports, pluie et soleil se ressemblent de plus en plus à travers les continents.

Aujourd'hui devant ces photographies, vous pouvez deviner mon itinérance, mes échecs, mes ratages, mes attirances, mes craintes, mes surprises, mes chances et mes bonheurs. Deuil et jouissance, tout se mélange maintenant avec le temps."

Texte © Raymond DepardonCrédit photo © Raymond Depardon / Magnum Photos - Shanghai, Chine, 2004.

24 expos de L'Avent

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Dans le cadre de la série d'expositions des «24 expos de L'Avent» présentée chez les commerçants de Vannes, Eric Bouttier présente son travail photographique inspiré par la fin de l'enfance chez Golfe Cadres. Il expose des séquences du quotidien, à voir comme un film.

Les études universitaires en cinéma puis en photographie d'Eric Bouttier l'amènent à s'interroger « sur les liens possibles entre images fixes et images mouvantes. »

Ses travaux, proches du journal intime, utilisant principalement des appareils amateurs (appareils jouets, Super 8) et abordant les questions du territoire d'origine et de l'enfance, « mêlent différents médiums et supports qui s'inscrivent à mi-chemin entre photographie et projection. »

Ce photographe indépendant, né en 1981, a exposé des travaux personnels et collectifs à Paris à la galerie du jour Agnès b, à Lorient, à l'artothèque de Saint-Cloud et aussi en Syrie, Russie, Chine, en Corée du Sud, Serbie...

Journal photographique :

Les Temps calmes, série proposée pour Les 24 expos de l'Avent, se compose de juxtapositions de séquences du quotidien, à voir comme un film qui dure onze minutes, « comme un recueil de temps en retraits, vacants, de petites contemplations partagées, journal photographique réalisé sur une période d'un an. »

Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre


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Le Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre s'ouvre ce lundi jusqu'au dimanche 14 octobre. Une semaine de rencontres autour de l'actualité internationale et du journalisme. Et un thème phare : la Syrie. 

Depuis 1994, la ville de Bayeux, associée au Conseil général du Calvados, organise ce prix destiné à rendre hommage aux journalistes qui exercent leur métier dans des conditions périlleuses pour nous permettre d’accéder à une information libre.

Pendant une semaine, Bayeux est un point de rencontre entre professionnels des médias du monde entier, reporteurs, photographes, auteurs. 
C'est aussi une fenêtre ouverte sur l'actualité internationale, à travers des expositions, des soirées thématiques, des projections, un salon du livre, un forum média, des rencontres avec les scolaires,… et bien-sûr une soirée de clôture qui récompense les lauréats des différentes catégories de reportages (photographie, télévision, radio, presse écrite&hellipWinking.

Le Président du jury pour cette 19ème édition est Gilles Peress,  célébrissime photographe français de l’agence Magnum Photos.

Gros plan sur la Syrie

La thématique phare de cette 19ème édition, c'est la Syrie, où se multiplient les actes de violence contre les journalistes syriens, y compris les professionnels des médias officiels.
"Comment informer lorsque le journaliste est menacé de mort?" c'est l'une des questions qui sera abordée vendredi 12 octobre lors d'une soirée débat intitulée "Syrie, Zone interdite", animée par Jean-Marc Four de France Culture.

Selon Reporters Sans Frontières (RSF) au moins dix journalistes professionnels et 21 "citoyens-journalistes" ont été tués en Syrie depuis le début de la révolte en mars 2011.
Mi août RSF, partenaire du Prix, avait fait part de sa "vive préoccupation quant à la multiplication des actes de violence perpétrés contre les journalistes syriens, y compris les professionnels des médias officiels ou pro-régime".

Une exposition dans les rues de Bayeux "Syrie, un peuple sacrifié" combine le travail de Rodrigo Abd (AP), Mani (indépendant) et Alessio Romenzi (Corbis).
Et Damas sera également évoqué lors d'une table ronde AFP organisée vendredi après-midi sur le thème "Blog, tweet...journalistes à l'heure des réseaux sociaux". Elle sera présentée par Marlow Hood responsable anglophone des blogs à l'AFP.

La guerre de Bosnie est également l'un des grands thèmes de cette 19e édition avec la projection mardi du film d'Angelina Jolie "Au pays du sang et du miel", suivie d'un débat avec Rémy Ourdan, correspondant du Monde pendant le siège de Sarajevo.

Une exposition présente en outre une quarantaine d'images des photographes ayant contribué au livre "Bosnia 1992-1995", dirigé par Jon Jones paru en juillet 2012.
La Somalie, l'Etat du Bahrein, la conflit israelo-palestinien ou la Colombie seront également évoqués lors de projections suivies de débats.

© Prix Bayeux-Calvados, DR

Des photographies soudanaises exposées à la Maison des Métallos

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Cela fait quatorze ans que Claude Iverné parcourt les vastes terres soudanaises. La région, ses peuples et leurs conditions de vie, ils les connait bien. Aujourd'hui, le photographe a souhaité mettre en lumière ces rencontres, et peut-être même défier les fausses idées que l'on pourrait se faire d'un pays divisé par le conflit depuis tant d'années. Aussi présente-t-il une vaste exposition, déclinée en trois volets. 

D'abord, Photographies Soudanaises présente, à la Maison des Métallos, une série de clichés de Claude Iverné pris lors de ses échappées au Soudan depuis 1998. "[Le visiteur] dispose de mes images -au caractère je crois faiblement temporel, calme et silencieux, certaines agencées en catalogues, d'autres en courts essais narratifs- et de leurs légendes de type descriptif", annonce ainsi le photographe dans la présentation de son exposition. 

Ensuite, pour le deuxième volet, c'est à l'Usine Spring Court -située deux pâtés de maison plus loin- qu'il faut se rendre... Y sont exposés, en parallèle au regard du photographe français, les clichés de photographes soudanais empruntés aux Archives Elnour -signifiant "la lumière" en arabe, elles ont été fondées par Claude Iverné et seize de ses confrères soudanais en 2003. "Des regards de l'intérieur [...] qui livrent [au visiteur] des esquisses d'histoires et d'intimité", présente l'initiateur de l'exposition. 

Enfin, le troisième volet -intitulé, lui, Photographie Soudaine- se passe dans les rues du XIe arrondissement parisien et se veut participatif: les visiteurs sont conviés à coller des tirages de photographies de leur choix sur les murs du quartier de la Maison des Métallos, et se verront à leur tour pris en photo dans l'action puis collés sur un mur, dans un esprit "d'afficheur affiché". Car comme le résume Claude Iverné: "Mon intention est ici de proposer au visiteur de s'emparer de cette collecte et d'en éprouver l'usage. [...] A son tour de faire la part des choses et de constituer avec autant d'indices sa propre image de ce territoire d'ailleurs". 

Du 11 octobre au 7 novembre 2012, à la Maison des Métallos à Paris.

Edward Hopper - Grand Palais, Paris

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Edward Hopper. Chop suey, Collection de Barney A. Ebsworth © Collection particulière


Romantique, réaliste, symboliste, et même formaliste, Hopper a été enrôlé tour à tour sous toutes les bannières. C’est cette complexité, signe de la richesse de cette oeuvre que s’efforce d’éclairer l’exposition du Grand Palais.

La rétrospective présente 163 oeuvres dont 128 d’Edward Hopper. Conçue chronologiquement, l’exposition se compose de deux grandes parties ; la première partie consacrée aux années de formation (de 1900 à 1924), rapproche les oeuvres de Hopper de celles de ses contemporains, notamment de celles découvertes à Paris, qui ont pu l’inspirer.

"Profondément francophile, Hopper découvre à Paris trois artistes qui vont jouer un rôle important dans le développement de son style et de son iconographie : l’Anglais Walter Sickert, le Suisse Felix Vallotton et le Français Albert Marquet. Au delà de ces rencontres circonstancielles, il approfondit sa connaissance de Courbet, de Degas, qui restera pour lui, jusqu’à son ultime tableau, une référence constante." Didier Ottinger, commissaire de l’exposition.

La seconde partie de l’exposition est vouée à l’art de la maturité, des premières peintures emblématiques de son style personnel - House by the Railroad - (1925), à ses oeuvres ultimes (Two Comedians -1966).
Le parcours chronologique permet de mesurer la continuité de son inspiration, de comprendre le cheminement de l’artiste à travers son travail d’illustrateur, sa découverte de la gravure, et les correspondances de sa peinture avec la pensée du philosophe américain Emerson (1803-1882), en particulier leur aversion partagée pour le matérialisme moderne.

On découvre également l’importance de la lumière dans son oeuvre et le travail d’approfondissement de ses sujets de prédilection : les architectures qu’il dote d’une identité quasi « psychologique », les personnages solitaires abîmés dans leurs pensées, le monde du spectacle, les images de la ville moderne.


Exposition Hopper au Grand Palais, jusqu’au 23 janvier 2013
Galeries nationales du Grand-Palais : 3, avenue du Général Eisenhower, entrée Champs-Elysées - Paris 8e
Accès métro : Lignes 1, 9, 13 / Franklin- Roosevelt ou Champs Élysées-Clemenceau.
Horaires : Ouvert au public tous les jours de 10h à 20h, nocturne le mercredi et le vendredi jusqu’à 22h00. Fermé le mardi et le 1er mai.
Tarif : 12€, tarif réduit : 8€

Eva Besnyö au Jeu de Paume

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Eva Besnyö, 1910-2003 : l'image sensible

Artiste d’origine hongroise moins connue que ses compatriotes Robert Capa et André Kertész, mais “grande dame de la photographie néerlandaise”, Eva Besnyö est de ces femmes qui ont trouvé dans la photographie non seulement un métier mais une forme d’émancipation, et de ces artistes d’avant-garde, émigrés, qui choisirent l’Europe comme terrain de jeu et de travail. La première rétrospective que consacre le Jeu de Paume à Eva Besnyö met en lumière le travail de cette photographe dont la carrière s’est enrichie des villes qu’elle a traversées.

En 1930, alors qu’Eva Besnyö (1910-2003) arrive à Berlin, tout juste âgée de vingt ans, avec en poche un certificat attestant sa formation dans le studio de Jozsef Pesci à Budapest, elle a déjà pris deux décisions majeures : faire de la photographie son métier, et quitter définitivement la Hongrie fasciste. Besnyö découvre à Berlin une métropole démocratique dans son mode de vie et très ouverte sur les expériences artistiques. Ayant trouvé du travail auprès du photographe de presse Peter Weller, elle sillonne la ville jour après jour avec son appareil photo, en quête de motifs sur des chantiers de construction, près du lac Wannsee, au zoo ou dans les stades.

Son sens politique très développé la pousse à quitter Berlin à l’automne 1932 pour gagner Amsterdam. Soutenue par le cercle qui gravite autour de la peintre Charley Toorop, du cinéaste Joris Ivens et du designer Gerrit Rietveld, Eva Besnyö – qui a épousé entre-temps le caméraman John Fernhout – se fait bientôt connaître du grand public. En 1933, une exposition personnelle organisée dans la galerie Van Liert, de renommée internationale, lui vaut de devenir célèbre aux Pays-Bas pratiquement du jour au lendemain. Quelques années plus tard, elle consolide sa réputation avec ses photographies d’architecture, qui traduisent en une “Nouvelle Vision” l’idée du “Nouveau Bâtiment” fonctionnaliste.

Dans la seconde moitié des années 1930, Besnyö s’engage très activement dans la politique par le biais de ses activités culturelles, en participant notamment, en 1936, à l’exposition antiolympiades “D-O-O-D” (De Olympiade onder Diktatur). L’année suivante, elle est commissaire de l’exposition internationale “foto ’37” qui se tient au Stedelijk Museum à Amsterdam. L’invasion des troupes allemandes, en mai 1940, l’oblige, en tant que juive, à vivre dans la clandestinité. Après la guerre, elle est séduite par une vision du monde façonnée par l’humanisme, et ses photographies, stylistiquement décisives dans le développement du néoréalisme, trouvent parfaitement leur place dans l’exposition “Family of Man” (1955).
Mère de deux enfants, elle a connu – et vécu – de façon profonde et très personnelle le conflit classique pour les femmes, du choix entre l’éducation de ses enfants et la pratique de sa profession ; dans les années 1970, elle s’engage donc dans le mouvement féministe “Dolle Mina”, réclamant l’égalité des droits et rendant compte avec son appareil photo des manifestations de rue.

Avec plus de 120 tirages d'époque et de nombreux documents originaux, cette première rétrospective en France vise à faire connaître au public cette artiste, cosmopolite convaincue et grande dame de la photographie néerlandaise.

EXPOSITION DU 22 MAI AU 23 SEPTEMBRE 2012
Jeu de paume
1 place de la Concorde
75008 Paris
Mardi de 11h à 21h.
Du mercredi au dimanche
de 11h à 19h.
Fermeture le lundi,
y compris les jours fériés.
Tél. 01 47 03 12 50


© Sans titre
1931
(Garçon au violoncelle, Balaton, Hongrie)
Eva Besnyö

© jeudepaume.org

Arles rend hommage à Koudelka Arles : hommage à Koudelka le Gitan

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C'est un livre mythique. Un jalon de l'histoire de la photographie. Il y a eu New York, de William Klein (1956), The Americans, de Robert Frank (1958) puis, en 1975, Gitans, la fin du voyage, que Delpire, en France, et Aperture, aux États-Unis, ont publié simultanément. La fin du voyage peut-être, mais le début de la gloire pour le Tchèque Josef Koudelka qui, avec cet ouvrage, a marqué des générations de photographes. À l'époque, tout le monde a voulu être Koudelka, avoir son regard, sa liberté, sa capacité à se fondre dans son sujet. Le hic : le livre ne respectait pas la maquette prévue à l'origine par l'auteur, en 1968, deux ans avant qu'il ne quitte son pays natal.

Quarante ans plus tard, alors que l'album est épuisé, Koudelka a obtenu de son ami Robert Delpire une nouvelle édition conforme aux intentions de départ. "Voici donc Gitans auquel je n'ai pas collaboré. J'ai décidé d'en publier la version française, bien que je n'aie pas l'habitude d'éditer un ouvrage pour lequel je n'ai participé ni au choix des images, ni à la maquette, ni à la production", tient à préciser l'éditeur dans une courte postface. Au nom de leur compagnonnage, il a tout de même dit oui à Josef. Quelque quarante photos ont été rajoutées, l'aire géographique s'est étendue, l'ordre a changé, le grain est devenu plus mat et l'enchaînement, plus rapide, des images, moins sacralisées par la mise en page, crée un effet de récit. Le titre, également, est simplifié : Koudelka Gitans. Comme pour établir une équivalence entre le photographe et ce peuple dont il a fait la connaissance dès 1962, à l'âge de 24 ans.

Aura incomparable

La photo n'est alors pour lui qu'un hobby. Koudelka découvre les Gitans en Slovaquie orientale, près de l'Ukraine, où il travaille comme ingénieur aéronautique, métier qu'il abandonnera en 1967. Il se lie à eux grâce à la musique, que cet ancien étudiant de l'Université populaire de Prague pratique en amateur : violon, cornemuse, accordéon, autant de sésames pour accompagner et apprendre à regarder cette communauté jusque-là au mieux négligée, au pire persécutée. Comme jadis Edward Curtis avec les Indiens d'Amérique ou Jacob Riis avec les pauvres hères des taudis new-yorkais, il va lui rendre sa dignité. Cette rédemption survient grâce à la poésie d'une image quasi picturale, digne d'un Goya quand il s'agit d'un homme murmurant à l'oreille de son cheval qui l'écoute religieusement, la tête inclinée en signe de respect. Koudelka ne prend pas au vol, il compose, orchestre, distribue premiers plans et profondeur, hiérarchise centre et périphérie, échafaude des superpositions, qui tissent sans parole, à l'intérieur du cadre, les liens multiples et puissants de ce peuple vivant en autarcie.

La magie opère au prix de ce travail invisible qui n'entrave en rien la spontanéité. Au contraire. Cadrés, théâtralisés par l'art de Koudelka, la vitalité, le deuil, les traditions et leur noblesse se trouvent nimbés d'une incomparable aura. C'est la rencontre d'un regard et d'un sujet. D'un homme qui a senti d'assez près un peuple pour s'en éloigner le temps d'une photo. Koudelka immortalise ces Gitans pendant plusieurs années, sans savoir que, bientôt, il va devenir un des leurs. Le Printemps de Prague, dont il fut l'un des principaux témoins avec de célèbres images qui passèrent anonymement à l'Ouest - il ne reconnut en être l'auteur qu'en 1984 -, a tranché le lien qui l'unit à son pays : il s'exile en 1970. Adoubé par Henri Cartier-Bresson et l'agence Magnum, il poursuit son travail sur les Gitans en Europe de l'Ouest avant d'errer de pays en pays, au nom d'une liberté qui s'accompagne d'une absence de compromis. Koudelka vit et pense photo 24 heures sur 24. Peu à peu, les hommes ont cédé la place aux paysages, qui lui laissent plus de temps. Ces derniers mois, il a travaillé sur le mur, en Israël. Tout un symbole pour un homme dont les photos ont justement renversé des murs.

En savoir plus sur l'exposition : Rencontres d'Arles 2012



Josef Koudelka, "Roumanie, 1968". © Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de Magnum Photos.

Le Paris étrange d'Eugène Atget au musée Carnavalet

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C'est aussi par les images qui en sont faites qu'une ville existe. Le musée Carnavalet, musée de l'histoire de Paris, présente plus de 200 images réalisées par Eugène Atget de 1898 à 1927. S'attachant à cartographier le vieux Paris, ses métiers, ses passages et ses intérieurs, le photographe a retenu, vers la fin de sa vie, l'attention de l'américaine Berenice Abbott (récemment exposée au Jeu de Paume). Trois institutions s'unissent pour réunircet ensemble exceptionnel : Carnavalet, la Fundación Mapfre, à Madrid et la George Eastman House de Rochester. Une série ayant appartenu à Man Ray est présentée, permettant de montrer l'influence d'Atget sur le surréalisme.

À découvrir dans cette sélection de photos qui montrent le Paris d'Eugène Atget, à la fois étrange et familier.
EUGÈNE ATGET
25/04/2012 > 29/07/2012
Musée Carnavalet
PARIS

© Eugène Auget

Visa pour l’image : tant qu’il y aura des photojournalistes

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Toujours pas de petits chatons sur des coussins en crochet. Présentée hier à Perpignan, la 24e édition de Visa pour l’image, festival international duphotojournalisme, reflétera une nouvelle fois l’actualité de l’année écoulée. Donc guerres, crise, famines... et pas de chatons saisis au iPhone avec une application Hipstamatic.

Alors que leur métier est en proie à des bouleversements économiques et technologiques, au point que la question de leur avenir se pose avec inquiétude, les photojournalistes ont payé chèrement leur investissement sur les terrains les plus dangereux de l’actualité.

Sur le terrain
Un mois après la mort de Gilles Jacquier (reporter pour Envoyé Spécial sur France 2) en janvier à Homs, c’est dans cette même ville de Syrie que fut tué (aux côtés de Marie Colvin du Sunday Times), le photographe Rémi Ochlik, 28 ans. Révélé huit ans plus tôt à Visa pour l’image avec un travail sur Haïti, il était devenu un pilier du festival auquel il participa encore en 2011.
Un choc pour le directeur, Jean-François Leroy : "On leur a délibérément tiré dessus. J’ai fait passer le message : je ne prendrai plus de photos de Syrie. Je ne veux pas que les photographes prennent des risques incroyables pour être sélectionnés à Visa ou gagner le World Press. D’autant plus que les journaux s’en tamponnent."

Visa 2012 consacrera une rétrospective à Rémi Ochlik dont le nom sera dorénavant associé au prix de la Ville de Perpignan qui, chaque année, récompense le reportage d’un jeune photographe. Jeunes comme l’étaient les trois photographes mexicains abattus par les narcotrafiquants et dont les corps démembrés ont été retrouvés la semaine dernière.

Un rendez-vous populaire

On en oublierait presque que Visa pour l’image est aussi un rendez-vous populaire potentiellement festif, dont le succès ne se dément pas : 208 700 visiteurs aux expositions, 12 000 spectateurs aux soirées de projections et 3 000 professionnels accrédités en 2011, soit un impact non négligeable pour l’hôtellerie et le commerce perpignanais.
Près de trente expositions - sans compter le “Off” - seront une nouvelle fois ouvertes gratuitement au public, du 1er au 16 septembre.
Parmi les thèmes forts : les rites de passage à l’âge adulte chez les jeunes femmes du Swaziland (Krisanne Johnson), les anciens prisonniers de Guantánamo (Mathias Brashchler et Monika Fisher), les asiles abandonnés en Afrique subsaharienne (Robin Hammond), le mariage des fillettes au Népal ou au Yémen (Stephanie Sinclair), l’intégrisme religieux aux États-Unis (Jim Lo Scalzo), la crise grecque et l’Arctique sibérien...
Mais aussi Massoud Hossaini qui vient d’obtenir le prix Pulitzer avec son cliché de Tarana, 11 ans, en pleurs au milieu des cadavres après un attentat-suicide à Kaboul. Un photojournaliste était encore là.

24e Visa pour l'image du 1er au 16 septembre à Perpignan

Mai Photographies de Quimper, un festival engagé

Pour sa 31ème édition qui aura lieu du 15 mai au 23 juin 2012, le Festival Mai Photographies de Quimper s'est intéressé aux artistes connus pour leur engagement pour les autres et dont les travaux illustrent la diversité des pratiques photographiques. Sylvain Girard, membre fondateur de l'association Aktinos en charge de l'organisation du festival, s'exprime sur l'identité de l'un des plus anciens festivals photographiques en France.


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 © Joakim Eskildsen, « Venus and Mucusoara, Stefanesti », (série « The Roma journeys»Winking, courtesy Gallery TAIK

Tina Merandon : Vertigo, portraits de femmes et d'hommes politiques

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Eva Joly, Nathalie Kosciusko-Morizet, Martin Hirsch, Laurence Parisot, François Hollande... Ils sont trente-six, personnalités publiques, hommes ou femmes politiques, acteurs engagés, à avoir joué le jeu du portrait, sous l'œil avisé de Tina Merandon.
Les uns trônent, les autres posent. Certains bougent ou bien rigolent.
Objectif réussi : quelle que soit la posture, ils se dévoilent... un peu.
A découvrir avant les législatives.

Fnac Montparnasse
136, rue de Rennes 75006 Paris
Du 5 mai au 5 juin 2012

Derrière le rideau, l'esthétique du photomaton Derrière le rideau, l'esthétique du photomaton

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Alors que la photographie argentique tombe lentement et sûrement du côté des souvenirs, les procédés qui lui sont liés font l'objet d'un nouveau culte teinté de nostalgie. Et le Photomaton de faire sa réapparition dans sa version originale : pas celle où l'on choisit son plus beau portrait sur écran, plutôt celle où l'on attend impatiemment de découvrir, en piétinant devant la machine, les quatre photos successives qu'on a faites à l'aveugle derrière le rideau.

Le Musée de l'Elysée, à Lausanne, a récemment acheté à l'intention de ses visiteurs un de ces appareils restaurés - et son succès ne se dément pas. Il faut voir les visiteurs glousser dans l'alcôve ! Mais l'institution a surtout offert ses cimaises aux artistes qui ont exploité le potentiel créatif, autant que ludique, de cette machine à autoportraits. Les commissaires de l'exposition que lui consacre le musée, Sam Stourdzé et Clément Chéroux, ont sélectionné près de 600 oeuvres et n'ont eu que l'embarras du choix. "Le Photomaton est devenu un genre artistique à part entière", souligne Clément Chéroux dans le catalogue.

Il peut sembler paradoxal que ce procédé d'enregistrement sommaire, apparu à Paris dans les années 1920, ait autant inspiré les artistes. Pour Clément Chéroux, « le Photomaton constitue le "degré zéro" du portrait, pour reprendre une formulation de Roland Barthes. Juste un visage et rien d'autre". Mais c'est comme si ses lacunes visuelles, son absence d'intention et sa pauvreté informative avaient justement laissé un énorme espace vide que les artistes se sont plu à combler. Et sous son apparente simplicité - un homme, une machine, une image -, le Photomaton touche à de multiples questions, devenues centrales pour l'art au xxe siècle : l'automatisme et la place de l'auteur, les pratiques populaires, l'intimité, l'identité.

Pour les surréalistes, c'est la machine révélatrice d'inconscient qui faisait l'intérêt du Photomaton : ils l'ont pratiqué en bande et s'en sont servi, en 1929, pour un portrait de groupe iconique, où ils ont les yeux fermés. Andy Warhol avait, lui, carrément installé une machine dans sa Factory, et c'est là qu'il puisait le matériau de base de ses fameuses sérigraphies. L'artiste italien Franco Vaccari y a vu, lui aussi, un moyen de dynamiter la notion d'artiste : à la Biennale de Venise, en 1972, il invitait les spectateurs à se mettre en scène dans un Photomaton, au nom de "la photographie comme action et non comme contemplation".

Mais les plus belles oeuvres "photomatoniennes" sont sans doute celles qui creusent le puits, sans fin et sans fond, de l'identité. La Japonaise Tomoko Sawada s'est mise en scène sous 400 apparences différentes : 400 rôles qu'elle incarne rien qu'en changeant d'habits et de coiffure. L'Allemand Thomas Ruff a photographié ses amis de la façon la plus lisse et la plus objective possible, comme une machine, avant de changer la couleur de leurs yeux en bleu. Quant à Jürgen Klauke, en 1976, il a inscrit sur des portraits, tantôt souriants, tantôt sérieux, une suite de mots tels que "prêtre", "anarchiste", "meurtrier". Une façon de souligner les conventions sociales et les préjugés liés aux apparences.
Alignées sur un mur, ces tentatives, ludiques ou graves, de jouer avec un même cadre, une même technique, finissent par être un peu répétitives. Pour les apprécier, mieux vaut déguster ces tout petits formats dans l'intimité du catalogue, où des milliers de "moi" problématiques vous fixent sans ciller, dans une muette interrogation.

"Derrière le rideau. L'esthétique Photomaton", Musée de l'Elysée, Lausanne. Jusqu'au 20 mai.



© Claire Guillot - M - Le Monde
© Cindy Sherman, Untitled [ Sans titre ], 1975, épreuve gélatino - argentique, 30,5 x 20,4 cm © Courtesy of the Artist, Metro Pictures, collection Musée de l’Elysée, Lausanne

Helmut Newton raconté par la femme de sa vie

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A L'OFFICIER MONÉGASQUE, HELMUT NEWTON lâche en 1981 : "J'aime le soleil ; il n'y en a plus à Paris." Le photographe quitte la France pour Monaco l'année où François Mitterrand prend le pouvoir. Afin de payer moins d'impôts. Il s'installe, avec sa femme June, dans une tour ocre, où il faut s'annoncer au concierge italien derrière son comptoir. Depuis la terrasse blanche, au 19e étage, la vue sur la mer fait chavirer l'oeil. Les mouettes frôlent la balustrade. En bas, une piscine immense, où l'artiste se relaxait entre deux prises de vue. Face à nous, des palmiers plantés sur les toits d'immeubles. A gauche, le Monte Carlo Beach Hôtel, où Newton se rendait dans une Jeep bleu, conçue pour lui. Une tente louée à la saison l'attendait pour y passer ses coups de fil. « C'était mieux qu'une matinée foutue à Paris chez le dentiste", commente June. La terrasse perchée des Newton est un observatoire idéal pour un voyeur. Lors d'une visite, en 1993, il y avait un télescope. Un détail nous intriguait. Pourquoi est-il orienté vers le bas et non vers les étoiles ? "Regardez dedans", répondit Newton. Dans le viseur, à une cinquantaine de mètres, est apparue une salle de bains. "J'adore regarder chez les autres." Elle appartenait à un célèbre couturier. "Chaque matin, je le vois siéger sur son trône, pas celui de la mode."

Par une belle matinée de mars, nous retrouvons June Newton sur la terrasse de Monaco. Son Helmut est mort en 2004, après avoir fracassé sa Cadillac contre un mur du Château Marmont, l'hôtel des stars à Hollywood, où le couple a passé l'hiver pendant près de trente ans. Helmut n'est plus là et il est partout dans cet appartement qui respire l'insolence, le goût dissonant, la provocation. Au mur, une grande lithographie de Roy Lichtenstein côtoie une silhouette de femme nue en fer forgé. Partout, des milliers de livres. Sauf aux toilettes, où il faut bien viser pour ne pas outrager un grand nu à 200 000 dollars qui jouxte la cuvette. Une de ses photos les plus célèbres.

Helmut Newton était un des plus grands photographes de la deuxième moitié du xxe siècle. Un des rares dont le public connaît le nom. Chez lui, les images qui marquent la rétine sont d'une densité phénoménale. Dire cela fera hurler. Car l'homme a poussé loin l'incorrection. "Le terme "correct" évoque pour moi les régimes fascistes", tranchait-il. Un cliché paresseux s'est imposé, qu'il a pris un malin plaisir à ne pas démentir : Newton est un photographe de mode aux images lourdement sexy, qui déshabille et maltraite les filles, facture cher, ne s'intéresse qu'aux riches, tire le portrait de Stéphanie de Monaco, mène grand train, porte des baskets blanches, manie l'humour à tout-va, répète qu'il est un "mercenaire". Tout est vrai et tout est faux. "Helmut vivait à l'opposé du monde clinquant qu'il photographiait, se souvient son ami, l'éditeur José Alvarez. Je me souviens du rituel plateau-télé, le dimanche soir, avec du pintadeau dans l'assiette." Pierre Bergé [l'un des actionnaires du Monde, ndlr], qui a bien connu Newton pour ses campagnes de publicité Yves Saint Laurent, confirme : "Helmut ne flambait pas. Il vivait sa vie."

Il n'est pas sûr que son image va s'améliorer avec la rétrospective en 240 images que lui offre le Grand Palais pour fêter le printemps. Les photos sont trop serrées dans un espace qui n'est pas celui que l'on réserve à Monet ou à Picasso, et le catalogue manque d'ampleur. "C'est la meilleure exposition sur Helmut, corrige June, mais il est dommage qu'elle n'arrive pas de son vivant." Pour cela, il aurait fallu que la France puritaine des musées l'aime. Elle ne l'aime pas. "Elle a été lamentable", dit même Pierre Bergé. José Alvarez est plus cru : "Les gens ont été si cons en France..." Newton en a été blessé mais il ne le montrait pas. Ce trait vient de loin. "Ma mère me disait toujours : "Si tu as des ennuis, Helmut, ne nous en parle pas, parles-en au médecin."" Des ennuis, il en a eu, notamment un coeur fragile, qui l'a tué. Mais sinon, quelle vitalité ! Elle a éclaboussé partout où il est passé, et surtout à Berlin, Paris et Monaco, les trois villes où il a forgé sa légende.

À BERLIN, IL AVAIT TOUT POUR LUI. Helmut Neustädter voit le jour dans une famille de la haute bourgeoisie qui le choie. Un chauffeur le conduit à l'école. C'est un garçon entouré de femmes et qui se construit autour de la sensualité. Dans son livre Autoportrait (Robert Laffont, 2004), il se souvient, à 4 ans, de sa nounou "à moitié dévêtue devant un miroir" et de sa mère "portant une combinaison en satin, exhalant le parfum Chanel nº 5". Il dévore Arthur Schnitzler et Stefan Zweig, ses écrivains du désir, mais aussi des magazines coquins, où "rien ne figurait jamais en toutes lettres". A 12 ans, il prélève 3,50 marks de son argent de poche pour acheter son premier appareil photo. A 14 ans, il découvre l'amour charnel. Il nage comme un dieu. Son visage est magnifique, qui aura l'insolence de le rester en vieillissant. "Il a cette allure racée de la Mitteleuropa, une figure qui a disparu de notre monde", estime Pierre Bergé.

Berlin la sensuelle est aussi la capitale où les nazis le traitent de sale juif et détruisent son père. Helmut est contraint de tout quitter, seul, à 18 ans. Il saute dans un train pour Trieste, puis s'exile en Asie. Les rares fois où il évoquera cette douleur, il le fera sur le ton de la plaisanterie. Avant qu'il ne tire le portrait de Leni Riefenstahl, l'ancienne photographe du IIIe Reich, en 2000, elle lui lance : "Helmut, c'est la vieille nazie qui se fait belle pour le petit juif." Il adore, et n'est pas en reste : "A mon avis, elle est encore amoureuse d'Adolf." Plus tard, il nous confiera : "Un portrait est peut-être plus intéressant quand on déteste la personne."

Le nazisme forge un caractère optimiste, un corps qui fuit l'hiver, et un homme qui ne compte que sur lui. "Quelles que soient les circonstances, je pense d'abord à moi." Il fuit la politique, n'a jamais voté, ne défend aucune cause, hormis la sienne. Il s'invente un personnage universel, adopte un nom anglais, possède un passeport australien. ""Newton", c'est la ville nouvelle et la nouvelle vie", commente José Alvarez. Newton pardonnera à Berlin de l'avoir chassé. Il y retourne parfois et donne son accord, peu avant de mourir, pour qu'une fondation ouvre à son nom dans un palais néoclassique. Et, pour boucler la boucle, il est enterré à Berlin, dans le cimetière des célébrités, pas loin de la tombe de Marlene Dietrich qu'il admirait tant.

Ses grandes photos de bourgeoises inquiètes, traquées par le regard des hommes, évoquent ses démons berlinois. June Newton va plus loin : "Ces femmes qui révèlent leur nudité sous le manteau de fourrure, que Helmut fait poser dans des lieux publics, une rue, le métro, ou à l'arrière d'un taxi, sous des yeux anonymes, viennent de là. Cela vient aussi de sa fascination pour la République de Weimar. Helmut est un vrai Berlinois, pas un monstre, mais un homme fasciné par cette période de créativité décadente. Il est resté le little boy obligé de quitter son pays, devenu un taxi driver qui m'a prise comme passagère de sa vie."

APRÈS BERLIN, IL DÉBARQUE À SINGAPOUR ET DEVIENT GIGOLO. Photographe de presse, aussi, mais il n'est pas doué. "Il me racontait que lorsqu'il regardait dans le viseur, l'événement était déjà terminé", rigole June. Il rejoint l'Australie, où il s'engage dans l'armée, avant de s'établir comme photographe de mode après la guerre. Mais il s'ennuie. Trop loin du monde. Il quitte l'Australie avec l'actrice shakespearienne June Browne, qu'il a épousée. Ensuite, c'est Londres, mais il déteste. Va pour Paris, la capitale de la mode. June, qui était une star de la télévision à Londres, sacrifie sa carrière. "Helmut m'a répété que la photographie sera toujours son premier amour, et moi le second", dit-elle, devenant à son tour une photographe réputée, sous le nom d'Alice Springs.

Quand le couple débarque sous la tour Eiffel en Porsche blanche, Helmut a 37 ans et pas de temps à perdre. "Dès mon arrivée, je sais que c'est là que je veux travailler." Les magazines Elle et surtout Vogue, auquel il collabore vingt-trois ans, le sacrent roi de la mode. Helmut Newton se forge à Paris un style qui s'écarte résolument des codes du genre. Il nous l'avait résumé ainsi : "Imposer un sujet, le mettre en scène, mais suggérer une histoire qui a une ambiance de réalité, comme si l'image était publiée dans un quotidien d'actualité et non un magazine de mode, voilà les grandes questions." C'est en transformant la mode en fait divers qu'il incarne une époque. Avec deux références en tête. Brassaï pour ses vues nocturnes de prostituées et de malfrats. Et l'Allemand Erich Salomon, qui fut le paparazzi des hommes politiques et diplomates dans les années 1920-1930.

Rencontre avec June Newton :




Comment concilier rapidité et mise en scène ? En travaillant vite, ce qui peut surprendre. Deux jours maximum pour une séance. "Sinon, je m'ennuie." Son équipe est légère : un assistant, un seul appareil qu'il tient dans les mains, comme le reporter. Une ou deux pellicules, trois au maximum. Pas d'éclairage savant, plutôt la lumière naturelle. Il évite le studio pour lui préférer le décor vivant. "Une femme ne vit pas sur un fond de papier blanc : elle s'occupe de la maison, de son travail, sa voiture, ses enfants, ses amants", nous disait-il. Les lieux ? Une rue, une chambre d'hôtel, la plage, une décapotable... Il s'écarte peu de chez lui. "A Monaco, il a beaucoup fait de photos dans le garage de notre gratte-ciel", confie June, qui se souvient d'un épisode savoureux : "On lui prête un jour une villa de milliardaire. Il a mis les filles dans le parking avec le jardinier. Le propriétaire a dit : "My God !" José Alvarez conclut : "Je n'ai jamais compris comment il arrivait à de tels résultats avec trois fois rien."

NEWTON PEUT ALLER VITE CAR IL SAIT EXACTEMENT CE QU'IL VEUT. "Il ne sortait jamais de la maison sans une idée", explique June. Comment il la trouve ? Avec ses yeux. Violetta Sanchez, mannequin et égérie, raconte : "Un jour, pour Saint Laurent, j'étais dans une cabine avec d'autres mannequins en attendant d'essayer des robes. On était presque nues. Helmut nous voit et il a un flash dans la tête : "On dirait un bordel avec les filles qui attendent d'être appelées." Peu après, il a fait une séance à partir de cette idée." La lecture des journaux est également centrale. "Les images qui m'ont inspiré sont dans les quotidiens." June, encore : "Toutes ces images, que les gens trouvaient bizarres, elles ne le sont pas vraiment, elles viennent de ses lectures du Monde ou du Herald Tribune. Elles viennent de films, de romans... Un jour, il tombe dans le journal sur une chaise électrique ; une semaine après, il a mis une fille dessus. Il a tout mélangé dans sa vie." Dans son lit, la nuit, muni d'une petite lumière pour ne pas réveiller sa femme, il note tout sur un carnet. Il en possédait des centaines. Il se réveille pour écrire : "Sueur sous les aisselles, lèvres gonflées, baiser, épaule de l'homme, main de la femme, intérieur du coude, interaction des muscles, homme-femme nus à mi-torse."

Si Helmut sait ce qu'il veut, les mannequins ne connaissent qu'une partie de l'histoire. "Il donnait une idée, mais on ne savait pas où ça allait, raconte Violetta Sanchez. Il m'appelle un jour, et me lance : "Otto Dix, ça te dit ?" Et il m'a photographiée nue avec un monocle. La photo est monstrueuse, car j'étais très maigre. Mais je l'ai autorisée, car c'est Helmut. J'ai eu le privilège de travailler avec lui pendant vingt ans." Elle cite encore ce moment où, juchée sur une table, elle doit fixer un point vers le haut. "Sans rien me dire, il a attendu qu'un gros chien fixe la même chose." Elle ajoute : "Tous les photographes ont fait marcher un mannequin dans la lande. Mais chez Helmut, par le choix du vêtement, le regard impossible de la fille, le spectateur doit se demander ce qu'elle fout là."

Helmut Newton se rêvait en paparazzi et il en fut un. Non pas des gens connus mais des âmes perdues, des fantasmes communs. Il met à nu le profil féminin qu'il connaît le mieux : "La bourgeoise parisienne de 30-32 ans, qui habite dans le 16e arrondissement, a trop d'argent, trop de temps et cherche l'aventure." Son modèle ? Catherine Deneuve dans Belle de jour, de Luis Buñuel. Il est souvent question de sexe, de pouvoir, de domination, d'argent, dans ses photos. Et de provocation. Pour la marque Hermès, il n'hésite pas à accrocher la selle d'un cheval sur les reins d'une écuyère à quatre pattes sur un lit. "Le patron de la marque a failli avoir une attaque, se souvient June en rigolant. On ne comprend rien à Helmut si on ne voit pas qu'il veut casser le système de la mode." Au collectionneur Bernard Lamarche-Vadel, il dit sans ambiguïté : "Je suis très attiré par le mauvais goût, beaucoup plus excitant que le prétendu bon goût, qui n'est qu'une normalisation du regard." En 1979, il décrit ainsi, dans la revue Egoïste, pour laquelle il a travaillé de 1977 à 1984, son attrait pour les ambiances sado-maso : "Je garderai toujours un faible pour les chaînes : c'est presque comme des bijoux." Après avoir photographié Margaret Thatcher, il nous confie : "L'imaginer faisant l'amour alors qu'elle est la première dame d'Angleterre, c'est la chose la plus excitante au monde." José Alvarez se souvient de son ami arrivant en retard à un dîner, en plein Mai-68 : "Il trouvait sexy les CRS casqués avec leurs boucliers."

José Alvarez est persuadé que tout cela n'est que posture, que Newton a beaucoup triché sur ses sentiments. "Il pouvait être cassant, il adorait tenir en public le rôle du naughty boy, le mauvais garçon facho et misogyne, alors qu'avec ses amis, il était un gentleman d'une grande élégance, qui parlait l'allemand châtié de l'aristocrate prussien." Pierre Bergé va dans le même sens : "C'est un anti-bourgeois absolu, qui s'est élevé contre le bon goût dominant, sans être vulgaire. Comme Yves Saint Laurent. Misogyne ? Oui. Mais les grands artistes ne font pas une oeuvre pour être sympathiques."

Son sens de la provocation lui a valu de multiples attaques pour misogynie, notamment aux Etats-Unis, où il fut longtemps blacklisté. L'expert en photographie Philippe Garner raconte que des étudiants l'attendaient de pied ferme, lors d'une conférence, pour lui jeter à la figure de la viande crue. Le paradoxe est que des féministes sont restées muettes devant l'avalanche de photos de mannequins minaudant sur papier glacé, mais ont cloué au pilori Newton, celui qui a transformé la femme en forteresse imprenable. Car l'essentiel est là. Chez Newton, la femme est rarement une victime. Violetta Sanchez en est convaincue : "Il est sur le fil du rasoir avec toutes ces femmes qui semblent dire : "Je suis à poil mais je sais me défendre.""

Newton n'hésite pas à aborder une inconnue pour lui dire qu'il la trouve sexy. C'est dans le travail que le mannequin devient un objet aussi nécessaire que l'appareil ou qu'un "pot de fleurs", explique June. Son mari est lui-même très clair : "Le mannequin est payé pour faire ce que je veux." Va-t-il plus loin que d'autres ? "Il pouvait être sadique", avouent Nicole Wisniak et José Alvarez. Alors que Newton fait poser Loulou de la Falaise en tenue légère, dans un jardin, par un froid polaire, la muse de Saint Laurent finit par craquer : "Je suis bleue." Réponse du photographe : "ça n'a pas d'importance, c'est du noir et blanc." José Alvarez a vu Newton à l'oeuvre : "Il a fait adopter des positions impossibles aux femmes pour donner forme au muscle de la jambe. Il a attaché un célèbre mannequin noir comme une esclave, jusqu'au moment où elle s'apprêtait à le frapper. Il était sans limites."

VIOLETTA SANCHEZ SE SOUVIENT DE MANNEQUINS PANIQUÉS, d'autres secoués par Helmut quand il les trouve peu concentrés. "Il me disait : "Cette fille, elle ne donne rien, c'est un veau." Helmut ne tolère pas de fausse pudeur. Mais s'il y avait de la drague avec nombre de photographes, avec Helmut, jamais. Les photos étaient perverses, mais lui, non. Rien de libidineux. Passer à l'acte n'était pas à l'ordre du jour." June Newton confirme : "Helmut répétait qu'un photographe peut faire l'amour avec une fille ou la photographier, mais pas les deux en même temps." Elle précise : "Il a passé presque tout son temps à photographier ces filles. Et puis il est toujours revenu."Les duretés de l'animal n'ont pas empêché Kate Moss, Karen Mulder, Monica Bellucci, Cindy Crawford ou Claudia Schiffer de travailler pour lui. "Tous les mannequins rêvaient de poser pour Helmut. Car il était un formidable accélérateur de carrière", dit Violetta Sanchez. Son type de femme, pour une photo, était la belle plante aux formes généreuses, l'amazone aux jambes interminables, la femme tankée. Souvent, il photographie d'abord en couleur le mannequin portant une robe griffée, puis il l'invite à se déshabiller et imagine une scène en noir et blanc. "J'acceptais toujours, explique Violetta Sanchez. Chaque fois, il me donnait un portrait dédicacé en cadeau. Il n'y a que lui pour m'avoir dit un jour : "Quand tu seras vieille et moche, tu pourras le vendre."

Les motifs sexuels occultent ses compositions, à la fois modernes et classiques. Presque rigoristes. A Nicole Wisniak, il confie : "L'ordre, j'aime beaucoup cela. J'adore l'efficacité. Je n'ai pas beaucoup de sympathie pour le dilettantisme." C'est palpable dans ses multiples campagnes de publicité pour Yves Saint Laurent, le styliste qu'il admirait le plus par sa façon de façonner la "femme idéale". "J'ai l'impression qu'il a toujours été avec nous, dit Pierre Bergé. Yves laissait Helmut libre." Le sommet de leur collaboration est sans doute ce portrait de femme androgyne avec une cigarette à la main, portant un tailleur pantalon durant l'été 1975. C'est la nuit, rue Aubriot, à Paris, là où il habite à l'époque. La synthèse parfaite entre la poésie de Brassaï et l'expressionnisme allemand. Entre Paris et Berlin.

Le déménagement à Monaco est perçu par beaucoup comme un exil doré. "Tout le monde pensait que sa vie artistique était terminée", raconte June. C'est tout le contraire. Du reste, si les grands photographes ont souvent tout dit à 30 ans, Newton gagne en puissance à 60. Il ne lève pas le pied dans la mode mais il élargit son registre. Jusqu'ici, June était une formidable boîte à idées pour son mari, quand il était en mal d'inspiration. Cette dernière raconte un moment où tout a basculé : "Un jour, il trouvait que je roulais trop vite. J'ai arrêté la voiture, et je lui ai dit : "Tu penses que tu es un génie..." Il m'a répondu : "Non, pas un génie, mais je crois que j'ai un esprit tordu." Il a ajouté : "June, c'est la dernière fois que je serai le passager..." C'était sa façon de me dire qu'il n'avait plus besoin de mes idées. Et il a fait évoluer son style, entreprenant un énorme travail."

CET ÉNORME TRAVAIL, POURSUIVI JUSQU'À SON DERNIER SOUFFLE, est plus froid, féroce, clinique, libre, net - il détestait le flou. Et ouvertement sexuel. Il explore résolument la photo de nu avec ses fameux Big Nudes : vingt et une femmes vêtues de talons aiguilles posent frontalement sur fond blanc. C'est un choc quand on découvre ces très grands formats dans une exposition au Musée d'art moderne de la ville de Paris, en 1984, qui marque l'acte de naissance de l'artiste Newton. Il y a aussi ce fameux diptyque, Sie kommen (1981) : quatre femmes marchent vers nous, d'abord nues, puis élégamment habillées. Cette oeuvre a été vendu 241 000 dollars, chez Christie's, à New York - le record de l'artiste. "Helmut était fasciné par les images de suspects que la police aligne pour identification par des témoins, explique June. Il avait aussi en tête les photos d'identité de criminels au tournant des XIXe et XXe siècles. Il avait enfin découpé dans un journal la photo d'une brigade antiterroriste, en Allemagne, où étaient affichés sur le mur, à taille réelle, des portraits de la bande à Baader. Il a d'ailleurs d'abord nommé la série de nus The Terrorists." Pourquoi Sie kommen ? ""Ils arrivent !", c'est l'exclamation des soldats allemands dans les bunkers, en Normandie, voyant surgir les bateaux ennemis."

Newton ose tout, y compris des photos pornographiques. Avant de recevoir des amis à dîner, il demande à June de lui apporter le poulet qu'une femme, portant un bracelet Bulgari, découpe. "La star, c'est le poulet, pas la femme", commente José Alvarez. Son obstination à tout transformer en photos, chaque jour, peut faire peur. Dès que June veut faire un testament, il biaise : "Junie, laisse-moi faire mes petites photos..." Quand on lui rappelait qu'il était daltonien, il s'amusait : "Ça ne m'a pas empêché de voir."

A voir :


 "Helmut Newton", au Grand Palais, av. Winston-Churchill, Paris-8e. Tous les jours, sauf le mardi, de 10 à 22 heures. De 8 à 11 euros. Jusqu'au 17 juin. www.rmn.fr/helmut-newton

Bande annonce de l'exposition :


Helmut Newton, l'exposition - la bande annonce par Rmn-Grand_Palais
 
Catalogue de l'exposition Helmut Newton, 1920-2004, édition RMN, 256 p., 35 euros.

A lire :


"Helmut Newton. Work", éditions Taschen, 280 p., 39,99 euros.
"Helmut Newton. Sumo", révisé par June Newton, éditions Taschen, 464 p., 99,99 euros.
"Helmut Newton. Polaroids", éditions Taschen, 224 p., 39,99 euros.
"Alice Springs. Photographs", éditions Taschen, 144 p., 29,99 euros.

© Helmut Newton
© Michel Guerin - M Style - Le Monde

L’expo Art Spiegelman à Paris, riche et graphique

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Deux mois après le festival d’Angoulême, l’exposition Art Spiegelman, Co-Mix s’installe à la BPI. C’est une belle rétrospective avec de jolies surprises.

Exposer un maître de la BD, ce n’est pas rien, d’autant plus que le musée d’art moderne lance la rétrospective Crumb dans moins d’un mois. La Bibliothèque publique d’information, dans le Centre Pompidou, présente depuis quelques jours la première rétrospective à Paris du père de Maus et c’est une réussite. Ouverte au public le 21 mars, elle a d’abord été présentée en janvier au festival d’Angoulême présidé cette année par Art Spiegelman.

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Au premier coup d’œil, l’accrochage rassure. L’expo n’a pas lieu dans la petite pièce exigüe à l’entrée de la bibliothèque, un lieu a été isolé spécialement. L’espace presse, dans la salle de lecture, a été gracieusement retranché, des murs ont été posés pour l’occasion. Autre bon point : inutile de faire la queue de la BPI – d’au moins une heure le dimanche –, les visiteurs munis d’un ticket peuvent y accéder côté musée. A l’intérieur de cette galerie aménagée, il y a de la place, le public peut se déplacer sans craindre de gêner la lecture de son voisin.


Maus, une longue frise à l’encre de Chine
L’exposition elle-même présente environ 400 documents parmi lesquels esquisses, éditions originales ou numériques, fac-similés, magazines… Bref, une belle palette de tailles et de couleurs qui se déploient dans plusieurs petits couloirs.

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Le parcours couvre 45 années du travail de l’artiste, depuis ses premières BD comme Blasé, fanzine satirique réalisé à 15 ans, jusqu’au début des années 2000.
L’ensemble est organisé sous formes thématiques. Bien entendu, une grande place est laissée à Maus, seule bande dessinée jusqu’ici à avoir reçu le prix Pulitzer. L’ensemble des planches originales est exposé dans la galerie à la manière d’une longue frise à l’encre de Chine. Une autre est réservée aux péripéties dessinées de Breakdowns, petits récits réalisés par l’auteur façon BD underground depuis 1970.


Des jaquettes de Boris Vian

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Plus originale, l’expo présente les couvertures des numéros de The New Yorker réalisées par Art Spiegelman à partir de 1992. Autres petites merveilles : divers objets de graphisme, et notamment des jaquettes expérimentales réalisées pour des traductions de Boris Vian : L’écume des jours, Et on tuera tous les affreux, etc.
La force de cette exposition repose sur la richesse des images, l’expo est très graphique. Il y a peu de textes explicatifs, mais cela ne gêne pas à la compréhension – ou plutôt l’empathie – des dessins de l’artiste. En plus, les commissaires n’ont pas fait l’accrochage sous verre, évitant le traditionnel fossé entre le public et les œuvres. Un vrai plaisir.

© Bertrand Langlois AFP © Art Spiegelman
© BoDoï
© Gwendal Fossois - http://echosart.com/

Art Spiegelman, Co-Mix à la Bibliothèque publique d’information, Centre Pompidou, du 21 mars au 21 mai 2012.

Brassaï : sa rencontre avec Matisse

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La Ville de Nice vous invite à découvrir deux expositions consacrées à l’œuvre de Brassaï proposées simultanément par le musée Matisse et le Théâtre de la Photographie et de l’Image, intitulées : Brassaï photographe. Sa rencontre avec Matisse. Les vernissages de ces expositions se dérouleront le même jour en présence de Muriel Marland Militello, adjointe déléguée au Rayonnement Culturel, aux Affaires Européennes et à l’Organisation des Jeux de la Francophonie. Le vendredi 24 février 2012 à 12 heures 30 au Théâtre de la Photographie et de l’Image et à 19 heures au musée Matisse. Le Théâtre de la Photographie et de l’Image propose un large panorama de l’œuvre photographique de Brassaï. Le musée Matisse expose des images choisies selon des thématiques mettant en relation les œuvres du peintre et du photographe.

Cette exposition rend hommage au legs de Gilberte Brassaï, consenti à la Ville de Nice au profit du musée Matisse et réalisé en 2011.
C’est sous ce pseudonyme de Brassaï, qui signifie « de Brassó »  tiré de son lieu de naissance, que Gyula Halász a su s’imposer comme l’un des plus grands photographes du XXe siècle. Evoluant au cœur du Paris artistique des années vingt, reconnu pour ses clichés du Paris nocturne dès 1932, il ne s’est pourtant jamais laissé enfermer dans cette seule activité. Artiste protéiforme, il a également touché à la littérature, le dessin, la sculpture et s’est emparé de la photographie comme seul un artiste peut le faire.

Théâtre de la Photographie et de l’Image Charles Nègre 27, boulevard Dubouchage - Nice - 33 (0)4 97 13 42 20 - www.tpi-nice.orgOuvert tous les jours de 10h à 18h sauf le lundi et certains jours féries - Entrée libreMusée Matisse 164, avenue des Arènes de Cimiez – Nice –33 (0)4 93 81 08 08 (rens.) Ouvert tous les jours de 10h à 18h sauf le mardi et certains jours fériés.

SOURCE : http://www.pacainfoeco.com/actune/2012/fevrier_2012/120216.expo_brassai_nice.php

Ai Weiwei à Paris: la photographie en porte-voix

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L'artiste chinois Ai Weiwei, qui n'est pas autorisé à quitter Pékin, affiche pour la première fois à Paris son travail de photographe, témoin de son combat inlassable en faveur de la liberté d'expression.

L'exposition "Ai Weiwei. Entrelacs", qui ouvre mardi au Jeu de paume, va permettre au public français de découvrir cet observateur critique de la société chinoise, dont la détention au secret pendant 81 jours au printemps a suscité l'indignation internationale.
Libéré sous caution le 22 juin, le plasticien contestataire de 54 ans a retrouvé son atelier mais il est tenu de rester dans la capitale chinoise. Amaigri par sa longue détention, l'artiste reste "fort" et "déterminé", déclare à l'AFP Lucas Lai, son assistant pour cette exposition.

Ai Weiwei, qui n'est pas censé rencontrer la presse, est passé outre, accordant plusieurs interviews à l'occasion de l'exposition. Il explique ainsi à Paris-Match qu'il n'envisage pas de quitter son pays car "l'exil serait une défaite".
"Je dois continuer à chercher des possibilités de m'exprimer dans un environnement hostile. Seule la mort peut m'empêcher de continuer", confie l'artiste qui s'est formé notamment à New York dans les années 1980 avant de regagner la Chine en 1993, son père, le poète Ai Quing, étant tombé malade.

"Ai Weiwei est en forme actuellement. Il crée de nouvelles sculptures. Mais il continue à être convoqué chaque semaine au poste de police où il passe à chaque fois plusieurs heures", déclare à l'AFP Urs Stahel, directeur du Fotomuseum Winterthur (Suisse) et commissaire de l'exposition qui se tient jusqu'au 29 avril.

Tout à la fois architecte, sculpteur, photographe, blogueur et désormais adepte de twitter, Ai Weiwei est un "artiste de la communication", qui utilise ses photographies comme des documents, souligne Urs Stahel.
Depuis la fermeture de son blog en 2009 par les autorités chinoises, Twitter est devenu pour lui un moyen "très efficace" pour communiquer et envoyer des photos depuis son téléphone portable, souligne Lucas Lai.
Ai Weiwei est un artiste provocateur. En juin 1994, cinq ans après les événements de Tiananmen, il photographie sa fiancée sur la place. Une banale photo touristique à un détail près : la jeune femme a relevé sa jupe, laissant voir sa culotte. Derrière elle, le portrait de Mao et des gardes en uniforme.

Un an plus tard, Ai Weiwei réalise sa première "étude de perspective" sur la place Tiananmen. En fait, un "doigt d'honneur" pointé en direction des bâtiments, qu'il a décliné par la suite devant des monuments du monde entier, Tour Eiffel comprise. Une façon d'inviter le spectateur à remettre en question le respect envers toutes les formes de pouvoir établi.
L'artiste photographie les bouleversements urbains liés au développement économique de la Chine. Ses "paysages provisoires" (2002-2008) figent les terrains vagues nés de la destruction des maisonnettes typiques, avant que ne surgissent d'immenses buildings.
Il travaille comme conseiller artistique pour le stade de Pékin, le "Nid d'oiseau", réalisé par les architectes Jacques Herzog et Pierre de Meuron pour les Jeux Olympiques de 2008. Mais il prend ses distances, reprochant au gouvernement d'utiliser ces jeux à des fins de propagande.

Avec les autorités chinoises, les choses se gâtent vraiment après le tremblement de terre de mai 2008 dans la province du Sichuan (sud-ouest). Ai Weiwei est frappé par le nombre de cartables d'écoliers dans les décombres des bâtiments scolaires construits à la va-vite. Il se met en tête de publier une liste des enfants morts sur son blog, qui est fermé peu après.

SOURCE : http://www.lepoint.fr/culture/exposition-du-chinois-ai-weiwei-a-paris-la-photographie-en-porte-voix-22-02-2012-1433987_3.php
INFOS EXPO : http://www.jeudepaume.org/index.php?page=article&idArt=1500&lieu=1

Youssef Nabil à la MEP

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La Maison Européenne de la Photographie propose une auto-rétrospective de l'oeuvre intiée en 1992 du photographe d'origine égyptienne Youssef Nabil, celui-ci ayant choisi personnellement les clichés exposés, présentée comme révélatrice d'"un travail subtil de coloriste à mi-chemin entre photographie et peinture".

Son registre : le portrait posé en studio, de préférence de personnalités people du monde des arts (cinéma, musique, art contemporain), avec un goût avéré pour l'autoportrait narcissique et la photo homoérotique (absente à la MEP).
Sa technique : la photographie-peinture à partir d'un tirage argentique en noir et blanc.
Son style : une colorisation à la main avec un lissage important entraînant simultanément un aplatissement des reliefs donnant un effet de masque et un effet lifting digne du meilleur logiciel de retouche utilisé sans modération. Ainsi, par exemple, sont effacées les 38 années qui séparent Charlotte Rampling et Alicia Keys.

Youssef Nabil indique que son travail constitue une déclinaison contemporaine d'un art traditionnel en Egypte qui consistait en la colorisation manuelle des affiches des films de l'âge d'or du cinéma égyptien des années 40-50, films qui ont bercé son enfance bien qu'il soit né en 1972.

Youssef Nabil : des portraits à gogo

Ce qui suscitera sans doute davantage l'attention, la curiosité ou l'étonnement des visiteurs, que la galerie documentaire de portraits de vieux pêcheurs yéménites et les mièvres autoportraits de l'artiste dans lesquelles il faut voir une réflexion sur l'écoulement du temps et la mélancolie de l'exil (Youssef Nabil vit depuis 10 ans à New York, haut lieu de la diaspora artistique), ce sont les portraits de stars.

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Orientalisme oblige pour "la rose pop du Caire", la chanteuse Natacha Atlas,
Belle janusienne, elle apparaît version prude, en odalisque pudique dans la pose d'une Pauline Borghèse Bonaparte en Vénus telle que statufiée par Canova, et version érotique, en danseuse tenant de manière inhabituelle mais suggestive la pipe du narguilé entre ses seins.

Les autres, en portrait rapproché, sont soumis au même protocole esthétique, aplatis sur un fond uni bleu, du bleu layette au bleu céruléen du quattrocento, qui en accentue le caractère sulpicien.

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Une cimaise est spécialement dédiée à un quadriptyque particulièrement sidérant : la chanteuse Alicia Keys, les actrices Charlotte Rampling et Catherine Deneuve et Marina Abramovic, "la grand-mère de l'Art performance", vêtues de noir et la tête couverte d'un voile noir.
Dans ces femmes voilées, d'aucuns voient des madones ou des saintes...

SOURCE : http://www.froggydelight.com/article-11588-Youssef_Nabil.html
INFOS EXPO : http://www.mep-fr.org/expo_1.htm

Berenice Abbott, image par image

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L'“héritière” américaine du photographe Eugène Atget a fait son chemin entre Paris et New York. Portraits, photos scientifiques et témoignages urbains… tout est au Jeu de paume, à Paris, jusqu'au 29 avril.

Le portrait d'Eugène Atget accueille le visiteur de l'expo­sition Berenice Abbott au Jeu de paume, à Paris. Forcément. Comment aurait-il pu en être autrement ? Pour la photogra­phe américaine, tout commence vraiment avec la rencontre de ce beau vieillard. Beau et usé d'avoir trimballé pendant des décennies sa lourde chambre photographique en bois sur les pavés du Vieux Paris promis à la démolition. Il pose de profil, dans un manteau élimé, trop grand, trop lourd pour ses épau­les qui s'affaissent. En cette année 1927, Atget vient de perdre la femme de sa vie. Abîmé dans le chagrin, il a tout de même accepté de se laisser photographier par l'Américaine, sa voisine de Montparnasse, qui lui voue une admiration sans borne. Elle est subjuguée par ses clichés de vieilles façades, de ruelles saisies à l'aube, désertes, fantomatiques, de portes anciennes, de vieilles fontaines, de heurtoirs emplis de poésie.
Ce misanthrope cultivé doit lui aussi être séduit par cette jeune femme aux cheveux courts habillée à la garçonne. Une originale au caractère entier. Comme lui. Issue d'une famille pauvre de l'Ohio, Abbott a fui dès ses 18 ans son Midwest natal et conventionnel n'ayant que le mariage à lui promettre en guise d'avenir. Elle s'est mêlée à la bohème de Greenwich Village, à New York, avant de s'embarquer avec six dollars en poche sur un transatlantique pour le Paris des Années folles et des avant-gardes artistiques. D'abord embauchée par Man Ray comme assistante dans son florissant studio à Montparnasse, elle ouvre deux ans plus tard son propre atelier et devient - elle aussi - célèbre pour ses portraits, ici exposés. Elle fixe les facéties de Cocteau cajolant une poupée, la ténébreuse silhouette de Gide, l'élégance racée de James Joyce. Et Atget, remarqué un temps par les surréalistes, mais qui vit dans l'isolement et la misère.

Tout commence par une fin Le vieil homme meurt quel­ques jours après la prise de vue. La jeune femme rachète son fonds d'images et réussit à force d'articles, de livres, de conférences, d'expositions à faire reconnaître son œuvre - imposant à chaque fois que les images d'Atget soit présentées dans les galeries de Paris, Stuttgart ou New York, à côté des siennes. Le style documentaire du Français, sobre, poétique, va profondément influencer Walker Evans, Bill Brandt ou Henri Cartier-Bresson, et toute la photographie du XXe siècle. Une bien belle histoire. Mais souvent les biographes ne considèrent Abbott que pour cela. Alors que, pour elle, tout ne fait que commencer.
En 1929, la jeune femme retourne à New York pour une courte visite. En huit ans, la métropole s'est métamorphosée. Abbott est grisée par l'énergie de cette ville qui se met debout, se dresse en pleine dépression économique avec ses gratte-ciel constellant désormais Manhattan. Elle quitte Paris et son prospère studio pour témoigner de la disparition d'un monde. Comme Atget pour Paris, chamboulé par les chantiers d'Haussmann.

New York en chantier

Abbott attend, cinq ans, un soutien institutionnel, en l'occurrence l'aide gouvernementale du New Deal. Au cœur de la grande dépression, rien ne l'abat. Elle enregistre les traces d'un monde ancien avec ses vieilles boutiques de statuaire, ses colporteurs et leur charrette à bras. Elle témoigne de l'émergence d'un nouvel ordre qui réduit tout sur son passage. Du sommet d'un gratte-ciel, elle résume l'affaire par une plongée vertigineuse sur un vieux quartier de Broadway et son église, encerclé, minuscule, englouti par les murailles de béton. En 1939, Abbott publie Changing New York, un témoignage sans équivalent sur ses dix années de prospection. Comme elle l'avait déjà fait en 1930 avec l'édition d'Atget, photographe de Paris, de part et d'autre de l'Atlantique.
Pour la photographe, la publication de livres est fondamentale. Cela permet de diffuser un savoir. Professeur à l'école d'avant-garde New School of social research, elle croit au pouvoir éducatif de l'image, « une façon d'initier les personnes de tous âges et de toutes conditions aux réalités de notre monde ». A condition que les clichés soient pris dans un esprit documentaire, « réaliste », « sans effet artistique ». L'esprit d'Atget, qui concevait ses photos comme une simple documentation pour ses clients - des peintres, des sculpteurs, des architectes.
A peine son travail sur New York achevé, elle se lance dans la photographie scientifique. La vulgarisation de la science est, selon elle, le grand défi à relever. Encore une idée pionnière qu'elle mène pendant dix-huit ans en solitaire, sans soutien, jusqu'au lancement du Spoutnik en 1957. « J'en ai sauté de joie, c'était la fin de mes soucis », dit-elle. Et elle avait raison. Paniqués par l'avance technologique de l'URSS en pleine guerre froide, les Etats-Unis mettent très vite le paquet sur l'enseignement scientifique. Engagée par le Massachussetts Institute of Technology (MIT), elle réalise des images sur des principes de physique, destinées aux ouvrages scolaires. Elle comparait ses clichés de champs magnétiques, de réfraction d'ondes aquatiques, de structures de bulles de savon - rendus possible par d'ingénieuses inventions techniques de son cru - à des « portraits intimes de la pensée scientifique ». Elle adorait ces photos, « les plus réalistes » de son travail, disait-elle.


Cette rétrospective - la première en France - raconte ce parcours hors norme d'une pionnière, ayant également parcouru (en 1954) six mille kilomètres de la côte Est pour documenter un mode de vie américain en voie de disparition. Toujours sans soutien. Berenice Abbott était combattue par les cénacles artistiques tenus par les hommes. « Le monde redoute les femmes indépendantes. On ne les aime pas. Pourquoi ? Je l'ignore et je m'en moque », disait-elle, peu avant sa mort en 1991, à l'âge de 93 ans.

SOURCE : http://www.telerama.fr/scenes/photographies,78350.php
INFOS EXPO : http://www.jeudepaume.org/index.php?page=article&idArt=1499&lieu=1

Raymond Cauchetier, photographe de la Nouvelle Vague chez Polka

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La galerie Polka présente jusque au 3 mars 2012 les tirages du photographe des plateaux de cinéma de la Nouvelle Vague Raymond Cauchetier. Elle propose également ses tirages sur l' Indochine. A côté de cette exposition, la galerie expose aussi les photos sur la Chine d' Alexander Gronsky.Jean Paul Belmondo, l’Indochine et Marcel Camus.

Tout le monde a vu et se souvient de cette photo où l’on voit Jean Paul Belmondo descendre les Champs Elysées les mains dans les poches avec à ses côté la magnifique Jean Seberg. Il souffle dans cette célébrissime photo un vent d’impertinence et de liberté, c’est la marque de fabrique de Raymond Cauchetier, photographe de la Nouvelle Vague. Mais Raymond Cauchetier débute comme grand reporter en Indochine , à la fin de ce conflit, il rencontre au Cambodge Marcel Camus qui réalise un film sur place "Mort en fraude" et lui propose de venir sur le tournage. La vie de Raymond Cauchetier bascule.

Raymond Cauchetier devient photographe de plateau. Pendant dix ans il travaille avec les grands réalisateurs de la Nouvelle Vague: Melville, Truffaud, Godard, Tavernier, Chabrol. Son œil aiguisé lui permet de s’ imposer et il déclare «  ce qui est bon pour le cinéma n l’ est pas forcément pour le photographe ». Alors il invente une nouvelle technique : il n’ hésite pas à, demander aux acteurs de rejouer une scène pour lui, c’est le cas pour Belmondo et Jean Seberg sur les Champs Elysées. Raymond Cauchetier a inventé un métier à part entière: photographe de plateaux de cinéma.
 
Autre photo mythique de la Nouvelle vague: Jeanne Moreau , Oskar Werner et Henri Serre lors du tournage de Jules et Jim. La structure du pont suggère une cage dans laquelle il y a trois drôles d’oiseaux épris de liberté. Tout l’ intérêt réside dans le contraste entre la structure métallique et les attitudes des personnage. La tenue de Jeanne Moreau renforce encore cette idée. Amusez vous à retirer l’ architecture métallique du pont et la photo fonctionne trois fois moins bien. Raymond Cauchetier a su saisir le moment le plus intéressant. J' ai toujours adoré cette photo, un beau symbole de liberté.

En 1967 au Cambodge il réalise une photo qui repose entièrement sur un contre jour. Les personnages deviennent des formes noires comme ces tâches à l’encre de Chine des peintures asiatiques. En quelques éléments Raymond Cauchetier parvient à résumer un  pays: Le buffle symbolise l’ agriculture , la femme légèrement déhanchée la fragilité et la sensualité, l’ enfant qui regarde le photographe: la démographie et l’ avenir. L ‘aspect symbolique de cette photo, quasi religieuse, est renforcé par la courbe des arbres et la forte lumière qui, encadrent la femme à l’enfant. Autre photo saisissante, au Vietnam il photographie celui qui filme: Pierre Schoendoeffer qui réalise le film « La section Anderson » pour lequel il obtiendra un Oscar. Deux personnages, le cinéaste au premier plan et celui du fond sont nets alors que les autres apparaissent comme des formes flous, une façon de souligner le fragilité des vies en temps de guerre. Raymond Cauchetier explique et suggèrent à la fois et une fois de plus il joue sur la notion de contraste. 

Galerie Polka: 12 rue Saint Gilles. 75003 paris.

La maison de la photographie dévoile une rétrospective de Youssef Chabil

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Le photographe égyptien affiche sa première rétrospective en France à la Maison de la Photographie.
Youssef Chabil a choisi d'exposer soixante clichés représentatifs de son travail de portraitiste et intime. Le photographe égyptien se photographie lui-même et aussi les grandes personnalités du monde artistique comme Catherine Deneuve, ou Fanny Ardant. Le cinéma français adopte ainsi la scénographie des films égyptiens.
Entre chorale de pêcheurs yéménites anonymes, étoiles du cinéma, l'artiste contemporain Youssef Chabli fige dans son appareil le monde qui l'entoure, à coups de voiles noirs de dentelle et portrait au fond blanc. Le paradoxe du Moyen-Orient en images d'un artiste exilé volontaire de la terre d’Égypte.

Maison européenne de la photographie - Paris (75004) Dates : du 17 Janvier 2012 au 25 Mars 2012

La vache, nouvelle égérie du photographe Jean-Baptise Mondino à la Milk Factory

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Quelques jours avant l'ouverture du Salon international de l'agriculture (25 février - 4 mars, Paris, Porte de Versailles), les vaches deviendront les stars d'une exposition à la Milk Factory, une galerie parisienne dédiée à transformer les produits laitiers en objets d'art. Sous l'objectif du célèbre photographe Jean-Baptiste Mondino, la vache prénommée Hermione s'affiche comme un véritable mannequin, coiffée par les plus grands couturiers, tels Thierry Mugler ou Marie Mercié.

La manifestation, intitulée Oh la vache !, démarre le 17 février.

Photos en noir et blanc, clichés de trois-quart... Les vaches sont les nouvelles égéries du travail du photographe Jean-Baptiste Mondino, qui expose pour la première fois à la Milk Factory, à Paris. Du 17 février au 28 avril prochains, les curieux découvriront une série de 21 clichés qui présentent toutes les facettes de bovins mis sur leur 31. Le photographe s'est en fait intéressé à une seule vache, prénommée Hermione, pour décliner différents portraits.
Le bovin est coiffé par de grands couturiers, à l'image de Thierry Mugler et Marie Mercié.
Oh la Vache ! Du 17 février au 28 avril 2012 Milk Factory, Paris 11e Entrée libre, du mardi au samedi de 13h30 à 19h

L'étrange univers de Corinne Mercadier

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Une rétrospective de plus de 60 oeuvres témoigne de la singularité de la photographe qui place au coeur de son oeuvre le polaroïd.

« Je ne cherche pas à documenter le monde. Je veux fabriquer mon propre point de vue », confie Corinne Mercadier. Et il est vrai qu'elle a une particularité, sa façon de voir, et les procédés qu'elle utilise pour la retransmettre aussi.

D'ailleurs tout est lié dans cette histoire d'amour avec la photographie, pour elle qui depuis toujours utilise le polaroïd. Et pour comprendre sa démarche, quelques informations sur ses techniques restent utiles.
Car la photographe travaille en trois temps. D'abord elle saisit ses clichés dans un format 24 X 36 façon classique. Puis dans un deuxième temps, elle les photographie avec son polaroïd SX 70. Enfin de ces petites photos carrées, elle va procéder à un agrandissement.

À chaque étape se produit donc une perte. C'est de cette façon que Corinne Mercadier coule son miel « Peu à peu on sort de l'idée du réel. » Passer par le filtre du polaroïd crée l'accident. De nouvelles ombres apparaissent, quand d'autres zones s'effacent, englouties par l'élargissement des grains. La perte de définition, l'aspect « désaturé », vont produire cette sensation de bizarrerie pour mieux révéler une véritable écriture.

« Je mène un travail sur l'artifice, le dévoiement de la perception. » De simples scènes de genre, une futile photo de vacances au bord de la mer, se voient dotés d'une atmosphère d'étrangeté.
Comme un sentiment indéfinissable, l'impression d'évoluer dans un autre univers. Pour certaines séries, Corinne Mercadier fabrique d'insolites objets volants, qui viennent intégrer ses scénarios. « C'est leur mouvement dans l'air qui m'intéresse » De curieuses formes aléatoires viennent encore de brouiller les pistes.

Mais les techniques évoluant, et d'autres comme le polaroïd disparaissant, la photographe a su prendre son virage. Officiant au numérique, elle nous offre l'avant-première d'un triptyque d'un nouveau genre.
Sous un aspect théâtral, se déroule une scène extraordinaire sur la piste d'un aéroport. Des pneus s'envolent comme des anneaux de Saturne. À travers un ciel noir qui absorbe tous ceux qui l'observent, se dégage une atmosphère sombre, tragique. Les couleurs sont subtiles, flirtant à lisière du noir et blanc.

Jusqu'au 4 mars, à l'Atelier, 1, rue de Châteaubriand à Nantes. Du mardi au samedi de 13 h à 19 h et dimanche de 10 h à 15 h.

Magnum photographie l'amour, pas que la guerre

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L'agence Magnum Photos succombe à la Saint-Valentin. Cinq de ses photographes de renom installeront samedi des studios de portraits éphémères dans de grands hôtels parisiens pour immortaliser des couples, à l'occasion de la fête des amoureux.
Chaque Valentin pourra venir avec sa Valentine, sur rendez-vous, se faire tirer le portrait par les photographes Steve McCurry, Antoine d'Agata, Bruce Gilden, Paolo Pellegrin et Christopher Anderson, installés pour la journée du 11 février dans quatre suites d'hôtel à la mode et un cinéma MK2.

La photographie signée coûtera entre 250 et 400 euros selon le format choisi. La réservation est indispensable.

Une sélection des portraits de couples sera ensuite présentée au public chez Colette, boutique chic rue Saint-Honoré à Paris, à partir du 14 février. Chaque couple pourra également participer à un tirage au sort pour tenter de gagner une nuit dans l'hôtel où il se sera fait photographier.

Cette opération s'inscrit dans le cadre de la quatrième édition des Magnum Days, opération destinée à mieux faire connaître l'agence au grand public. Baptisée In love with Magnum Photos, elle se déroulera du 11 au 14 février dans ces cinq lieux mais aussi dans les locaux de l'agence et à la galerie Magnum. Un livre objet cartes-postales In Love a été édité pour l'occasion.

«Pour cette édition spéciale autour du couple et de l'amour et des vingt ans de Solidarité Sida, 20% des bénéfices de cette opération seront reversés à l'association», précise l'agence.
«Cette opération n'est pas un outil commercial. Nous voulons partager avec le public, Nous photographions souvent la guerre. Là, nous avons choisi l'amour», ajoute-t-on.

L'agence Magnum Photos avait déjà installé en juin un studio éphémère afin de permettre à tout un chacun de se faire tirer le portrait par les photographes Martin Parr et Bruce Gilden.

En savoir plus

Exposition gratuite « Doisneau, Paris Les Halles » à l’Hôtel de Ville

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Du 8 février au 28 avril 2012 (tous les jours sauf les dimanches et fêtes), au Salon d’accueil rue de Rivoli, la Mairie de Paris présente l’exposition « Doisneau, Paris Les Halles », à l’occasion de la sortie du livre-catalogue éponyme de Vladimir Vasak, édité par Flammarion.


Robert Doisneau (1912 - 1994) fait partie, avec Willy Ronis et Édouard Boubat, des photographes français les plus connus du public, et les plus célèbres à l’étranger, grâce à certaines de ses photos comme « le Baiser de l’Hôtel de Ville » (1950, vendue en 2005 à l’occasion d’enchères qui furent passionnées, à un Suisse anonyme au prix de 155 000&euroWinking, ou à ses prises de vue des rues du Paris de l’après-guerre.


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Les oiseaux 1973 © Atelier Robert Doisneau

Graphiste de formation (École Estienne), graveur, lithographe, il deviendra photographe publicitaire, puis industriel, avant d’intégrer en indépendant en 1946 l’agence Rapho.
On l’a décrit comme un « passant patient », grand guetteur d’anecdote, et son œil, non dépourvu d’humour, peut frôler, selon les images, nostalgie, ironie ou tendresse. La vie à Paris, son actualité, et le Paris populaire feront l’objet de sa part d’un grand nombre de reportages, lui qui couvrit également des sujets plus « exotiques » comme traitant de l’URSS, des Etats-Unis et de nombreux autres pays dont la Yougoslavie.
Ses photos paraîtront dans des magazines comme Life, Paris Match, Réalités, et Point de Vue par exemple.
Sa carrière de photographe sera récompensée de nombreuses distinctions dont les prix Kodak en 1947, Niepce en 1956, le Grand Prix national de la Photographie en 1983 et le prix Balzac en 1986. Ses travaux firent l’objet de grandes expositions (dont Chicago et Oxford) et de nombreuses publications.


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Triporteur aux Halles © Atelier Robert Doisneau

Avec le thème de cette exposition, Robert Doisneau est au cœur même de son sujet de prédilection, puisque la première photo qu’il prît des Halles date de 1933. Il restera fidèle à ce quartier durant 40 ans, revenant sans cesse le visiter, le flairer, prendre son pouls, suivre ses mutations et chacune de ses nouveautés.
Quand, dans les années 1960, les Halles seront menacées, l’inquiétude et la colère de Robert Doisneau le pousseront à tout voir, et à tout photographier. C’est alors que son regard, esthétique et sociologique, deviendra proprement patrimonial.
Cette exposition présentera au public 150 à 200 tirages, pour la plupart vintages, éloges de la vie grouillante du « ventre de Paris », du génie de Baltard, et du vertige qui saisit les Parisiens devant l’énorme béance que constitua le trou des Halles.
Une salle sera spécialement consacrée aux photographies en couleur des années 1960, permettant ainsi un regard nouveau, aussi bien sur le quartier des Halles que sur l’œuvre de Robert Doisneau.
Avec le témoignage de ce grand photographe du XXe siècle sur l’un des quartiers les plus emblématiques de Paris, la Ville poursuit l’exploration de son histoire et celle de ses habitants.


Commissaires de l’exposition : Annette Doisneau et Francine Deroudille.
Une rétrospective Robert Doisneau, se tiendra du 24 mars au 16 mai 2012 au Tokyo Metropolitan Museum of Photography (Japon).
Salon d’accueil de la Mairie de Paris 29 rue de Rivoli 75004 Paris 01 42 76 50 49 Du 8 février au 28 avril 2012

+ d'infos sur l'exposition "DOISNEAU, PARIS LES HALLES"

Le festival Pluie d'images, des regards sur le monde

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C'est à la photographie documentaire que se consacre la 8e édition, qui invite cinq artistes, dont, rarement vu en France, Luis Baylón.
« Pour les artistes invités, il s'agit de révéler, en rapport étroit avec l'art, une vision complexe du monde nourrie par le document, explique Jérôme Lepioufle, responsable artistique du festival. C'est la peinture anglaise pour Simon Roberts, le Bauhaus pour Cristian Esculier, la pratique cinématographique pour Laurence Faure et Valérie Villieu. Et l'expressionnisme pour Luis Baylón. »

Une société à la beauté tourmentée
Ne manquez pas Madrid anonimo, une rétrospective, l'occasion de découvrir l'immense travail de ce photographe madrilène. Inlassable arpenteur de sa ville, depuis 35 ans, Luis Baylón est né à Madrid en 1958. Dès 18 ans, il apprend la photographie et commence sa carrière professionnelle en 1987.
En 2000, Madrid l'a récompensé du Grand prix de photographie pour son travail : 15 ans de photographies de rues, de couloirs de métro, de corridas. En noir et blanc, au Rolleiflex. L'univers de Baylón est peuplé de tous types de gens. Il nous livre l'image, d'une terrible justesse, d'une société à la beauté tourmentée.
« Plus je connais Baylón en tant que personne, plus je vois ses photos, plus je le place incontestablement dans la famille des expressionnistes, estime le photographe-reporter français Bernard Plossu. Luis est le photographe le plus proche de la vie, des coups tordus qu'elle joue aux misérables êtres humains que nous sommes. Il se désintéresse totalement des modes : il photographie l'âme, le corps, la fatigue, la source, les coutumes, les habitudes, les imperfections, la pauvreté... »
La vérité sans concession
Luis Baylón s'inscrit dans la droite ligne des travaux de Weegee, de Lisette Model, de Diane Arbus, de Leon Levinstein : « Des photographes vérité, ne faisant aucune concession. » La tendresse affleure souvent, derrière l'objectif, mais elle masque avec peine les angoisses, les déceptions, les attentes. Instants fugitifs, pris sur le vif, Luis Baylón dévoile des fuyards qui semblent ne se raccrocher qu'à un verre ou à une cigarette... De jour sur le trottoir, de nuit au comptoir, de quartier en quartier, remarquant les oubliés, les exilés, les anonymes, il capte des moments de relâchement et d'abandon.

Festival PLUIE D'IMAGES 2012

Photographie : « Exito sin precedentes » - Luis Baylón
Source : Ouest France

Photo-Africa

L'Afrique est à la mode, dit-on, mais une mode sacrément durable alors... À l'image du développement d'un art encore jeune sur le continent africain, mais qui s'impose et révèle régulièrement de nouveaux talents : la photographie. Paris, en novembre, accueille expositions et manifestations dans une belle synergie avec la 9e Biennale de la photographie africaine qui s'ouvre à Bamako, au Mali. En croisant les regards, la Fnac a pris de l'avance sur l'incontournable rendez-vous de Paris Photo, où l'Afrique est à l'honneur.
La Fnac Forum des Halles propose notamment au photographe congolais Baudouin Mouanda, révélé aux Rencontres de Bamako voici deux ans, avec ses photos de sapeurs, d'installer un studio gratuit "Portrait de famille" sur le principe de ceux que l'on continue de voir dans les capitales africaines. On pourra poser devant l'objectif de Mouanda (sapés, de préférence !) comme les familles maliennes le firent devant celui de Seydou Keïta, et encore aujourd'hui de Malick Sidibé, pour ne citer que les noms les plus célèbres parmi les "anciens".
Rétrospective
Pour en savoir davantage sur l'histoire de la photographie africaine, autant se diriger tout de suite vers la maison Revue noire, qui expose actuellement les clichés des nuits et des jours de Kinshasa de Jean Depara. Sur son stand de Paris Photo, au Grand Palais, la Revue noire, qui explore la photo africaine depuis plus de dix ans, en racontera les grands moments et les acteurs parfois oubliés. Galeries spécialisées, collection privée d'Arthur Walter sur le thème du portrait photographique et pléiade d'artistes invités font de cette quinzième édition de Paris photo un moment très attendu.
À côté de la mise en valeur des photographes africains, signalons aussi dans ce mois de novembre parisien le regard sur l'Afrique de photographes étrangers... Tel Philippe Bordas, qui expose à la Fnac sa superbe série sur les chasseurs du Mali. Toujours à propos de chasseurs, mais cette fois s'agissant de ceux du royaume de Bantè (actuel Nigeria), la fondation Zinsou présente, dans le métro parisien, le travail du Belge Jean-Dominique Burton... Si tout ça ne fait pas un monde !

Rencontres de Bamako Biennale africaine de la photographie, du 1er novembre au 1er janvier
Afriqueinvisu compte-rendu jour par jour de la première semaine des Rencontres de Bamako par l'équipe d'Afrique in visu
Paris Photo du 10 ou 13 novembre au Grand Palais : 12 heures - 20 heures (19 heures le dimanche) Nocturne le vendredi soir jusqu'à 21 h 30
Fnac les 11 et 12 novembre, studio photo Baudouin Mouanda
Exposition-Métro ligne 14. Stations Madeleine & Pyramides du 8 au 14 novembre 2011
Exposition Chasseurs Nagô Royaume de Bantè de Jean-Dominique Burton, du 8 au 14 novembre 2011
Maison Revue noire Depara night and day in Kinshasa, 1955-1965 jusqu'au 24 décembre.

Source : www.lepoint.fr
Crédit photo : Baudouin Mouanda

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Paris Photo 2011

Paris Photo célèbre sa 15è édition au Grand Palais !
Une évolution majeure pour le rendez-vous international incontournable pour la photographie.

117 galeries, originaires de 23 pays, présentent le meilleur de la photographie du XIXe siècle, moderne et contemporaine au coeur de Paris. Pour compléter ce panorama mondial, 18 éditeurs spécialisés d'envergure internationale seront présents au sein d'un espace dédié.

La photographie africaine, de Bamako à Cape Town, est à l'honneur cette année.

Fort de cette effervescence, Paris Photo se réinvente et développe une nouvelle identité autour de quatre éléments de programmation pérennes : les acquisitions photo des institutions, focus sur une collection privée, la plateforme, le livre photo et la création du Prix du livre Photo.

Visiter le site de Paris Photo

Dates :
10-13 novembre 2011
Lieu :
Grand Palais Avenue Winston Churchill 75008 Paris

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Rencontres photographiques de Bamako - éd.2011

Les Rencontres de Bamako proposent en 2011 (01/11/2011 au 01/01/2012) une réflexion sur la quête d’un monde durable, avec la volonté d’esquisser un état des lieux et de prêter une attention particulière aux signes et aux formes de résistances possibles. La forte adhésion au thème proposé n’a fait que confirmer l’engagement social et politique des artistes africains.


Les préoccupations écologiques, jadis limitées à un cercle restreint de visionnaires alertes, font désormais partie de notre quotidien et sont au cœur de tous les débats. Le réchauffement climatique, le tarissement des ressources minières et alimentaires, le déboisement des forêts, la pénurie d’eau, sont aujourd’hui au centre de tous les enjeux et équilibres planétaires.


Si le libéralisme économique basé sur la société de consommation a généré l’amélioration de la productivité et le développement, il a également et surtout renforcé les profits et les inégalités au détriment du respect fondamental des hommes et de leurs environnements.


En 2010, un grand nombre de pays africains ont fêté le cinquantenaire de leur indépendance. Pour beaucoup cet événement a été le moment de dresser un bilan des acquis nationaux et de porter un regard critique sur les structures politiques et sociales et sur la répartition des richesses.Pour ces Rencontres, nous avons invité les photographes et vidéastes à témoigner, à dénoncer, mais aussi à identifier des axes d’action, des signes de résistance ou de prévention pour la construction d’un monde durable.


Les différentes œuvres présentées approchent la thématique à travers des démarches documentaires et journalistiques ou des récits métaphoriques et fictionnels. La variété des thématiques et des langages choisis par les artistes, permet ainsi de faire le point sur la production artistique aujourd’hui sur le continent et dans la diaspora. Elle donne la mesure de l’effervescence et du renouveau permanent de la scène photographique africaine, avec notamment l’émergence d’une nouvelle génération qui invente ses propres codes expressifs.


Source : http://www.rencontres-bamako.com
Crédit Photo : Nyaba Léon Ouedraogo (Burkina Faso) : Erreur humaine (2010)

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Exposition de Diane Arbus au Jeu de Paume

Diane Arbus (New York, 1923-1971) a révolutionné l’art de la photographie ; l’audace de sa thématique, aussi bien que son approche photographique ont donné naissance à une œuvre souvent choquante par sa pureté, par cette inébranlable célébration des choses telles qu’elles sont. Par son talent à rendre étrange ce que nous considérons comme extrêmement familier, mais aussi à dévoiler le familier à l’intérieur de l’exotique, la photographe ouvre de nouvelles perspectives à la compréhension que nous avons de nous-mêmes.

Arbus puise l’essentiel de son inspiration dans la ville de New York, qu’elle arpente à la fois comme un territoire connu et une terre étrangère, photographiant tous ces êtres qu’elle découvre dans les années 1950 et 1960. La photographie qu’elle pratique est de celle qui se confronte aux faits. Cette anthropologie contemporaine — portraits de couples, d’enfants, de forains, de nudistes, de familles des classes moyennes, de travestis, de zélateurs, d’excentriques ou de célébrités — correspond à une allégorie de l’expérience humaine, une exploration de la relation entre apparence et identité, illusion et croyance, théâtre et réalité.

Avec plus de deux cents clichés, cette première rétrospective en France permet de découvrir la source, l’étendue, mais aussi les aspirations d’une force parfaitement originale dans l’univers de la photographie. Y sont présentées toutes les images emblématiques de l’artiste, ainsi qu’un grand nombre de photographies qui n’ont à ce jour jamais été exposées en France. Les premières œuvres déjà témoignent de la sensibilité particulière d’Arbus, au travers de l’expression d’un visage, de la posture d’un corps, du type de lumière ou de la présence particulière des objets dans une pièce ou dans un paysage. Animés par la relation singulière que tisse la photographe avec son sujet, tous ces éléments se conjuguent pour inviter le spectateur à une rencontre véritablement intime.

Source : http://www.jeudepaume.org/
Crédit Photo : Diane Arbus - Tattooed Man at a Carnival, 1970, coll. Centre Pompidou
Exposition du 18/10/2011 au 05/02/2012
1 place de la Concorde
75008 Paris
Mardi de 12h à 21h
Du mercredi au vendredi de 12h à 19h
Samedi et Dimanche de 10h à 19h
Fermeture le lundi
http://www.jeudepaume.org/index.php?page=article&idArt=1470&lieu=1


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Jean-Luc Manaud : 20 ans de traversée du désert

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Depuis 20 ans, Jean-Luc Manaud a fait du Ténéré sa résidence principale. Les peuls Bororo sont devenus des compagnons de route. Route souvent meurtrie par une guérilla touarègue qui n'en finit pas de durer.
Deux expositions présentent actuellement son travail :

Le FIGARO MAGAZINE fête ses 30 ans en images
Du 15 avril au 15 juillet
Grilles du Sénat - Rue Vaugirard
Paris, 6ème.

"Instants de désert"
Jusqu'au 24 juin
PHOTO EXPO, 8 rue Du Pont Montauban
Toulouse.

Né en 1948 dans le Sud tunisien ou il a vécu jusqu’à l'âge de quatorze ans, le Sahara est pour lui une sorte de langue maternelle. Après avoir commencé des études d'architecture, il opte définitivement en 1977 pour le photo journalisme.
De 1980 a 1986, il est reporter et couvre plusieurs conflits à travers le monde (Ogaden, Cambodge, Angola, Nicaragua, Liban...). Progressivement, il renoue avec le Sahara. Il parcourt depuis vingt ans tous les paysages du Ténéré à la Mauritanie, accompagne les caravanes de sel ou Théodore Monod dans ses traversées, s'intéresse à la guérilla touarègue autant qu'aux traditions des Peuls Bororo et s'engage de plain-pied dans les bouleversements d'un monde nomade en pleine mutation.
Le désert qu’il nous donne ici à voir n’est pas celui des belles images servant d’appât aux marchands, qui ont envahi nos murs, écrans et vitrines. Si photographier signifie “écrire avec la lumière”, Jean-Luc Manaud regarde et raconte. Il a modestement écrit avec la lumière d’un polaroïd et nous propose des photographies sobres, parfois austères, qui reflètent une réalité quotidienne.

Ses photos sont régulièrement exposées et publiées dans les plus grands magazines en France et a l'étranger.

(source :
www.jeanlucmanaud.com)

Livres

1986- 10 ans du festival d’automne : Editions du Temps actuel.
1993- Touaregs : 6 photographes témoignent : Editions Fixo.
1996- Aghali, berger du désert : Editions Hatier. (Prix Saint-Exupéry)
2000- Le désert nu, (texte de Daniel Popp) : Editions du Chêne
2001- Fleuve des sables, (texte de M Ravache Chêne (Prix du livre de voyage : Biarritz 2002).
2002- Lumières de désert : Editions du Chêne.
2002- Instants du désert, (Polaroïd) : Editions du Chêne
2006- Chroniques sahariennes (Edition du Chêne)
2006- Tombouctou (Edition Arthaud)

Principales expositions

1987- Masques d’Ixi, Chine : Musée Dapper,Paris
1992- Terres d’Islam (collectif) : Visa pour l’image, Perpignan
1993- Touaregs (collectif) :Musée de l’Homme, Paris
1993- Danse et coulisses, Opéra Garnier, Opéra Garnier, Paris
1993- Algérie du FIS : 3ème rencontres photographiques de Normandie
1994- Touaregs, projection : Visa pour l’image, Perpignan
1996- Touaregs : Virgin Megastore (Marseille,Dijon)
1997- Le fleuve Niger : Lorgues
1999- Polaroid/ Désert : Festival Terre d’images à Biarritz
2000- Les villes chantées: Agadez : Festival Terre d’images à Biarritz
2001- Le désert nu : Chroniques nomades à Honfleur
2006- Polaroid- Grilles du parc Monceau
2006- Visa pour l'image - Chroniques sahariennes
2008- Toulouse- Galerie Photon - Instants du désert
2008- Paris- Grilles du sénat- exposition collective 30 ans du Figaro-Magazine

Helen Levitt expose à la Fondation Henri Cartier Bresson

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Claudine Doury expose à la galerie Camera Obscura

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" Loulan Beauty, c'est l'histoire d'une lente disparition, dans les sables et dans le temps. La fin d'un monde, un voyage dans l'Asie centrale post-Soviétique et le Xinjiang chinois. J'avais lu 'Djamilia' du poéte kirghiz Tchinguiz Aïmatov et je rêvais aux kolkhozes perdus dans la steppe et à ses peuples : Ouzbeks, Kazakhs, Kirghiz, Karakalpaks... De 2002 à 2005, j'ai pu me rendre dans la région de l'Aral au Kazakhstan, en Ouzbékistan, au Xinjiang et sur les rives de l'Issyk Koul au Kirghizistan. Loulan Beauty témoigne de ces hommes au milieu des mondes, héritiers de royaumes engloutis, des pêcheurs sans mer, des enfants qui dansent pour faire revenir leur parents partis travailer au loin, de Lola qui rêve d'Amérique, des hommes qui écoutent les sables chanter et des filles aux mille nattes, les mêmes que celles, retrouvées sur Loulan, leur ancêtre de quatre mille ans. "
Claudine Doury

"Loulan beauty", photographies de Claudine Doury
Galerie Camera Obscura - 268 boulevard Raspail, Paris 14ème
Jusqu'au 20 octobre 2007.

Africa-clic, Africa-clac

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"Dans la ville et au delà", catalogue des VIIèmes Rencontres de la photographies à Bamako :

Biennales, les prochaines rencontres de la photographie se sont déroulées du 23 novembre au 23 décembre 2007 à Bamako au Mali. Cette manifestation organisée par Cultures France (dépendant du ministère des Affaires étrangères) permet aux photographes du continent africain de mettre en valeur leurs talents et de faire connaître leurs œuvres à travers le monde.
Elle laisse s’exprimer tous les états de la photographie actuelle, du noir et blanc classique aux recherches plastiques avec les nouvelles technologies jusqu’à la vidéo, devenue désormais une pratique complémentaire à beaucoup de photographes. Cet événement bénéficie d’une importante couverture dans les médias en France et en Afrique.
Le catalogue officiel édité par les éditions Marval reprend une sélection des photographies des artistes sélectionnés dans cette manifestation désormais incontournable dans le paysage des festivals de photographie.
Les textes sont signés de l'auteur malien Konate Moussa.


Ouvrage disponible à la vente sur le site de la librairie Eyrolles.

Auteur(s) : Photographies de : HOMMAGES : Serge JONGUE (Guyane), Armand  Seth MAKSIM (Madagascar) ; MONOGRAPHIE : Samuel FOSSO (Cameroun), EXPOSITION INTERNATIONALE : Sammy BALOJI (RDC), Adama BAMBA (Mali), Nadia BERKANI (France Algérie), Jodi BIEBER (Afrique du Sud), Marie-Ange BORDAS (Brésil), Nabil BOUTROS (Egypte), Mohamed CAMARA (Mali), Ali CHRAIBI (Maroc), Pierre CROCQUET (Afrique du Sud), Emmanuel BAKARY DAOU (Mali), Harandane DICKO (Mali), Saïdou DICKO (Burkina Faso), Calvin DONDO (Zimbabwe), Mohamed EL BAZ (Maroc), Fakhri EL GHEZAL (Tunisie), Ghislain EL MAGAMBO GULDA (RDC), Dimitri FAGBOHOUN (Bénin), Héba FARID (Egypte), Salifu ODURO-IDRISS (Ghana), Fanie JASON (Afrique du Sud), Mouna KARRAY (Tunisie), Fouad MAAZOUZ (Maroc), Edgar MARSY (La Réunion), Pierrot MEN (Madagascar), Santu MOFOKENG (Afrique du Sud), Tsvangirayi MUKWAHZI (Zimbabwe), Aîda MULUNEH (Ethiopie), Soavina  RAMAROSON (Madagascar), Sylvain RALAIVAOHITA (Madagascar), Sergio SANTIMANO (Mozambique), Michael TSEGAYE (Ehiopie), Andrew TSHABANGU (Afrique du Sud), Nontsikelelo VELEKO (Afrique du Sud) ; VIDEOS AIDE A LA PRODUCTION : Berry BICKLE (Zimbabwe vit à Maputo), Jellel GASTELI (Tunisie), Ingrid MWANGI (Kenya), Moataz NASR (Egypte), Patrice Félix TCHIKAYA (RDC Congo)