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DE GRAINS & DE PIXELS

Photo-Blog : Tweetez, likez & plus si affinités

Magie de Noël ?

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En pleine période des fêtes, il convient parfois de retourner aux origines. C'est ce qu'a fait le photographe américano-allemand Michael Wolf, en allant à la rencontre de ceux qui fabriquent les jouets Made in China. The Real Toy Story offre à voir les difficiles conditions travail de ces employés mal payés.

En 2010 en Chine, le salaire moyen mensuel de ces travailleurs, heures supplémentaires comprises, était d'environ 240 dollars (environ 185 euros). En 2009 seulement, environ un million de travailleurs ont subi des blessures industrielles et 20.000 personnes ont été victimes d'une maladie professionnelle.

http://photomichaelwolf.com/#the-real-toy-story-factory-workers-portraits/16

C'est le moment de croire au Père Noël

Un exceptionnel appareil photographie Leica, de type MD3 laqué noir, fabriqué en 1955, est parti pour la somme record pour ce genre d'appareil de 1.680.000 euros au cours d'une vente aux enchères à Vienne.

La galerie photographique très réputée Westlicht, animée par Peter Coeln, avait mis en vente cet appareil photographique (numéro de série M3D-2) ayant appartenu à un photographe américain, Davis Douglas Duncan, alors qu'il travaillait pour le magazine Life.

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24 expos de L'Avent

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Dans le cadre de la série d'expositions des «24 expos de L'Avent» présentée chez les commerçants de Vannes, Eric Bouttier présente son travail photographique inspiré par la fin de l'enfance chez Golfe Cadres. Il expose des séquences du quotidien, à voir comme un film.

Les études universitaires en cinéma puis en photographie d'Eric Bouttier l'amènent à s'interroger « sur les liens possibles entre images fixes et images mouvantes. »

Ses travaux, proches du journal intime, utilisant principalement des appareils amateurs (appareils jouets, Super 8) et abordant les questions du territoire d'origine et de l'enfance, « mêlent différents médiums et supports qui s'inscrivent à mi-chemin entre photographie et projection. »

Ce photographe indépendant, né en 1981, a exposé des travaux personnels et collectifs à Paris à la galerie du jour Agnès b, à Lorient, à l'artothèque de Saint-Cloud et aussi en Syrie, Russie, Chine, en Corée du Sud, Serbie...

Journal photographique :

Les Temps calmes, série proposée pour Les 24 expos de l'Avent, se compose de juxtapositions de séquences du quotidien, à voir comme un film qui dure onze minutes, « comme un recueil de temps en retraits, vacants, de petites contemplations partagées, journal photographique réalisé sur une période d'un an. »

Edward Hopper - Grand Palais, Paris

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Edward Hopper. Chop suey, Collection de Barney A. Ebsworth © Collection particulière


Romantique, réaliste, symboliste, et même formaliste, Hopper a été enrôlé tour à tour sous toutes les bannières. C’est cette complexité, signe de la richesse de cette oeuvre que s’efforce d’éclairer l’exposition du Grand Palais.

La rétrospective présente 163 oeuvres dont 128 d’Edward Hopper. Conçue chronologiquement, l’exposition se compose de deux grandes parties ; la première partie consacrée aux années de formation (de 1900 à 1924), rapproche les oeuvres de Hopper de celles de ses contemporains, notamment de celles découvertes à Paris, qui ont pu l’inspirer.

"Profondément francophile, Hopper découvre à Paris trois artistes qui vont jouer un rôle important dans le développement de son style et de son iconographie : l’Anglais Walter Sickert, le Suisse Felix Vallotton et le Français Albert Marquet. Au delà de ces rencontres circonstancielles, il approfondit sa connaissance de Courbet, de Degas, qui restera pour lui, jusqu’à son ultime tableau, une référence constante." Didier Ottinger, commissaire de l’exposition.

La seconde partie de l’exposition est vouée à l’art de la maturité, des premières peintures emblématiques de son style personnel - House by the Railroad - (1925), à ses oeuvres ultimes (Two Comedians -1966).
Le parcours chronologique permet de mesurer la continuité de son inspiration, de comprendre le cheminement de l’artiste à travers son travail d’illustrateur, sa découverte de la gravure, et les correspondances de sa peinture avec la pensée du philosophe américain Emerson (1803-1882), en particulier leur aversion partagée pour le matérialisme moderne.

On découvre également l’importance de la lumière dans son oeuvre et le travail d’approfondissement de ses sujets de prédilection : les architectures qu’il dote d’une identité quasi « psychologique », les personnages solitaires abîmés dans leurs pensées, le monde du spectacle, les images de la ville moderne.


Exposition Hopper au Grand Palais, jusqu’au 23 janvier 2013
Galeries nationales du Grand-Palais : 3, avenue du Général Eisenhower, entrée Champs-Elysées - Paris 8e
Accès métro : Lignes 1, 9, 13 / Franklin- Roosevelt ou Champs Élysées-Clemenceau.
Horaires : Ouvert au public tous les jours de 10h à 20h, nocturne le mercredi et le vendredi jusqu’à 22h00. Fermé le mardi et le 1er mai.
Tarif : 12€, tarif réduit : 8€

6 MOIS : le numéro 4 vient de paraître

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Deux polémiques dont le photojournalisme a le secret ont surgi cet été. La première concerne le photographe américain Ron Haviv, vétéran du reportage de guerre, de la Bosnie à la Libye. Une de ses photos – un désert labouré par un char qui, au loin, prend feu – a été utilisée par le marchand d’armes Lockheed Martin pour une de ses publicités, surmontée d’un slogan sans appel  : «  Le missile a touché sa cible  ». La contradiction est patente entre le cynisme affiché de l’industriel et l’esprit humaniste du photographe, maintes fois réaffirmé dans ses interventions publiques. Soudain, l’image ne raconte plus l’horreur de la guerre mais la froide efficacité des armes. La photo n’a pas été volée, mais achetée. Avec l’accord de l’agent de Ron Haviv, évidemment. Est-ce simplement du business ou une trahison  ?
La seconde polémique a été provoquée par le mensuel américain Vogue. Piteusement, la rédaction en chef a présenté ses excuses à ses lecteurs pour avoir publié un reportage glamour sur le dictateur Bachar el-Assad juste avant la répression sanglante qui s’est abattue sur la Syrie. Ces images d’une famille belle, riche et heureuse ont provoqué un malaise d’autant plus grand qu’elles étaient signées par une des légendes du photojournalisme, James Nachtwey. Depuis plus de trente ans, Nachtwey a fait sienne la maxime de Robert Capa – «  Si la photo n’est pas bonne, c’est que tu n’es pas assez près  » –, risquant sa vie sans compter, avec un courage hors du commun. S’est-il compromis pour un plat de lentilles  ? Le débat oppose les gardiens de la déontologie et les défenseurs d’une profession sinistrée, souvent réduite à des travaux alimentaires pour financer des expéditions périlleuses.
La mise en accusation de Ron Haviv et James Nachtwey pose la question des limites que les photographes doivent respecter. Elle souligne surtout à quel point les rôles se sont inversés. Le photojournalisme est du journalisme  : raconter des histoires vraies et rendre compte du réel. Un journaliste est d’abord celui qui va voir et qui raconte. Ses récits sont essentiels à notre compréhension du monde. Ils nous construisent. Ils nous permettent de relier les événements entre eux, de donner une cohérence au chaos du monde et de savoir ce qui se passe vraiment. La photographie a son génie propre lorsqu’il s’agit de raconter des histoires. Les images s’impriment profondément en nous, tandis que les blancs entre deux clichés apportent le mystère et la magie du temps suspendu. Voilà pourquoi les photojournalistes sont rapidement entrés au panthéon du journalisme. Malheureusement, la concurrence de la télévision ou des vidéos en ligne, ainsi que les logiques commerciales et financières qui se sont imposées peu à peu leur ont dénié leur rôle de «  rapporteurs d’histoires  » pour celui d’illustrateurs ou de provocateurs. Soit ils alimentent une banque d’images fabriquées à la chaîne pour accompagner à bas coût une production standardisée. Soit ils signent quelques images isolées et radicales, pour la une, les galeries ou les affiches.
Si les photojournalistes parfois se perdent, c’est qu’on les a privés de boussole. Pourtant, nous sommes nombreux – le succès de 6Mois le prouve – à dévorer leur travail lorsqu’il revient aux sources du métier. C’est ce lien que nous entendons cultiver, résolument.
Bonne lecture.

Laurent Beccaria, Patrick de Saint-Exupéry, Marie-Pierre Subtil


Prix objectif développement

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Source de rencontres et de richesses, territoire où se croisent hommes et réseaux, décor de promiscuité et d’anonymat, espace d’activité et d’échanges, la ville est aujourd’hui le lieu où se rassemble plus de la moitié de l’humanité. Mais de quelle ville parlons-nous ? Des mégalopoles, de plus en plus cernées de bidonvilles ? Des villes moyennes, plus discrètes, mais dont la progression de la population est la plus forte ? Quel regard portons-nous sur ces villes que nous traversons, dont nous utilisons les ressources et que nous partageons avec les autres ?

Proposez votre vision de l’homme au cœur de l’espace urbain !

Aujourd’hui plus de 50 % de la population mondiale habite dans une ville, contre seulement 30 % en 1950. Cette proportion ne cesse de croitre et à grande vitesse : près de 200 000 personnes viennent grossir chaque jour les villes. En 2050, la population urbaine représentera 70 % de la population mondiale, dont une grande majorité de pauvres. Avec des conséquences graves en termes de santé, d’éducation et d’environnement…

Ce concours photo vous offre la possibilité de donner votre vision sur l’ailleurs par rapport à l'urbanisation, en un ou plusieurs cliché(s). Pas de règle imposée sur l’interprétation du thème !

Prix, règlement et participation : www.objectif-developpement.fr

Des photographies soudanaises exposées à la Maison des Métallos

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Cela fait quatorze ans que Claude Iverné parcourt les vastes terres soudanaises. La région, ses peuples et leurs conditions de vie, ils les connait bien. Aujourd'hui, le photographe a souhaité mettre en lumière ces rencontres, et peut-être même défier les fausses idées que l'on pourrait se faire d'un pays divisé par le conflit depuis tant d'années. Aussi présente-t-il une vaste exposition, déclinée en trois volets. 

D'abord, Photographies Soudanaises présente, à la Maison des Métallos, une série de clichés de Claude Iverné pris lors de ses échappées au Soudan depuis 1998. "[Le visiteur] dispose de mes images -au caractère je crois faiblement temporel, calme et silencieux, certaines agencées en catalogues, d'autres en courts essais narratifs- et de leurs légendes de type descriptif", annonce ainsi le photographe dans la présentation de son exposition. 

Ensuite, pour le deuxième volet, c'est à l'Usine Spring Court -située deux pâtés de maison plus loin- qu'il faut se rendre... Y sont exposés, en parallèle au regard du photographe français, les clichés de photographes soudanais empruntés aux Archives Elnour -signifiant "la lumière" en arabe, elles ont été fondées par Claude Iverné et seize de ses confrères soudanais en 2003. "Des regards de l'intérieur [...] qui livrent [au visiteur] des esquisses d'histoires et d'intimité", présente l'initiateur de l'exposition. 

Enfin, le troisième volet -intitulé, lui, Photographie Soudaine- se passe dans les rues du XIe arrondissement parisien et se veut participatif: les visiteurs sont conviés à coller des tirages de photographies de leur choix sur les murs du quartier de la Maison des Métallos, et se verront à leur tour pris en photo dans l'action puis collés sur un mur, dans un esprit "d'afficheur affiché". Car comme le résume Claude Iverné: "Mon intention est ici de proposer au visiteur de s'emparer de cette collecte et d'en éprouver l'usage. [...] A son tour de faire la part des choses et de constituer avec autant d'indices sa propre image de ce territoire d'ailleurs". 

Du 11 octobre au 7 novembre 2012, à la Maison des Métallos à Paris.

Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre


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Le Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre s'ouvre ce lundi jusqu'au dimanche 14 octobre. Une semaine de rencontres autour de l'actualité internationale et du journalisme. Et un thème phare : la Syrie. 

Depuis 1994, la ville de Bayeux, associée au Conseil général du Calvados, organise ce prix destiné à rendre hommage aux journalistes qui exercent leur métier dans des conditions périlleuses pour nous permettre d’accéder à une information libre.

Pendant une semaine, Bayeux est un point de rencontre entre professionnels des médias du monde entier, reporteurs, photographes, auteurs. 
C'est aussi une fenêtre ouverte sur l'actualité internationale, à travers des expositions, des soirées thématiques, des projections, un salon du livre, un forum média, des rencontres avec les scolaires,… et bien-sûr une soirée de clôture qui récompense les lauréats des différentes catégories de reportages (photographie, télévision, radio, presse écrite&hellipWinking.

Le Président du jury pour cette 19ème édition est Gilles Peress,  célébrissime photographe français de l’agence Magnum Photos.

Gros plan sur la Syrie

La thématique phare de cette 19ème édition, c'est la Syrie, où se multiplient les actes de violence contre les journalistes syriens, y compris les professionnels des médias officiels.
"Comment informer lorsque le journaliste est menacé de mort?" c'est l'une des questions qui sera abordée vendredi 12 octobre lors d'une soirée débat intitulée "Syrie, Zone interdite", animée par Jean-Marc Four de France Culture.

Selon Reporters Sans Frontières (RSF) au moins dix journalistes professionnels et 21 "citoyens-journalistes" ont été tués en Syrie depuis le début de la révolte en mars 2011.
Mi août RSF, partenaire du Prix, avait fait part de sa "vive préoccupation quant à la multiplication des actes de violence perpétrés contre les journalistes syriens, y compris les professionnels des médias officiels ou pro-régime".

Une exposition dans les rues de Bayeux "Syrie, un peuple sacrifié" combine le travail de Rodrigo Abd (AP), Mani (indépendant) et Alessio Romenzi (Corbis).
Et Damas sera également évoqué lors d'une table ronde AFP organisée vendredi après-midi sur le thème "Blog, tweet...journalistes à l'heure des réseaux sociaux". Elle sera présentée par Marlow Hood responsable anglophone des blogs à l'AFP.

La guerre de Bosnie est également l'un des grands thèmes de cette 19e édition avec la projection mardi du film d'Angelina Jolie "Au pays du sang et du miel", suivie d'un débat avec Rémy Ourdan, correspondant du Monde pendant le siège de Sarajevo.

Une exposition présente en outre une quarantaine d'images des photographes ayant contribué au livre "Bosnia 1992-1995", dirigé par Jon Jones paru en juillet 2012.
La Somalie, l'Etat du Bahrein, la conflit israelo-palestinien ou la Colombie seront également évoqués lors de projections suivies de débats.

© Prix Bayeux-Calvados, DR

Polka N°19 dans les kiosques et sur iPad

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Eva Besnyö au Jeu de Paume

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Eva Besnyö, 1910-2003 : l'image sensible

Artiste d’origine hongroise moins connue que ses compatriotes Robert Capa et André Kertész, mais “grande dame de la photographie néerlandaise”, Eva Besnyö est de ces femmes qui ont trouvé dans la photographie non seulement un métier mais une forme d’émancipation, et de ces artistes d’avant-garde, émigrés, qui choisirent l’Europe comme terrain de jeu et de travail. La première rétrospective que consacre le Jeu de Paume à Eva Besnyö met en lumière le travail de cette photographe dont la carrière s’est enrichie des villes qu’elle a traversées.

En 1930, alors qu’Eva Besnyö (1910-2003) arrive à Berlin, tout juste âgée de vingt ans, avec en poche un certificat attestant sa formation dans le studio de Jozsef Pesci à Budapest, elle a déjà pris deux décisions majeures : faire de la photographie son métier, et quitter définitivement la Hongrie fasciste. Besnyö découvre à Berlin une métropole démocratique dans son mode de vie et très ouverte sur les expériences artistiques. Ayant trouvé du travail auprès du photographe de presse Peter Weller, elle sillonne la ville jour après jour avec son appareil photo, en quête de motifs sur des chantiers de construction, près du lac Wannsee, au zoo ou dans les stades.

Son sens politique très développé la pousse à quitter Berlin à l’automne 1932 pour gagner Amsterdam. Soutenue par le cercle qui gravite autour de la peintre Charley Toorop, du cinéaste Joris Ivens et du designer Gerrit Rietveld, Eva Besnyö – qui a épousé entre-temps le caméraman John Fernhout – se fait bientôt connaître du grand public. En 1933, une exposition personnelle organisée dans la galerie Van Liert, de renommée internationale, lui vaut de devenir célèbre aux Pays-Bas pratiquement du jour au lendemain. Quelques années plus tard, elle consolide sa réputation avec ses photographies d’architecture, qui traduisent en une “Nouvelle Vision” l’idée du “Nouveau Bâtiment” fonctionnaliste.

Dans la seconde moitié des années 1930, Besnyö s’engage très activement dans la politique par le biais de ses activités culturelles, en participant notamment, en 1936, à l’exposition antiolympiades “D-O-O-D” (De Olympiade onder Diktatur). L’année suivante, elle est commissaire de l’exposition internationale “foto ’37” qui se tient au Stedelijk Museum à Amsterdam. L’invasion des troupes allemandes, en mai 1940, l’oblige, en tant que juive, à vivre dans la clandestinité. Après la guerre, elle est séduite par une vision du monde façonnée par l’humanisme, et ses photographies, stylistiquement décisives dans le développement du néoréalisme, trouvent parfaitement leur place dans l’exposition “Family of Man” (1955).
Mère de deux enfants, elle a connu – et vécu – de façon profonde et très personnelle le conflit classique pour les femmes, du choix entre l’éducation de ses enfants et la pratique de sa profession ; dans les années 1970, elle s’engage donc dans le mouvement féministe “Dolle Mina”, réclamant l’égalité des droits et rendant compte avec son appareil photo des manifestations de rue.

Avec plus de 120 tirages d'époque et de nombreux documents originaux, cette première rétrospective en France vise à faire connaître au public cette artiste, cosmopolite convaincue et grande dame de la photographie néerlandaise.

EXPOSITION DU 22 MAI AU 23 SEPTEMBRE 2012
Jeu de paume
1 place de la Concorde
75008 Paris
Mardi de 11h à 21h.
Du mercredi au dimanche
de 11h à 19h.
Fermeture le lundi,
y compris les jours fériés.
Tél. 01 47 03 12 50


© Sans titre
1931
(Garçon au violoncelle, Balaton, Hongrie)
Eva Besnyö

© jeudepaume.org

Arles rend hommage à Koudelka Arles : hommage à Koudelka le Gitan

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C'est un livre mythique. Un jalon de l'histoire de la photographie. Il y a eu New York, de William Klein (1956), The Americans, de Robert Frank (1958) puis, en 1975, Gitans, la fin du voyage, que Delpire, en France, et Aperture, aux États-Unis, ont publié simultanément. La fin du voyage peut-être, mais le début de la gloire pour le Tchèque Josef Koudelka qui, avec cet ouvrage, a marqué des générations de photographes. À l'époque, tout le monde a voulu être Koudelka, avoir son regard, sa liberté, sa capacité à se fondre dans son sujet. Le hic : le livre ne respectait pas la maquette prévue à l'origine par l'auteur, en 1968, deux ans avant qu'il ne quitte son pays natal.

Quarante ans plus tard, alors que l'album est épuisé, Koudelka a obtenu de son ami Robert Delpire une nouvelle édition conforme aux intentions de départ. "Voici donc Gitans auquel je n'ai pas collaboré. J'ai décidé d'en publier la version française, bien que je n'aie pas l'habitude d'éditer un ouvrage pour lequel je n'ai participé ni au choix des images, ni à la maquette, ni à la production", tient à préciser l'éditeur dans une courte postface. Au nom de leur compagnonnage, il a tout de même dit oui à Josef. Quelque quarante photos ont été rajoutées, l'aire géographique s'est étendue, l'ordre a changé, le grain est devenu plus mat et l'enchaînement, plus rapide, des images, moins sacralisées par la mise en page, crée un effet de récit. Le titre, également, est simplifié : Koudelka Gitans. Comme pour établir une équivalence entre le photographe et ce peuple dont il a fait la connaissance dès 1962, à l'âge de 24 ans.

Aura incomparable

La photo n'est alors pour lui qu'un hobby. Koudelka découvre les Gitans en Slovaquie orientale, près de l'Ukraine, où il travaille comme ingénieur aéronautique, métier qu'il abandonnera en 1967. Il se lie à eux grâce à la musique, que cet ancien étudiant de l'Université populaire de Prague pratique en amateur : violon, cornemuse, accordéon, autant de sésames pour accompagner et apprendre à regarder cette communauté jusque-là au mieux négligée, au pire persécutée. Comme jadis Edward Curtis avec les Indiens d'Amérique ou Jacob Riis avec les pauvres hères des taudis new-yorkais, il va lui rendre sa dignité. Cette rédemption survient grâce à la poésie d'une image quasi picturale, digne d'un Goya quand il s'agit d'un homme murmurant à l'oreille de son cheval qui l'écoute religieusement, la tête inclinée en signe de respect. Koudelka ne prend pas au vol, il compose, orchestre, distribue premiers plans et profondeur, hiérarchise centre et périphérie, échafaude des superpositions, qui tissent sans parole, à l'intérieur du cadre, les liens multiples et puissants de ce peuple vivant en autarcie.

La magie opère au prix de ce travail invisible qui n'entrave en rien la spontanéité. Au contraire. Cadrés, théâtralisés par l'art de Koudelka, la vitalité, le deuil, les traditions et leur noblesse se trouvent nimbés d'une incomparable aura. C'est la rencontre d'un regard et d'un sujet. D'un homme qui a senti d'assez près un peuple pour s'en éloigner le temps d'une photo. Koudelka immortalise ces Gitans pendant plusieurs années, sans savoir que, bientôt, il va devenir un des leurs. Le Printemps de Prague, dont il fut l'un des principaux témoins avec de célèbres images qui passèrent anonymement à l'Ouest - il ne reconnut en être l'auteur qu'en 1984 -, a tranché le lien qui l'unit à son pays : il s'exile en 1970. Adoubé par Henri Cartier-Bresson et l'agence Magnum, il poursuit son travail sur les Gitans en Europe de l'Ouest avant d'errer de pays en pays, au nom d'une liberté qui s'accompagne d'une absence de compromis. Koudelka vit et pense photo 24 heures sur 24. Peu à peu, les hommes ont cédé la place aux paysages, qui lui laissent plus de temps. Ces derniers mois, il a travaillé sur le mur, en Israël. Tout un symbole pour un homme dont les photos ont justement renversé des murs.

En savoir plus sur l'exposition : Rencontres d'Arles 2012



Josef Koudelka, "Roumanie, 1968". © Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de Magnum Photos.

Google Art Project : 151 musées à portée de clics !

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Visiter les plus grands musées du monde. Se balader à travers les plus célèbres galeries d'art. Voir de plus près un Seurat, un Van Gogh ou bien encore un Botticelli. C'est possible, sans bouger de chez soi, en quelques clics, avec Google Art Project, qui offre la possibilité aux internautes de visiter virtuellement pas moins de 155 musées. Bienvenue dans le XXIe siècle !

En 2011, lors de son ouverture, le Google Art Project accueillait 17 musées. Un an plus tard, la collection virtuelle s'est enrichie puisque pas moins de 155 institutions culturelles à travers le monde ont dit "oui" au projet du géant du web, qui se place depuis des années sur tous les secteurs rentables, certes, mais aussi culturels comme la numérisation de livres et des œuvres qui nourrissent aujourd'hui son Art Project.

À côté de célèbres musées européens (Orsay ou Quai Branly à Paris, Uffizi Gallery à Florence...) et nord-américain (MoMa à New-York...), la nouvelle version du projet, inaugurée début avril, propose aux internautes de pousser les portes de musées situés en Inde, au Brésil...

Pas moins de 32 000 œuvres (peintures, sculptures, street art...) en haute définition sont ainsi "offertes" aux visiteurs confortablement installés... au fond de leur canapé. Pour chacune de ces œuvres est associé un petit texte explicatif, comme dans un "vrai" musée.

Certaines peintures (46) à la renommée mondiale (La Naissance de Venus de Botticelli, La Nuit Étoilée de Van Gogh, etc.) sont même proposées en très haute définition (7 milliards de pixels par image) afin de permettre à l'œil du spectateur de s'approcher, en zoomant un maximum, au plus proche des toiles de maîtres ; plus près même qu'il est possible de le faire au musée.

Grâce aux différents filtres proposés, il est possible d'effectuer une recherche en choisissant le nom d'un musée, d'un peintre et même d'une œuvre. En outre, avec la technologie Street View, développée par Google, des balades virtuelles (prises de vue à 360°Winking le long des galeries de certaines institutions sont même proposées. Et il faut bien dire que le rendu est assez bluffant.

Enfin, pour aller encore plus loin, chaque internaute peut disposer de son propre espace personnel pour y créer sa galerie et y exposer ses œuvres favorites.

Parmi les musées ayant intégré le projet "googlïen", on compte six musées français : le musée de l’Orangerie, le musée d’Orsay, celui du quai Branly, des châteaux de Fontainebleau, Versailles et Chantilly. Ceux qui ont choisi de rejoindre cette vaste galerie sur Internet estiment que c'est une opportunité indéniable pour pouvoir faire connaître leurs collections par-delà les frontières.

Le Centre Pompidou et le Louvre n'ont toujours pas rejoint ce projet totalement gratuit et, pour le moment encore, dénué de publicité - Google assure ne pas chercher à monétiser cette énième initiative. "Il n'y a pas de refus de principe, mais nous avons choisi en priorité cette année d'enrichir notre propre site Internet", a indiqué un porte-parole du Louvre à l'AFP en avril dernier.

En attendant, Louvre ou pas Louvre, Google Art Project offre à tous les internautes (familles, étudiants, profs...) l'opportunité de voyager, dans l'espace et dans le temps, à pas cher. Vous pensiez ne rien avoir à faire durant les jours fériés et autres pont de mai ? Vous vous êtes trompés... En mai, fais ce qu'il te plaît !

J'aime le monde

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Découvrez le PHOTO-BLOG de Julien Grenet


Le photographe Reza organise un concours international de photos pour les enfants !

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L’éducation visuelle est au cœur de l'engagement de Reza depuis plus de trente ans. Il est convaincu que l’image est un langage universel qui raconte l’humain au cœur de ses combats et de ses joies. C'est dans la continuité de cette action de sensibilisation des jeunes générations que Reza a décidé avec l'ONG IDEA (International Dialogue for Environmental Action) d'initier un projet de e-learning grâce à un concours international de photographie. Un évènement qui a pour objectif de faire prendre conscience aux plus jeunes, à travers l'usage du medium photographique, de questions environnementales majeures, et plus largement de les inciter à regarder le monde autrement.

Ce concours se déroule sur le site web www.childrenseyesonearth.org/ jusqu'au 5 septembre 2012, il est ouvert à chaque jeune de moins de 17 ans. L'inscription au concours est rapide, simple et gratuite. Le participant créé un profil d'inscription puis télécharge au moins deux photos illustrant "I love nature, I fear pollution". Toutes les photographies devront être au format numérique et soumises uniquement sur le site officiel du concours. Un jury international présidé par Reza et composé de photographes et d'experts internationaux sélectionnera les lauréats selon des critères d'originalité, de créativité, de qualité et de pertinence par rapport au thème "I love nature, I fear pollution". Les résultats du concours seront annoncés le 15 septembre 2012. Un prix spécial "Votre choix" sera décerné par un vote du public.

Les prix du concours :

- 1er Prix : une caméra SLR, un ordinateur portable et une imprimante photo
- 2eme Prix : une caméra SLR, un iPad et une imprimante photo
- 3eme Prix : une caméra SLR et une imprimante photo
- Prix spécial du public : une caméra SLR et une imprimante photo.

En plus de ces dotations, un voyage à Bakou en Azerbaïdjan leur sera offert pour exposer leurs photos lors d'un festival. Ce voyage sera également l'occasion pour eux de participer à un atelier photo personnalisé avec Reza.

De nombreux partenaires se sont associés à ce concours : le National Geographic Kids Magazine (Royaume-Uni), l'Organisation mondiale de la photographie (WPO), FOTOEVIDENCE, le Ministère azéri de la Jeunesse et des Sports, Social Documentary.net, Webistan Photo Agency et l'ONG AinaWorld.

Pour en savoir plus : www.childrenseyesonearth.org/

Ralph Gibson en images

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Le photographe américain fait l’objet d’une monographie qui vient de paraître aux éditions Contrejour. Le livre relate en images ses dix premières années de jeunesse, depuis ses photographies de rue inspirées par Cartier-Bresson et Robert Frank (dont il fut l’assistant en 1967) jusqu’à son installation définitive à New York. En parallèle, les éditions Contrejour sont à l’honneur aux rencontres photographiques d’Arles, jusqu’au 23 septembre, où une importante rétrospective leur est consacrée. Maison consacrée à la photographie, elle a fait connaître sur près de quinze ans, à travers plus de 150 publications, nombre d’artistes alors inconnus. Leurs noms ? Jeanloup Sieff, Robert Doisneau ou encore Willy Ronis…

© Ralph Gibson - Leda - 1974

Le siècle de Cartier-Bresson

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Henri Cartier-Bresson. Ses images, sa voix et la musique de Bach. L'écrivain Pierre Assouline propose une traversée du XXe siècle vu par le grand photographe (1908-2004), dans undocumentaire épuré et pertinent présenté en avant-première aux Rencontres photographiques d'Arles.
"Nous sommes des voleurs mais pour donner", explique Cartier-Bresson, qui s'avoue "timide et culotté dans ce film de 52 minutes, intitulé "Le siècle de Cartier Bresson". Coproduit par Arte France, Cinétévé, la Fondation Henri Cartier-Bresson et l'INA, il sera diffusé le 21 novembre sur Arte.
Pierre Assouline avait noué des relations d'amitié et de confiance avec le photographe les dernières années de sa vie. Il a pu avoir accès à ses archives pour écrire une biographie, "Cartier-Bresson. L'oeil du siècle", publiée en 1999 chez Plon.
"Depuis plusieurs années, j'avais envie de faire un film particulier, sur le siècle de Cartier-Bresson vu par lui", explique le journaliste à l'AFP. Dans ce documentaire, "toutes les images que l'on voit, c'est Henri Cartier-Bresson qui les a prises, toutes les paroles que l'on entend, c'est lui qui les a dites, toute la musique que l'on écoute, c'est Bach, qu'il mettait au-dessus de tout".
Seule exception, quelques portraits du photographe, notamment lorsqu'il est prisonnier des Allemands pendant la guerre.
Pour le film, Pierre Assouline a revu presque tous les clichés du photographe de Magnum, sélectionnant des icônes et des images moins connues. Il a écouté les interviews réalisées par HCB. Puis il a bâti un récit autour de ce "grand bourgeois anarchiste" devenu un mythe.

Ne "pas trafiquer"
Fils d'un industriel du fil de coton et d'une mère issue d'une vieille famille normande, le jeune Cartier-Bresson, impulsif et colérique, aime peindre et dessiner. Chez les scouts, son totem est "anguille frémissante" car il ne cesse de s'échapper. Il ne se plaît pas au lycée et rate son bac.
"Je ne suis pas nerveux. Je suis impatient. C'est le temps qui passe", confie-t-il dans le film.
Formé par le peintre André Lhote, Cartier-Bresson contracte le goût de la géométrie. Une déconvenue amoureuse et il part pour l'Afrique. Il vit en brousse, découvre l'exploitation coloniale. Cela "m'a révolté jusqu'à la fin de mes jours".
De retour à Paris, il choisit de devenir photographe, fréquente les surréalistes. En 1932, il achète un Leica. L'artiste a trouvé son instrument. La photographie sera pour lui comme un "couperet" qui "saisit l'instant".

Témoin de son époque

La lutte des Républicains espagnols, la libération de Paris, saisis sous son objectif ou sa caméra. Avec David Seymour et Robert Capa, Cartier-Bresson fonde la coopérative Magnum. "Nous voulions être les témoins de notre époque".
En Inde, il photographie Gandhi juste avant son assassinat. En Chine, il assiste à la prise de pouvoir des communistes. Se rend plus tard en Union soviétique.
"Arriver à pas de loup, être discret (...) Si on force les gens, on n'obtient rien", souligne Cartier-Bresson qui recherche "la simplicité, le naturel, le détail vivant, juste".
Cartier-Bresson photographie des artistes comme Pierre Bonnard, Alberto Giacometti, Pablo Picasso mais peine à saisir les acteurs car "ils connaissent trop bien leur métier".
Avec lui, pas de recadrage ni de retouches. Il ne faut "pas trafiquer". Il n'aime pas la couleur qui n'a "pas la force d'abstraction" du noir et blanc.
En 1970, il abandonne le reportage photographique pour revenir à sa première passion, le dessin. Mais il garde jusqu'à la fin un Leica dans la poche de son blouson.

© Henri Cartier-Bresson - Magnum Photos - Berlin ouest - Le mur de Berlin - 1962

Visa pour l’image : tant qu’il y aura des photojournalistes

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Toujours pas de petits chatons sur des coussins en crochet. Présentée hier à Perpignan, la 24e édition de Visa pour l’image, festival international duphotojournalisme, reflétera une nouvelle fois l’actualité de l’année écoulée. Donc guerres, crise, famines... et pas de chatons saisis au iPhone avec une application Hipstamatic.

Alors que leur métier est en proie à des bouleversements économiques et technologiques, au point que la question de leur avenir se pose avec inquiétude, les photojournalistes ont payé chèrement leur investissement sur les terrains les plus dangereux de l’actualité.

Sur le terrain
Un mois après la mort de Gilles Jacquier (reporter pour Envoyé Spécial sur France 2) en janvier à Homs, c’est dans cette même ville de Syrie que fut tué (aux côtés de Marie Colvin du Sunday Times), le photographe Rémi Ochlik, 28 ans. Révélé huit ans plus tôt à Visa pour l’image avec un travail sur Haïti, il était devenu un pilier du festival auquel il participa encore en 2011.
Un choc pour le directeur, Jean-François Leroy : "On leur a délibérément tiré dessus. J’ai fait passer le message : je ne prendrai plus de photos de Syrie. Je ne veux pas que les photographes prennent des risques incroyables pour être sélectionnés à Visa ou gagner le World Press. D’autant plus que les journaux s’en tamponnent."

Visa 2012 consacrera une rétrospective à Rémi Ochlik dont le nom sera dorénavant associé au prix de la Ville de Perpignan qui, chaque année, récompense le reportage d’un jeune photographe. Jeunes comme l’étaient les trois photographes mexicains abattus par les narcotrafiquants et dont les corps démembrés ont été retrouvés la semaine dernière.

Un rendez-vous populaire

On en oublierait presque que Visa pour l’image est aussi un rendez-vous populaire potentiellement festif, dont le succès ne se dément pas : 208 700 visiteurs aux expositions, 12 000 spectateurs aux soirées de projections et 3 000 professionnels accrédités en 2011, soit un impact non négligeable pour l’hôtellerie et le commerce perpignanais.
Près de trente expositions - sans compter le “Off” - seront une nouvelle fois ouvertes gratuitement au public, du 1er au 16 septembre.
Parmi les thèmes forts : les rites de passage à l’âge adulte chez les jeunes femmes du Swaziland (Krisanne Johnson), les anciens prisonniers de Guantánamo (Mathias Brashchler et Monika Fisher), les asiles abandonnés en Afrique subsaharienne (Robin Hammond), le mariage des fillettes au Népal ou au Yémen (Stephanie Sinclair), l’intégrisme religieux aux États-Unis (Jim Lo Scalzo), la crise grecque et l’Arctique sibérien...
Mais aussi Massoud Hossaini qui vient d’obtenir le prix Pulitzer avec son cliché de Tarana, 11 ans, en pleurs au milieu des cadavres après un attentat-suicide à Kaboul. Un photojournaliste était encore là.

24e Visa pour l'image du 1er au 16 septembre à Perpignan

10 005 MERCIS !

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10 005 mercis … surtout à ceux qui ont gardé les yeux ouverts Winking

Découvrez la chaîne De Grains&De Pixels sur You Tube

Découvrez Londres 2012 en 366 portraits avec Alexia et Anatole

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Alexia et Anatole, deux jeunes de 23 ans qui aiment la photographie, le web et les voyages, ont décidé de partir à Londres pour couvrir ces jeux d’une manière assez originale. A l’instar des projets 365, ils proposent de découvrir Londres 2012 en 366 photos, avec chaque jour une nouvelle photo.
L’idée du blog photographique est toute trouvée pour créer le rendez-vous, chaque jour.
Voici une petite vidéo qu’ils ont réalisé pour présenter ce projet :



On retrouve de nombreux portraits de londoniens, chez eux, dans la rue, ou bien encore sur leur lieu de travail. D’autres vues montrent plutôt la ville & ses agitations. Anatole, le photographe, ne s’est pas limité aux lieux touristiques de Londres et nous protège de ces clichés londoniens qui ont la vie dure (jusqu’à maintenant, leur projet n’étant pas fini).

Découvrez leur PHOTO-BLOG Un Jour Une Rencontre

Horacio Coppola, photographe du Buenos Aires des années 30, mort à 105 ans

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Horacio Coppola, photographe argentin formé au Bauhaus, avait immortalisé la ville de Buenos Aires dans les années 1930, dans un livre aux cadrages modernistes, devenu célèbre autant qu'introuvable. Horacio Coppola est mort dans cette même ville à l'âge de 105 ans, le 18 juin.
Né dans une famille d'origine italienne à Buenos Aires, Horacio Coppola a d'abord eu pour premier amour le cinéma. C'est même lui qui, à 23 ans, fonde le premier ciné-club du pays en 1929. Acoquiné avec les avant-gardes artistiques, influencé par Le Corbusier comme par le futurisme, il fait ses premières photographies en 1926 : des expérimentations proches de l'abstraction puis des vues de la capitale, surtout de nuit. Celles-ci deviendront célèbres, notamment grâce à l'écrivain Jorge Luis Borges, qui, en 1930, insiste pour qu'elles illustrent son livre Evaristo Carriego, consacré au poète du même nom.




EXIL À PARIS ET LONDRES
Après des voyages dans plusieurs pays d'Europe, Horacio Coppola s'installe à Berlin, où il étudie au Bauhaus, la célèbre école d'arts appliqués fréquentée par nombre d'artistes d'avant-garde. Il réalise un film expérimental, Traum (1933), avec le metteur en scène Walter Auerbach, et rencontre la photographe Grete Stern, étudiante au Bauhaus, qu'il va épouser. Lorsque le Bauhaus ferme, sous la pression du régime nazi, Grete Stern, juive allemande, menacée par le régime, s'exile à Paris et à Londres, où Horacio Coppola la suit. Il fait des portraits d'artistes, de Chagall à Miró, et réalise des courts-métrages : Les Quais de la Seine, ou A Sunday on Hampstead Heath, tourné à Londres. Mais, devant la guerre qui menace l'Europe, le couple finit par rentrer en Argentine, profitant d'une invitation du magazine littéraire Sur à exposer ensemble.



LE CHOC DE L'ANCIEN ET DU MODERNE
Le couple, qui aura deux enfants, fréquente le milieu artistique argentin et ouvre un studio de portraits et de photos publicitaires, qui finira par péricliter faute de clients. Horacio Coppola adopte le Leica et continue ses expérimentations : des plans serrés d'objets du quotidien transformés en sculptures, et toujours ses vues de la ville de Buenos Aires.
En 1936, il publie son livre Buenos Aires, qui sera réédité plusieurs fois et est aujourd'hui considéré comme un jalon important de l'histoire photographique. Il crée des scènes dramatiques avec les éclairages publics ou les lumières des cafés, il joue avec les façades, les trottoirs et les balcons pour renverser les perspectives, il photographie le choc de l'ancien et du moderne, les enseignes publicitaires, les grands magasins, les coins sombres de la ville.
Un peu oubliée dans les années 1970, l'œuvre d'Horacio Coppola a été redécouverte par la suite, avec une exposition à la Fundación San Telmo de Buenos Aires. Pour ses 100 ans, le Musée d'art latino-américain de Buenos Aires (Malba) a organisé une rétrospective de son œuvre.

Denis Darzacq lauréat du Prix Niépce 2012

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Denis Darzacq, membre de l’Agence Vu’ depuis une vingtaine d’années et représentée par celle-ci, est le lauréat du prix Niépce 2012, décerné jeudi 8 juin 2012.
Chaque année depuis 1955, le prix Niépce, « Goncourt de la photographie » distingue l’œuvre d’un photographe français confirmé âgé de moins de 50 ans. Le Prix Niépce dont MK2 est mécène, est soutenu par la Bibliothèque nationale de France, le ministère de la Culture et de la Communication et par l’atelier Label image.
Denis Darzacq est auteur de multiples séries photographiques, dont la cohérence ne cesse de s’affirmer au fil du temps. On remarque en effet une certaine obsession pour le vivre ensemble :Ensemble, Bobigny centre-ville, Nu, La chute, Hyper. Originellement issu du photoreportage, il dresse patiemment une véritable fresque des nouvelles réalités urbaines. Il photographie des corps et s’interroge sur la place de l’individu dans la société, entre singularité et appartenance à un groupe, contraintes sociales, économiques et affirmation d’une liberté à préserver. Refusant de s’appuyer sur des conventions de la représentation du réel, il imagine de nouvelles formes de mises en scène à chacune de ses rencontres.

© Denis Darzacq

Le Paris étrange d'Eugène Atget au musée Carnavalet

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C'est aussi par les images qui en sont faites qu'une ville existe. Le musée Carnavalet, musée de l'histoire de Paris, présente plus de 200 images réalisées par Eugène Atget de 1898 à 1927. S'attachant à cartographier le vieux Paris, ses métiers, ses passages et ses intérieurs, le photographe a retenu, vers la fin de sa vie, l'attention de l'américaine Berenice Abbott (récemment exposée au Jeu de Paume). Trois institutions s'unissent pour réunircet ensemble exceptionnel : Carnavalet, la Fundación Mapfre, à Madrid et la George Eastman House de Rochester. Une série ayant appartenu à Man Ray est présentée, permettant de montrer l'influence d'Atget sur le surréalisme.

À découvrir dans cette sélection de photos qui montrent le Paris d'Eugène Atget, à la fois étrange et familier.
EUGÈNE ATGET
25/04/2012 > 29/07/2012
Musée Carnavalet
PARIS

© Eugène Auget

Un appareil photographique Leica vendu 2 160 000 euros

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Un nouveau record du monde de prix pour un appareil photographique a été atteint samedi 12 mai au cours d'une vente aux enchères organisée par la Galerie Westlicht à Vienne. Un appareil de la marque allemande Leica, datant de 1923, s'est arraché à 2 160 000 euros. Mis à prix à 300 000 euros et estimée entre 600 000 et 800 000 euros, le Leica 0-Série numéro 116 est finalement parti à 1 800 000 euros et, avec les taxes, à 2 160 000 euros.
Le précédent record du monde avait été établi en 2011 à 1 320 000 euros pour un Leica 0-Série numéro 117, également au cours d'une vente organisée à Vienne par la Galerie Westlicht, l'une des plus réputées au monde dans le domaine de la photographie. Seulement 25 prototypes de cette pré-série ont été fabriqués par Leica, avant le passage à la production en série deux ans plus tard, en 1925.

RSF: un album de Martin Parr pour la liberté de la presse

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Un journaliste tué tous les cinq jours... A l'occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, le 3 mai, RSF dévoile la nouvelle formule de sa collection "100 photos pour la liberté de la presse" lancée il y a vingt ans. L'ouvrage, dont les recettes sont intégralement reversées à l'association, met à l'honneur le photographe britannique Martin Parr. 


Pour Reporters Sans Frontières, la Journée internationale de la liberté de la presse est l'occasion de rappeler les dangers auxquels sont exposés, quotidiennement, les acteurs de l'information dans de nombreuses régions du monde. Avec ce constat glaçant : en 2012, un journaliste est tué tous les cinq jours. Depuis janvier, l'ONG déplore la mort de 21 journalistes et de 6 net-citoyens couvrant des zones de conflit comme la Somalie et la Syrie. 

Loin des clichés sanglants témoignant des exactions commises dans ces régions, "Les 100 photos de Martin Parr pour la liberté de la presse" sont consacrées au tourisme de masse. Ballade à cheval en Turquie, séance de bronzage improvisée sur une plage artificielle (et bondée) au Japon, ou encore contemplation du Sphinx de Gizeh, en Egypte, viennent illustrer le travail critique du photographe britannique. 20 images inédites, réalisée pour RSF en Thailande et au Cambodge, agrémentent cet album. 

Partisan d'un tourisme responsable, Martin Parr estime que " les voyages touristiques sont une forme moderne de pèlerinage et les photos qui en résultent, la récompense ultime ". Ses clichés visent à montrer le décalage entre ces pèlerins modernes, conditionnés à visiter les mêmes endroits de la même façon, et la réalité des lieux qu'ils explorent. 
Confronté à la concurrence d'internet, le photojournalisme requiert des compétences qu'il est nécessaire de préserver, et de saluer. Depuis 1992, RSF publie ainsi trois albums de ce type par an. Leurs recettes constituent 50% des ressources de l'organisation. 

http://boutique.rsf.org/products/100-photos-de-martin-parr-pour-la-liberte-de-la-presse

Le projet "20+12" tire le portraits des électeurs

Le photographe et vidéaste Jeremie Battaglia réalise actuellement un tour de France des électeurs.

Le projet "20+12, une partie de campagne" recueille les témoignages de citoyens français, toutes orientations politiques confondues, autour de l'élection présidentielle de 2012. Pour qui votent-ils ? Pourquoi ?
Le photographe Jeremie Battaglia réalise actuellement et jusqu'au 6 mai un tour de France "volontairement apolitique" des électeurs.

Depuis le 5 avril et jusqu'à dimanche prochain, un électeur se dévoile chaque jour. En tout, ce seront 32 personnes dont Jeremie Battaglia aura tiré le portrait. Deux photos et une vidéo pour chaque électeur sont postées sur le site. Toutes les sensibilités étant bien entendu représentées.
 
L'idée directrice de ce projet est celle du "rapport qu'entretiennent les citoyens avec l'acte de voter". Le photographe est donc parti de Paris le 5 avril dernier et continue d'arpenter les villes de France pour aller à la rencontre des citoyens jusqu'au second tour.



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http://www.20plus12.fr/

Mai Photographies de Quimper, un festival engagé

Pour sa 31ème édition qui aura lieu du 15 mai au 23 juin 2012, le Festival Mai Photographies de Quimper s'est intéressé aux artistes connus pour leur engagement pour les autres et dont les travaux illustrent la diversité des pratiques photographiques. Sylvain Girard, membre fondateur de l'association Aktinos en charge de l'organisation du festival, s'exprime sur l'identité de l'un des plus anciens festivals photographiques en France.


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 © Joakim Eskildsen, « Venus and Mucusoara, Stefanesti », (série « The Roma journeys»Winking, courtesy Gallery TAIK

Tina Merandon : Vertigo, portraits de femmes et d'hommes politiques

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Eva Joly, Nathalie Kosciusko-Morizet, Martin Hirsch, Laurence Parisot, François Hollande... Ils sont trente-six, personnalités publiques, hommes ou femmes politiques, acteurs engagés, à avoir joué le jeu du portrait, sous l'œil avisé de Tina Merandon.
Les uns trônent, les autres posent. Certains bougent ou bien rigolent.
Objectif réussi : quelle que soit la posture, ils se dévoilent... un peu.
A découvrir avant les législatives.

Fnac Montparnasse
136, rue de Rennes 75006 Paris
Du 5 mai au 5 juin 2012

L'oeil Américain de la journaliste L.Haïm et du photographe Charles Ommanney

Du 23 avril au 6 mai, Laurence Haïm, correspondante i>TELE/CANAL+ aux Etats-Unis, et Charles Ommanney, photographe qui a suivi les campagnes américaines pour Newsweek , portent leurs regards sur la campagne croisée des deux finalistes de la course à l'Elysée.

http://www.itele.fr/emissions/chronique/loeil-americain

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Le photographe de l'AFP Massoud Hossaini distingué par un prix Pulitzer

Le photographe de l'AFP Massoud Hossaini a été distingué lundi à New York par un prix Pulitzer, l'une des récompenses américaines les plus prestigieuses en matière de journalisme, pour la photo d'une fillette en pleurs après un attentat suicide à Kaboul en décembre.

Ce prix, dans la catégorie "photographie breaking news", récompense la photo "déchirante d'une fillette pleurant de peur, après un attentat suicide à Kaboul", a précisé le jury. C'est la première fois que l'AFP remporte un prix Pulitzer.
"Une simple photo, fascinante, dont on se souvient longtemps", a déclaré lors d'une conférence de presse le responsable du prix, Sig Gissler.

Dans un message de félicitations, le PDG de l'Agence France-Presse, Emmanuel Hoog, a estimé que "le prix Pulitzer qui honore cette année l'un des plus courageux et brillants journaliste-photographes de l'AFP, Massoud Hossaini, montre combien notre exigence de qualité et d'engagement couvre et doit couvrir toutes les disciplines du talent journalistique d'aujourd'hui. Bravo et félicitations à Massoud Hossaini".

"Aujourd'hui, dans le domaine de l'information, le texte sans image est pauvre, l'image sans texte est insuffisant, les deux rassemblés --et pour l'image, qu'elle soit fixe ou animée-- constituent l'exigence journalistique du XXIe siècle", a-t-il ajouté.

De son côté, Massoud Hossaini s'est dit "extrêmement heureux d'être le premier Afghan à remporter un Pulitzer". "Je suis aussi honoré d'être un Afghan qui puisse témoigner de la vie et des moments difficiles auxquels les gens font face ici. Je sais que quiconque verra cette photo pensera d'abord au photographe, mais j'espère vraiment qu'ils n'oublieront pas la souffrance endurée par le peuple d'Afghanistan".

Massoud Hossaini, 30 ans, photographe du bureau de l'AFP dans la capitale afghane, y couvrait une procession chiite le 6 décembre dernier lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser.

"Je couvrais les célébrations de l'Achoura, au cours desquelles des hommes se flagellent avec des chaînes (terminées par des lames), quand soudain il y a eu une énorme explosion", avait à l'époque raconté le photographe. Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées pour assister à la procession, près d'un sanctuaire chiite dans le centre-ville.

"Les gens s'enfuyaient et moi je courais dans le sens inverse", avait ajouté Massoud Hossaini, qui s'était précipité vers le lieu de l'explosion, survenue quelques dizaines de mètres derrière lui pendant qu'il photographiait la procession. "Immédiatement, j'ai vu de nombreux corps par terre, beaucoup de gens en pleurs, d'autres prenaient des photos ou des films avec leurs téléphones portables, des gens criaient +A mort Al-Qaïda!+, +A mort les talibans!+".
L'attentat avait fait près de 70 morts, le plus meurtrier en Afghanistan depuis un attentat contre l'ambassade d'Inde en juillet 2008.
C'est elle qui figure sur la photo qui a valu le Pulitzer à Massoud Hossaini.

Cette photo lui avait déjà valu d'être distingué au World Press Photo Award 2011, en février dernier, avec le deuxième prix dans la catégorie "Information".

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Crise alimentaire au Sahel: Oxfam France lance un appel aux dons

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L'association humanitaire Oxfam France appelle aux dons pour venir en aide aux 16 millions de personnes « gravement menacées par une crise alimentaire au Sahel ».


Le Sahel, qui comprend le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Sénégal et le Niger, est durement touché par la sécheresse.



Oxfam France lance un appel aux dons pour aider à résoudre la crise alimentaire au Sahel et renforce ses opérations sur le terrain. Les pays du Sahel sont profondément touchés par la sécheresse qui a entraîné de maigres récoltes, des pénuries, une envolée de prix alimentaire et une série de conflits régionaux, affirme Oxfam. 

L'ONG estime ses besoins à 37 millions de dollars pour pouvoir apporter une aide vitale dans les pays concernés. Elle rappelle que, même lors d'une année « normale », hors période de crise, « 300 000 enfants meurent de maladies liées à la malnutrition ».

Avec deux partenaires au Niger, l'association Aren (Activité de redynamisation de l'élevage au Niger) et la Plateforme paysanne du Niger, Oxfam entend répondre aux besoins urgents mais aussi s’attaquer aux causes profondes des crises afin d’éviter qu’elles se reproduisent, en investissant davantage dans des actions de long terme pour rompre le cycle de la faim au Sahel.

Des systèmes d’alerte précoce

Une intervention rapide et précoce face à la crise est essentielle pour protéger les populations concernées. Pour déterminer les facteurs qui contribuent à la crise alimentaire et prévenir le problème, des « systèmes nationaux d’alerte précoce » ont été mis en place. Les facteurs comme une pluviométrie faible, un bas niveau des ressources en eau, de mauvaises récoltes, un manque de pâturages, des prix alimentaires élevés, une chute des rentrées d’argent en provenance des migrants sont autant de causes annonciatrices d’une crise importante.

La situation au Mali aggrave la crise alimentaire

L’insécurité croissante au Mali et au nord du Nigeria est un autre facteur qui aggrave la crise alimentaire dans ces régions touchée de l’Afrique de l’Ouest.
L’instabilité au Mali perturbe l’approvisionnement en denrées. Les zones frontalières du Burkina Faso, du Niger et de la Mauritanie sont toutes déjà très affectées. Le conflit a provoqué une grande transhumance de bétails vers le sud de Mali, le Burkina Faso, le Niger et la Mauritanie où le fourrage, l’eau et les vivres sont à des niveaux dangereusement bas. Par ailleurs, depuis janvier, 200 000 personnes déplacées et réfugiées dans les pays voisins ont un besoin urgent d’eau, de nourriture et d’abris.

Oxfam intervient sur le terrain avec des transferts d'argent, des distributions de semences et d'alimentation animale, des programmes de soins vétérinaires et des programmes d'approvisionnement en eau et en équipements sanitaires.
Lors des précédentes crises de 2005, 2008 et 2010, plus de 10 millions de personnes avaient été touchées, avec des conséquences désastreuses sur les ressources et les vies humaines.

© RFI

Derrière le rideau, l'esthétique du photomaton Derrière le rideau, l'esthétique du photomaton

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Alors que la photographie argentique tombe lentement et sûrement du côté des souvenirs, les procédés qui lui sont liés font l'objet d'un nouveau culte teinté de nostalgie. Et le Photomaton de faire sa réapparition dans sa version originale : pas celle où l'on choisit son plus beau portrait sur écran, plutôt celle où l'on attend impatiemment de découvrir, en piétinant devant la machine, les quatre photos successives qu'on a faites à l'aveugle derrière le rideau.

Le Musée de l'Elysée, à Lausanne, a récemment acheté à l'intention de ses visiteurs un de ces appareils restaurés - et son succès ne se dément pas. Il faut voir les visiteurs glousser dans l'alcôve ! Mais l'institution a surtout offert ses cimaises aux artistes qui ont exploité le potentiel créatif, autant que ludique, de cette machine à autoportraits. Les commissaires de l'exposition que lui consacre le musée, Sam Stourdzé et Clément Chéroux, ont sélectionné près de 600 oeuvres et n'ont eu que l'embarras du choix. "Le Photomaton est devenu un genre artistique à part entière", souligne Clément Chéroux dans le catalogue.

Il peut sembler paradoxal que ce procédé d'enregistrement sommaire, apparu à Paris dans les années 1920, ait autant inspiré les artistes. Pour Clément Chéroux, « le Photomaton constitue le "degré zéro" du portrait, pour reprendre une formulation de Roland Barthes. Juste un visage et rien d'autre". Mais c'est comme si ses lacunes visuelles, son absence d'intention et sa pauvreté informative avaient justement laissé un énorme espace vide que les artistes se sont plu à combler. Et sous son apparente simplicité - un homme, une machine, une image -, le Photomaton touche à de multiples questions, devenues centrales pour l'art au xxe siècle : l'automatisme et la place de l'auteur, les pratiques populaires, l'intimité, l'identité.

Pour les surréalistes, c'est la machine révélatrice d'inconscient qui faisait l'intérêt du Photomaton : ils l'ont pratiqué en bande et s'en sont servi, en 1929, pour un portrait de groupe iconique, où ils ont les yeux fermés. Andy Warhol avait, lui, carrément installé une machine dans sa Factory, et c'est là qu'il puisait le matériau de base de ses fameuses sérigraphies. L'artiste italien Franco Vaccari y a vu, lui aussi, un moyen de dynamiter la notion d'artiste : à la Biennale de Venise, en 1972, il invitait les spectateurs à se mettre en scène dans un Photomaton, au nom de "la photographie comme action et non comme contemplation".

Mais les plus belles oeuvres "photomatoniennes" sont sans doute celles qui creusent le puits, sans fin et sans fond, de l'identité. La Japonaise Tomoko Sawada s'est mise en scène sous 400 apparences différentes : 400 rôles qu'elle incarne rien qu'en changeant d'habits et de coiffure. L'Allemand Thomas Ruff a photographié ses amis de la façon la plus lisse et la plus objective possible, comme une machine, avant de changer la couleur de leurs yeux en bleu. Quant à Jürgen Klauke, en 1976, il a inscrit sur des portraits, tantôt souriants, tantôt sérieux, une suite de mots tels que "prêtre", "anarchiste", "meurtrier". Une façon de souligner les conventions sociales et les préjugés liés aux apparences.
Alignées sur un mur, ces tentatives, ludiques ou graves, de jouer avec un même cadre, une même technique, finissent par être un peu répétitives. Pour les apprécier, mieux vaut déguster ces tout petits formats dans l'intimité du catalogue, où des milliers de "moi" problématiques vous fixent sans ciller, dans une muette interrogation.

"Derrière le rideau. L'esthétique Photomaton", Musée de l'Elysée, Lausanne. Jusqu'au 20 mai.



© Claire Guillot - M - Le Monde
© Cindy Sherman, Untitled [ Sans titre ], 1975, épreuve gélatino - argentique, 30,5 x 20,4 cm © Courtesy of the Artist, Metro Pictures, collection Musée de l’Elysée, Lausanne

Helmut Newton raconté par la femme de sa vie

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A L'OFFICIER MONÉGASQUE, HELMUT NEWTON lâche en 1981 : "J'aime le soleil ; il n'y en a plus à Paris." Le photographe quitte la France pour Monaco l'année où François Mitterrand prend le pouvoir. Afin de payer moins d'impôts. Il s'installe, avec sa femme June, dans une tour ocre, où il faut s'annoncer au concierge italien derrière son comptoir. Depuis la terrasse blanche, au 19e étage, la vue sur la mer fait chavirer l'oeil. Les mouettes frôlent la balustrade. En bas, une piscine immense, où l'artiste se relaxait entre deux prises de vue. Face à nous, des palmiers plantés sur les toits d'immeubles. A gauche, le Monte Carlo Beach Hôtel, où Newton se rendait dans une Jeep bleu, conçue pour lui. Une tente louée à la saison l'attendait pour y passer ses coups de fil. « C'était mieux qu'une matinée foutue à Paris chez le dentiste", commente June. La terrasse perchée des Newton est un observatoire idéal pour un voyeur. Lors d'une visite, en 1993, il y avait un télescope. Un détail nous intriguait. Pourquoi est-il orienté vers le bas et non vers les étoiles ? "Regardez dedans", répondit Newton. Dans le viseur, à une cinquantaine de mètres, est apparue une salle de bains. "J'adore regarder chez les autres." Elle appartenait à un célèbre couturier. "Chaque matin, je le vois siéger sur son trône, pas celui de la mode."

Par une belle matinée de mars, nous retrouvons June Newton sur la terrasse de Monaco. Son Helmut est mort en 2004, après avoir fracassé sa Cadillac contre un mur du Château Marmont, l'hôtel des stars à Hollywood, où le couple a passé l'hiver pendant près de trente ans. Helmut n'est plus là et il est partout dans cet appartement qui respire l'insolence, le goût dissonant, la provocation. Au mur, une grande lithographie de Roy Lichtenstein côtoie une silhouette de femme nue en fer forgé. Partout, des milliers de livres. Sauf aux toilettes, où il faut bien viser pour ne pas outrager un grand nu à 200 000 dollars qui jouxte la cuvette. Une de ses photos les plus célèbres.

Helmut Newton était un des plus grands photographes de la deuxième moitié du xxe siècle. Un des rares dont le public connaît le nom. Chez lui, les images qui marquent la rétine sont d'une densité phénoménale. Dire cela fera hurler. Car l'homme a poussé loin l'incorrection. "Le terme "correct" évoque pour moi les régimes fascistes", tranchait-il. Un cliché paresseux s'est imposé, qu'il a pris un malin plaisir à ne pas démentir : Newton est un photographe de mode aux images lourdement sexy, qui déshabille et maltraite les filles, facture cher, ne s'intéresse qu'aux riches, tire le portrait de Stéphanie de Monaco, mène grand train, porte des baskets blanches, manie l'humour à tout-va, répète qu'il est un "mercenaire". Tout est vrai et tout est faux. "Helmut vivait à l'opposé du monde clinquant qu'il photographiait, se souvient son ami, l'éditeur José Alvarez. Je me souviens du rituel plateau-télé, le dimanche soir, avec du pintadeau dans l'assiette." Pierre Bergé [l'un des actionnaires du Monde, ndlr], qui a bien connu Newton pour ses campagnes de publicité Yves Saint Laurent, confirme : "Helmut ne flambait pas. Il vivait sa vie."

Il n'est pas sûr que son image va s'améliorer avec la rétrospective en 240 images que lui offre le Grand Palais pour fêter le printemps. Les photos sont trop serrées dans un espace qui n'est pas celui que l'on réserve à Monet ou à Picasso, et le catalogue manque d'ampleur. "C'est la meilleure exposition sur Helmut, corrige June, mais il est dommage qu'elle n'arrive pas de son vivant." Pour cela, il aurait fallu que la France puritaine des musées l'aime. Elle ne l'aime pas. "Elle a été lamentable", dit même Pierre Bergé. José Alvarez est plus cru : "Les gens ont été si cons en France..." Newton en a été blessé mais il ne le montrait pas. Ce trait vient de loin. "Ma mère me disait toujours : "Si tu as des ennuis, Helmut, ne nous en parle pas, parles-en au médecin."" Des ennuis, il en a eu, notamment un coeur fragile, qui l'a tué. Mais sinon, quelle vitalité ! Elle a éclaboussé partout où il est passé, et surtout à Berlin, Paris et Monaco, les trois villes où il a forgé sa légende.

À BERLIN, IL AVAIT TOUT POUR LUI. Helmut Neustädter voit le jour dans une famille de la haute bourgeoisie qui le choie. Un chauffeur le conduit à l'école. C'est un garçon entouré de femmes et qui se construit autour de la sensualité. Dans son livre Autoportrait (Robert Laffont, 2004), il se souvient, à 4 ans, de sa nounou "à moitié dévêtue devant un miroir" et de sa mère "portant une combinaison en satin, exhalant le parfum Chanel nº 5". Il dévore Arthur Schnitzler et Stefan Zweig, ses écrivains du désir, mais aussi des magazines coquins, où "rien ne figurait jamais en toutes lettres". A 12 ans, il prélève 3,50 marks de son argent de poche pour acheter son premier appareil photo. A 14 ans, il découvre l'amour charnel. Il nage comme un dieu. Son visage est magnifique, qui aura l'insolence de le rester en vieillissant. "Il a cette allure racée de la Mitteleuropa, une figure qui a disparu de notre monde", estime Pierre Bergé.

Berlin la sensuelle est aussi la capitale où les nazis le traitent de sale juif et détruisent son père. Helmut est contraint de tout quitter, seul, à 18 ans. Il saute dans un train pour Trieste, puis s'exile en Asie. Les rares fois où il évoquera cette douleur, il le fera sur le ton de la plaisanterie. Avant qu'il ne tire le portrait de Leni Riefenstahl, l'ancienne photographe du IIIe Reich, en 2000, elle lui lance : "Helmut, c'est la vieille nazie qui se fait belle pour le petit juif." Il adore, et n'est pas en reste : "A mon avis, elle est encore amoureuse d'Adolf." Plus tard, il nous confiera : "Un portrait est peut-être plus intéressant quand on déteste la personne."

Le nazisme forge un caractère optimiste, un corps qui fuit l'hiver, et un homme qui ne compte que sur lui. "Quelles que soient les circonstances, je pense d'abord à moi." Il fuit la politique, n'a jamais voté, ne défend aucune cause, hormis la sienne. Il s'invente un personnage universel, adopte un nom anglais, possède un passeport australien. ""Newton", c'est la ville nouvelle et la nouvelle vie", commente José Alvarez. Newton pardonnera à Berlin de l'avoir chassé. Il y retourne parfois et donne son accord, peu avant de mourir, pour qu'une fondation ouvre à son nom dans un palais néoclassique. Et, pour boucler la boucle, il est enterré à Berlin, dans le cimetière des célébrités, pas loin de la tombe de Marlene Dietrich qu'il admirait tant.

Ses grandes photos de bourgeoises inquiètes, traquées par le regard des hommes, évoquent ses démons berlinois. June Newton va plus loin : "Ces femmes qui révèlent leur nudité sous le manteau de fourrure, que Helmut fait poser dans des lieux publics, une rue, le métro, ou à l'arrière d'un taxi, sous des yeux anonymes, viennent de là. Cela vient aussi de sa fascination pour la République de Weimar. Helmut est un vrai Berlinois, pas un monstre, mais un homme fasciné par cette période de créativité décadente. Il est resté le little boy obligé de quitter son pays, devenu un taxi driver qui m'a prise comme passagère de sa vie."

APRÈS BERLIN, IL DÉBARQUE À SINGAPOUR ET DEVIENT GIGOLO. Photographe de presse, aussi, mais il n'est pas doué. "Il me racontait que lorsqu'il regardait dans le viseur, l'événement était déjà terminé", rigole June. Il rejoint l'Australie, où il s'engage dans l'armée, avant de s'établir comme photographe de mode après la guerre. Mais il s'ennuie. Trop loin du monde. Il quitte l'Australie avec l'actrice shakespearienne June Browne, qu'il a épousée. Ensuite, c'est Londres, mais il déteste. Va pour Paris, la capitale de la mode. June, qui était une star de la télévision à Londres, sacrifie sa carrière. "Helmut m'a répété que la photographie sera toujours son premier amour, et moi le second", dit-elle, devenant à son tour une photographe réputée, sous le nom d'Alice Springs.

Quand le couple débarque sous la tour Eiffel en Porsche blanche, Helmut a 37 ans et pas de temps à perdre. "Dès mon arrivée, je sais que c'est là que je veux travailler." Les magazines Elle et surtout Vogue, auquel il collabore vingt-trois ans, le sacrent roi de la mode. Helmut Newton se forge à Paris un style qui s'écarte résolument des codes du genre. Il nous l'avait résumé ainsi : "Imposer un sujet, le mettre en scène, mais suggérer une histoire qui a une ambiance de réalité, comme si l'image était publiée dans un quotidien d'actualité et non un magazine de mode, voilà les grandes questions." C'est en transformant la mode en fait divers qu'il incarne une époque. Avec deux références en tête. Brassaï pour ses vues nocturnes de prostituées et de malfrats. Et l'Allemand Erich Salomon, qui fut le paparazzi des hommes politiques et diplomates dans les années 1920-1930.

Rencontre avec June Newton :




Comment concilier rapidité et mise en scène ? En travaillant vite, ce qui peut surprendre. Deux jours maximum pour une séance. "Sinon, je m'ennuie." Son équipe est légère : un assistant, un seul appareil qu'il tient dans les mains, comme le reporter. Une ou deux pellicules, trois au maximum. Pas d'éclairage savant, plutôt la lumière naturelle. Il évite le studio pour lui préférer le décor vivant. "Une femme ne vit pas sur un fond de papier blanc : elle s'occupe de la maison, de son travail, sa voiture, ses enfants, ses amants", nous disait-il. Les lieux ? Une rue, une chambre d'hôtel, la plage, une décapotable... Il s'écarte peu de chez lui. "A Monaco, il a beaucoup fait de photos dans le garage de notre gratte-ciel", confie June, qui se souvient d'un épisode savoureux : "On lui prête un jour une villa de milliardaire. Il a mis les filles dans le parking avec le jardinier. Le propriétaire a dit : "My God !" José Alvarez conclut : "Je n'ai jamais compris comment il arrivait à de tels résultats avec trois fois rien."

NEWTON PEUT ALLER VITE CAR IL SAIT EXACTEMENT CE QU'IL VEUT. "Il ne sortait jamais de la maison sans une idée", explique June. Comment il la trouve ? Avec ses yeux. Violetta Sanchez, mannequin et égérie, raconte : "Un jour, pour Saint Laurent, j'étais dans une cabine avec d'autres mannequins en attendant d'essayer des robes. On était presque nues. Helmut nous voit et il a un flash dans la tête : "On dirait un bordel avec les filles qui attendent d'être appelées." Peu après, il a fait une séance à partir de cette idée." La lecture des journaux est également centrale. "Les images qui m'ont inspiré sont dans les quotidiens." June, encore : "Toutes ces images, que les gens trouvaient bizarres, elles ne le sont pas vraiment, elles viennent de ses lectures du Monde ou du Herald Tribune. Elles viennent de films, de romans... Un jour, il tombe dans le journal sur une chaise électrique ; une semaine après, il a mis une fille dessus. Il a tout mélangé dans sa vie." Dans son lit, la nuit, muni d'une petite lumière pour ne pas réveiller sa femme, il note tout sur un carnet. Il en possédait des centaines. Il se réveille pour écrire : "Sueur sous les aisselles, lèvres gonflées, baiser, épaule de l'homme, main de la femme, intérieur du coude, interaction des muscles, homme-femme nus à mi-torse."

Si Helmut sait ce qu'il veut, les mannequins ne connaissent qu'une partie de l'histoire. "Il donnait une idée, mais on ne savait pas où ça allait, raconte Violetta Sanchez. Il m'appelle un jour, et me lance : "Otto Dix, ça te dit ?" Et il m'a photographiée nue avec un monocle. La photo est monstrueuse, car j'étais très maigre. Mais je l'ai autorisée, car c'est Helmut. J'ai eu le privilège de travailler avec lui pendant vingt ans." Elle cite encore ce moment où, juchée sur une table, elle doit fixer un point vers le haut. "Sans rien me dire, il a attendu qu'un gros chien fixe la même chose." Elle ajoute : "Tous les photographes ont fait marcher un mannequin dans la lande. Mais chez Helmut, par le choix du vêtement, le regard impossible de la fille, le spectateur doit se demander ce qu'elle fout là."

Helmut Newton se rêvait en paparazzi et il en fut un. Non pas des gens connus mais des âmes perdues, des fantasmes communs. Il met à nu le profil féminin qu'il connaît le mieux : "La bourgeoise parisienne de 30-32 ans, qui habite dans le 16e arrondissement, a trop d'argent, trop de temps et cherche l'aventure." Son modèle ? Catherine Deneuve dans Belle de jour, de Luis Buñuel. Il est souvent question de sexe, de pouvoir, de domination, d'argent, dans ses photos. Et de provocation. Pour la marque Hermès, il n'hésite pas à accrocher la selle d'un cheval sur les reins d'une écuyère à quatre pattes sur un lit. "Le patron de la marque a failli avoir une attaque, se souvient June en rigolant. On ne comprend rien à Helmut si on ne voit pas qu'il veut casser le système de la mode." Au collectionneur Bernard Lamarche-Vadel, il dit sans ambiguïté : "Je suis très attiré par le mauvais goût, beaucoup plus excitant que le prétendu bon goût, qui n'est qu'une normalisation du regard." En 1979, il décrit ainsi, dans la revue Egoïste, pour laquelle il a travaillé de 1977 à 1984, son attrait pour les ambiances sado-maso : "Je garderai toujours un faible pour les chaînes : c'est presque comme des bijoux." Après avoir photographié Margaret Thatcher, il nous confie : "L'imaginer faisant l'amour alors qu'elle est la première dame d'Angleterre, c'est la chose la plus excitante au monde." José Alvarez se souvient de son ami arrivant en retard à un dîner, en plein Mai-68 : "Il trouvait sexy les CRS casqués avec leurs boucliers."

José Alvarez est persuadé que tout cela n'est que posture, que Newton a beaucoup triché sur ses sentiments. "Il pouvait être cassant, il adorait tenir en public le rôle du naughty boy, le mauvais garçon facho et misogyne, alors qu'avec ses amis, il était un gentleman d'une grande élégance, qui parlait l'allemand châtié de l'aristocrate prussien." Pierre Bergé va dans le même sens : "C'est un anti-bourgeois absolu, qui s'est élevé contre le bon goût dominant, sans être vulgaire. Comme Yves Saint Laurent. Misogyne ? Oui. Mais les grands artistes ne font pas une oeuvre pour être sympathiques."

Son sens de la provocation lui a valu de multiples attaques pour misogynie, notamment aux Etats-Unis, où il fut longtemps blacklisté. L'expert en photographie Philippe Garner raconte que des étudiants l'attendaient de pied ferme, lors d'une conférence, pour lui jeter à la figure de la viande crue. Le paradoxe est que des féministes sont restées muettes devant l'avalanche de photos de mannequins minaudant sur papier glacé, mais ont cloué au pilori Newton, celui qui a transformé la femme en forteresse imprenable. Car l'essentiel est là. Chez Newton, la femme est rarement une victime. Violetta Sanchez en est convaincue : "Il est sur le fil du rasoir avec toutes ces femmes qui semblent dire : "Je suis à poil mais je sais me défendre.""

Newton n'hésite pas à aborder une inconnue pour lui dire qu'il la trouve sexy. C'est dans le travail que le mannequin devient un objet aussi nécessaire que l'appareil ou qu'un "pot de fleurs", explique June. Son mari est lui-même très clair : "Le mannequin est payé pour faire ce que je veux." Va-t-il plus loin que d'autres ? "Il pouvait être sadique", avouent Nicole Wisniak et José Alvarez. Alors que Newton fait poser Loulou de la Falaise en tenue légère, dans un jardin, par un froid polaire, la muse de Saint Laurent finit par craquer : "Je suis bleue." Réponse du photographe : "ça n'a pas d'importance, c'est du noir et blanc." José Alvarez a vu Newton à l'oeuvre : "Il a fait adopter des positions impossibles aux femmes pour donner forme au muscle de la jambe. Il a attaché un célèbre mannequin noir comme une esclave, jusqu'au moment où elle s'apprêtait à le frapper. Il était sans limites."

VIOLETTA SANCHEZ SE SOUVIENT DE MANNEQUINS PANIQUÉS, d'autres secoués par Helmut quand il les trouve peu concentrés. "Il me disait : "Cette fille, elle ne donne rien, c'est un veau." Helmut ne tolère pas de fausse pudeur. Mais s'il y avait de la drague avec nombre de photographes, avec Helmut, jamais. Les photos étaient perverses, mais lui, non. Rien de libidineux. Passer à l'acte n'était pas à l'ordre du jour." June Newton confirme : "Helmut répétait qu'un photographe peut faire l'amour avec une fille ou la photographier, mais pas les deux en même temps." Elle précise : "Il a passé presque tout son temps à photographier ces filles. Et puis il est toujours revenu."Les duretés de l'animal n'ont pas empêché Kate Moss, Karen Mulder, Monica Bellucci, Cindy Crawford ou Claudia Schiffer de travailler pour lui. "Tous les mannequins rêvaient de poser pour Helmut. Car il était un formidable accélérateur de carrière", dit Violetta Sanchez. Son type de femme, pour une photo, était la belle plante aux formes généreuses, l'amazone aux jambes interminables, la femme tankée. Souvent, il photographie d'abord en couleur le mannequin portant une robe griffée, puis il l'invite à se déshabiller et imagine une scène en noir et blanc. "J'acceptais toujours, explique Violetta Sanchez. Chaque fois, il me donnait un portrait dédicacé en cadeau. Il n'y a que lui pour m'avoir dit un jour : "Quand tu seras vieille et moche, tu pourras le vendre."

Les motifs sexuels occultent ses compositions, à la fois modernes et classiques. Presque rigoristes. A Nicole Wisniak, il confie : "L'ordre, j'aime beaucoup cela. J'adore l'efficacité. Je n'ai pas beaucoup de sympathie pour le dilettantisme." C'est palpable dans ses multiples campagnes de publicité pour Yves Saint Laurent, le styliste qu'il admirait le plus par sa façon de façonner la "femme idéale". "J'ai l'impression qu'il a toujours été avec nous, dit Pierre Bergé. Yves laissait Helmut libre." Le sommet de leur collaboration est sans doute ce portrait de femme androgyne avec une cigarette à la main, portant un tailleur pantalon durant l'été 1975. C'est la nuit, rue Aubriot, à Paris, là où il habite à l'époque. La synthèse parfaite entre la poésie de Brassaï et l'expressionnisme allemand. Entre Paris et Berlin.

Le déménagement à Monaco est perçu par beaucoup comme un exil doré. "Tout le monde pensait que sa vie artistique était terminée", raconte June. C'est tout le contraire. Du reste, si les grands photographes ont souvent tout dit à 30 ans, Newton gagne en puissance à 60. Il ne lève pas le pied dans la mode mais il élargit son registre. Jusqu'ici, June était une formidable boîte à idées pour son mari, quand il était en mal d'inspiration. Cette dernière raconte un moment où tout a basculé : "Un jour, il trouvait que je roulais trop vite. J'ai arrêté la voiture, et je lui ai dit : "Tu penses que tu es un génie..." Il m'a répondu : "Non, pas un génie, mais je crois que j'ai un esprit tordu." Il a ajouté : "June, c'est la dernière fois que je serai le passager..." C'était sa façon de me dire qu'il n'avait plus besoin de mes idées. Et il a fait évoluer son style, entreprenant un énorme travail."

CET ÉNORME TRAVAIL, POURSUIVI JUSQU'À SON DERNIER SOUFFLE, est plus froid, féroce, clinique, libre, net - il détestait le flou. Et ouvertement sexuel. Il explore résolument la photo de nu avec ses fameux Big Nudes : vingt et une femmes vêtues de talons aiguilles posent frontalement sur fond blanc. C'est un choc quand on découvre ces très grands formats dans une exposition au Musée d'art moderne de la ville de Paris, en 1984, qui marque l'acte de naissance de l'artiste Newton. Il y a aussi ce fameux diptyque, Sie kommen (1981) : quatre femmes marchent vers nous, d'abord nues, puis élégamment habillées. Cette oeuvre a été vendu 241 000 dollars, chez Christie's, à New York - le record de l'artiste. "Helmut était fasciné par les images de suspects que la police aligne pour identification par des témoins, explique June. Il avait aussi en tête les photos d'identité de criminels au tournant des XIXe et XXe siècles. Il avait enfin découpé dans un journal la photo d'une brigade antiterroriste, en Allemagne, où étaient affichés sur le mur, à taille réelle, des portraits de la bande à Baader. Il a d'ailleurs d'abord nommé la série de nus The Terrorists." Pourquoi Sie kommen ? ""Ils arrivent !", c'est l'exclamation des soldats allemands dans les bunkers, en Normandie, voyant surgir les bateaux ennemis."

Newton ose tout, y compris des photos pornographiques. Avant de recevoir des amis à dîner, il demande à June de lui apporter le poulet qu'une femme, portant un bracelet Bulgari, découpe. "La star, c'est le poulet, pas la femme", commente José Alvarez. Son obstination à tout transformer en photos, chaque jour, peut faire peur. Dès que June veut faire un testament, il biaise : "Junie, laisse-moi faire mes petites photos..." Quand on lui rappelait qu'il était daltonien, il s'amusait : "Ça ne m'a pas empêché de voir."

A voir :


 "Helmut Newton", au Grand Palais, av. Winston-Churchill, Paris-8e. Tous les jours, sauf le mardi, de 10 à 22 heures. De 8 à 11 euros. Jusqu'au 17 juin. www.rmn.fr/helmut-newton

Bande annonce de l'exposition :


Helmut Newton, l'exposition - la bande annonce par Rmn-Grand_Palais
 
Catalogue de l'exposition Helmut Newton, 1920-2004, édition RMN, 256 p., 35 euros.

A lire :


"Helmut Newton. Work", éditions Taschen, 280 p., 39,99 euros.
"Helmut Newton. Sumo", révisé par June Newton, éditions Taschen, 464 p., 99,99 euros.
"Helmut Newton. Polaroids", éditions Taschen, 224 p., 39,99 euros.
"Alice Springs. Photographs", éditions Taschen, 144 p., 29,99 euros.

© Helmut Newton
© Michel Guerin - M Style - Le Monde

Disneyland Paris : un monde à part

Ricardo Cases est un photographe espagnol qui vit et travaille à Madrid. Il a obtenu un diplôme en journalisme à l'université du Pays basque. Dans ses derniers travaux, il s'interroge sur ce que veut dire être espagnol aujourd'hui. "Pas besoin d'aller loin pour se sentir dépaysé", dit-il.

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"Cette série était un défi pour moi. Disney, ça n'est pas mon univers. Mais j'ai pris beaucoup de plaisir à saisir ces scènes étranges. Cela m'a fait penser au monde factice décrit dans le film 'The Truman Show'. "

"Mon ami le cinéaste Luis Lopez Navarro dit que mes images témoignent des aspirations profondes de l'être humain confronté à la société de masse. J'aime bien, ça fait intelligent. Mais je ne cherche pas à transmettre un message à travers mes photos. Chacun y voit ce qu'il veut. "

"Les deux dimensions qui se retrouvent toujours dans mon travail, c'est la curiosité par rapport à mon environnement immédiat et le souci de la couleur. Pour ça, à Disneyland, j'étais servi ! "

"Je n'analyse pas mes images. J'ai un rapport très spontané avec ce que je vois. Si une scène m'intrigue ou m'amuse, j'essaie simplement de la capter. "

Découvrir le reportage de Ricardo Cases sur Disneyland Paris


© Ricardo Cases
© M Style - Le Monde

XXI : numéro 18 en librairie le 05 avril

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Ce numéro de printemps paraît au coeur de la campagne présidentielle française. Lorsqu’il sera remplacé par le numéro suivant sur les tables des libraires, le second tour des législatives aura rendu son verdict. Durant ces trois mois, l’actualité politique aura envahi encore davantage toute la presse française. Toute ? Non, un irréductible trimestriel résiste à cette marée de commentaires ! Le silence de XXI n’est pas une surprise pour les aficionados. Un lecteur maniaque pourra relire nos 3 780 pages publiées depuis janvier 2008 sans y trouver les noms des acteurs politiques français et des candidats à la présidentielle, à part quelques occurrences du président sortant (elles se comptent sur les doigts d’une seule main).

Pourquoi ce choix ? D’abord parce que XXI est une revue francophone, ouverte sur le monde et le coin de la rue. 99 % des lecteurs de XXI habitent en dehors de Neuilly et des quelques arrondissements de Paris où se brassent politiques, journalistes, hauts fonctionnaires, communicants et cadres dirigeants. Deux ou trois petits milliers de « décideurs » vivent dans les mêmes lieux, arpentent les mêmes rues, et leurs enfants fréquentent les mêmes écoles. Évidemment, ils lisent les mêmes médias et s’y retrouvent comme par magie, sans se rendre compte que, lus depuis Ploërmel ou Bergerac, Bruxelles ou de Rio de Janeiro, les quotidiens, les sites d’info et les news français paraissent déconnectés du réel. Ils parlent aux politiques, dans un entre-soi dont les lecteurs sont des spectateurs désabusés. Or c’est justement ce réel qui intéresse XXI.

Il existe une bulle politique comme on parle de bulle immobilière ou de bulle financière. L’espace consacré à la vie politique a connu une inflation proportionnelle au désengagement des citoyens. Dans les années 1960, le grand quotidien populaire qu’était France Soir consacrait six fois plus de place à l’international que Le Parisien-Aujourd’hui en France. La « politique politicienne » est désormais surreprésentée.
Cette bulle est d’autant plus artificielle qu’à l’heure de la mondialisation, l’exercice du pouvoir a changé. Les arbitrages fondamentaux se prennent dans les entreprises transnationales et les ministères selon des règles qui échappent trop souvent au jeu démocratique ou à la transparence. Les décisions majeures sont masquées par une avalanche de communication. Cette discrétion est autant le fait du cynisme que du pragmatisme, car gouverner pour un horizon qui dépasse quelques jours est devenu une gageure. Le brouillage est complet.

À XXI, nous avons fermé la porte de ce journalisme, parce qu’il est devenu inaudible et qu’il a été aspiré par l’immédiat : trois mois, c’est l’éternité pour les polémiques, les soufflés qui retombent et les effets d’annonce. Les lecteurs sont-ils dépolitisés pour autant ? Nous ne le croyons pas. XXI s’intéresse au grand bouleversement du monde, à la vie au ras du sol, à tout ce qui est important et qui dure. C’est une autre manière d’appréhender la politique, par le centre et non la périphérie.

© Laurent Beccaria
© Patrick de Saint-Exupéry
© XXI l'information grand format - http://www.revue21.fr/

L’expo Art Spiegelman à Paris, riche et graphique

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Deux mois après le festival d’Angoulême, l’exposition Art Spiegelman, Co-Mix s’installe à la BPI. C’est une belle rétrospective avec de jolies surprises.

Exposer un maître de la BD, ce n’est pas rien, d’autant plus que le musée d’art moderne lance la rétrospective Crumb dans moins d’un mois. La Bibliothèque publique d’information, dans le Centre Pompidou, présente depuis quelques jours la première rétrospective à Paris du père de Maus et c’est une réussite. Ouverte au public le 21 mars, elle a d’abord été présentée en janvier au festival d’Angoulême présidé cette année par Art Spiegelman.

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Au premier coup d’œil, l’accrochage rassure. L’expo n’a pas lieu dans la petite pièce exigüe à l’entrée de la bibliothèque, un lieu a été isolé spécialement. L’espace presse, dans la salle de lecture, a été gracieusement retranché, des murs ont été posés pour l’occasion. Autre bon point : inutile de faire la queue de la BPI – d’au moins une heure le dimanche –, les visiteurs munis d’un ticket peuvent y accéder côté musée. A l’intérieur de cette galerie aménagée, il y a de la place, le public peut se déplacer sans craindre de gêner la lecture de son voisin.


Maus, une longue frise à l’encre de Chine
L’exposition elle-même présente environ 400 documents parmi lesquels esquisses, éditions originales ou numériques, fac-similés, magazines… Bref, une belle palette de tailles et de couleurs qui se déploient dans plusieurs petits couloirs.

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Le parcours couvre 45 années du travail de l’artiste, depuis ses premières BD comme Blasé, fanzine satirique réalisé à 15 ans, jusqu’au début des années 2000.
L’ensemble est organisé sous formes thématiques. Bien entendu, une grande place est laissée à Maus, seule bande dessinée jusqu’ici à avoir reçu le prix Pulitzer. L’ensemble des planches originales est exposé dans la galerie à la manière d’une longue frise à l’encre de Chine. Une autre est réservée aux péripéties dessinées de Breakdowns, petits récits réalisés par l’auteur façon BD underground depuis 1970.


Des jaquettes de Boris Vian

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Plus originale, l’expo présente les couvertures des numéros de The New Yorker réalisées par Art Spiegelman à partir de 1992. Autres petites merveilles : divers objets de graphisme, et notamment des jaquettes expérimentales réalisées pour des traductions de Boris Vian : L’écume des jours, Et on tuera tous les affreux, etc.
La force de cette exposition repose sur la richesse des images, l’expo est très graphique. Il y a peu de textes explicatifs, mais cela ne gêne pas à la compréhension – ou plutôt l’empathie – des dessins de l’artiste. En plus, les commissaires n’ont pas fait l’accrochage sous verre, évitant le traditionnel fossé entre le public et les œuvres. Un vrai plaisir.

© Bertrand Langlois AFP © Art Spiegelman
© BoDoï
© Gwendal Fossois - http://echosart.com/

Art Spiegelman, Co-Mix à la Bibliothèque publique d’information, Centre Pompidou, du 21 mars au 21 mai 2012.

6MOIS : le numéro 3 en librairie

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Derrière ce numéro, il y a le rire et la joie de vivre de Martina Bacigalupo qui, à chacun de ses passages, a éclaboussé nos bureaux de son énergie. Cette photographe italienne s’est installée au Burundi, petite enclave dans l’immensité du continent africain. « Mais pourquoi as-tu choisi le Burundi ? », lui demanda un jour sa mère. « Et toi, pourquoi as-tu choisi papa ? », lui répondit-elle. « Ah, ton père m’est tombé dessus. » « Eh bien moi, le Burundi m’est tombé dessus. » Tout est dit.
Derrière ce numéro, il y a beaucoup de reportages qui nous sont tombés dessus. En quelques mois, la nouvelle de l’existence de 6Mois s’est propagée parmi les photographes, et les propositions affluent. Nous avons découvert les autres au hasard de nos recherches et des recommandations de celle qui a vu celui qui a vu un reportage, évidemment exceptionnel mais qui ne l’est pas toujours. Parfois, il suffit de trois clics. D’autres jours, nos recherches sont dignes d’un cabinet de détectives. Pourquoi ce reportage emporte-t-il l’adhésion et non celui-là ? L’émotion ne s’explique pas, elle se ressent, parfois physiquement. Des fourmis dans le dos, des yeux embués, un regard hypnotisé… Après, il faut trier et organiser les récits pour qu’ils se répondent.
Derrière ce numéro, il y a la démarche chaloupée de Guillaume Bonn, et sa question au bout de deux rendez-vous de travail sur ses photos du Kenya : « Au fait, est-ce que vous payez les photographes pour la publication ? » L’interrogation en dit long sur une profession qui a pris l’habitude d’être malmenée et rémunérée en monnaie de singe (la vitrine de la publication ou de la vente en galerie contre la gratuité des photos). C’est justement contre cette inversion de l’ordre des choses que 6Mois s’est construit.
Derrière ce numéro, il y a la découverte de quelques photos en couleurs sur la Chine de Mao, qui s’affichent sur le site d’une galerie à Pékin, nos courriels et nos appels restés sans réponse. Reporter indépendant en Chine, Jordan Pouille est appelé à la rescousse. Il remonte le fil jusqu’à l’auteur des images, qui vit désormais dans un HLM pékinois et dont le destin vaudrait dix livres. Dans le fouillis de ses CD-ROM en forme de boîte à trésors, au milieu de ses photos de famille, il déniche des centaines d’images qui disent la folie maoïste.
Derrière ce numéro, il y a la passion d’Evguenia Arbougaïeva, installée à New York mais qui n’a jamais oublié sa Sibérie natale et la petite fille heureuse qu’elle a été dans le froid et le vent du Grand Nord russe. Il y a la voix de Mohammad Golchin, depuis ses montagnes, au bout d’une ligne qui coupe toutes les demi-heures, racontant en farsi la vie des écoliers iraniens, si proches, si loin. Derrière ce numéro, il y a le travail des journalistes de la rédaction de 6Mois à la recherche des compagnons du devoir allemands, qui n’ont pas hésité à passer le réveillon du Nouvel An dans une boîte heavy métal à Freibourg, ou à remonter la piste des propriétaires de navires échoués en Méditerranée, en faisant du porte-à-porte sur les quais de Sète ou en passant des jours à débusquer les sociétés écrans dans les paradis fiscaux.
Derrière ce numéro, il y a tant de rencontres et de discussions qu’une page d’éditorial n’y suffit évidemment pas. A partir d’aujourd’hui, une autre histoire va prendre la place de notre agitation. Une fois imprimé, 6Mois vous appartient. Les images et les mots prennent un autre sens, puisque vous les découvrez sans jamais en avoir entendu parler, sans connaître les visages ni la voix des auteurs. Vous les lisez avec votre mémoire, votre sensibilité et votre curiosité. Une autre histoire commence : la vôtre.
© Laurent Beccaria, © Patrick de Saint-Exupéry © Marie-Pierre Subtil

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Photographes, publiez votre livre photo !

Au même titre qu'une exposition, un livre est un formidable aboutissement pour un photographe. C'est un signe de réussite et de succès, une manière de laisser une trace. Il est surtout l'un des meilleurs moyens de se faire connaître, y compris à l'étranger, et de démarcher galeristes et autres clients potentiels. Alors que la production de beaux livres de photographie a fortement augmenté depuis le début des années 1990, témoignant du dynamisme de petits éditeurs et de photographes indépendants au fait du développement des techniques de mise en pages et d'impression à la demande, elle reste encore obscure et mal maîtrisée pour certains. Photographes, publiez votre livre photo! décrit le processus complet de réalisation, de promotion et de diffusion d'un livre de photographie que l'on souhaite s'autoéditer ou confier son projet à un éditeur ! Des interviews de professionnels (photographes, éditeurs, graphistes, agents, galeristes.. .) apportent un éclairage concret aux propos des auteurs. De nombreuses informations pratiques (adresses de librairies, éditeurs, imprimeurs, entre autres) sont, en outre, regroupées en annexe et aideront le lecteur à se lancer dans un projet de publication.
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Photographes, publiez votre livre photo !
de Darius D Himes, Mary Virginia Swanson
Editeur : Eyrolles
Parution : 1 Mars 2012

SOURCE : http://www.evene.fr/livres/livre/darius-d-himes-mary-virginia-swanson-photographes-publiez-votre-851459.php
SHOP : http://livre.fnac.com/a3897800/Marie-Virginia-Swanson-Photographes-publiez-votre-livre-photo-?Origin=PA_EVENE_CULT_L3

Le métro new-yorkais de Luc Dratwa

Le photographe belge expose en ce moment à Bruxelles, il présente une série de photos du métro new-yorkais intitulée « Subway ».
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C’est en 2010 et 2011 que le photographe autodidacte s’est plongée dans les entrailles de Manhattan pour créer cette série de 54 tirages grand format qu’il propose au visiteur à Bruxelles. Luc Dratwa a exposé sa première série sur New-York en 2009, intitulée « Windows » et revient aujourd’hui avec « Subway ».

Grâce à ces photos, il nous montre une vision réaliste du métro new-yorkais … Une vision réaliste et belle à la fois, car dans chacun de ses clichés, la rame de métro, la perspective ou encore le quai sont « sublimés ».
Il joue avec la lumière, les contrastes, les perspectives pour proposer un travail harmonieux, que vous pouvez découvrir à la Young Gallery, 75B avenue Louise Wiltcher’s Place à 1050 Bruxelles, jusqu'au 8 avril.

SOURCE : http://www.rtl.be/loisirs/sortir/expo/732695/subway-le-metro-new-yorkais-photographie-par-luc-dratwa

Brassaï : sa rencontre avec Matisse

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La Ville de Nice vous invite à découvrir deux expositions consacrées à l’œuvre de Brassaï proposées simultanément par le musée Matisse et le Théâtre de la Photographie et de l’Image, intitulées : Brassaï photographe. Sa rencontre avec Matisse. Les vernissages de ces expositions se dérouleront le même jour en présence de Muriel Marland Militello, adjointe déléguée au Rayonnement Culturel, aux Affaires Européennes et à l’Organisation des Jeux de la Francophonie. Le vendredi 24 février 2012 à 12 heures 30 au Théâtre de la Photographie et de l’Image et à 19 heures au musée Matisse. Le Théâtre de la Photographie et de l’Image propose un large panorama de l’œuvre photographique de Brassaï. Le musée Matisse expose des images choisies selon des thématiques mettant en relation les œuvres du peintre et du photographe.

Cette exposition rend hommage au legs de Gilberte Brassaï, consenti à la Ville de Nice au profit du musée Matisse et réalisé en 2011.
C’est sous ce pseudonyme de Brassaï, qui signifie « de Brassó »  tiré de son lieu de naissance, que Gyula Halász a su s’imposer comme l’un des plus grands photographes du XXe siècle. Evoluant au cœur du Paris artistique des années vingt, reconnu pour ses clichés du Paris nocturne dès 1932, il ne s’est pourtant jamais laissé enfermer dans cette seule activité. Artiste protéiforme, il a également touché à la littérature, le dessin, la sculpture et s’est emparé de la photographie comme seul un artiste peut le faire.

Théâtre de la Photographie et de l’Image Charles Nègre 27, boulevard Dubouchage - Nice - 33 (0)4 97 13 42 20 - www.tpi-nice.orgOuvert tous les jours de 10h à 18h sauf le lundi et certains jours féries - Entrée libreMusée Matisse 164, avenue des Arènes de Cimiez – Nice –33 (0)4 93 81 08 08 (rens.) Ouvert tous les jours de 10h à 18h sauf le mardi et certains jours fériés.

SOURCE : http://www.pacainfoeco.com/actune/2012/fevrier_2012/120216.expo_brassai_nice.php

Le World Press Photo décerné à Samuel Aranda

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Le photographe espagnol Samuel Aranda a remporté le World Press Photo Award 2011 pour un cliché pris au Yémen montrant une femme portant le voile intégral et tenant dans ses bras un proche blessé.

SOURCE : http://www.liberation.fr/medias/11011847-le-world-press-photo-decerne-a-samuel-aranda#s1

SELECTION WORD PRESS 2012 : http://www.lefigaro.fr/culture/2012/02/10/03004-20120210DIMWWW00443-la-compassion-au-coeur-du-world-press-2011.php

Zanele Muholi, photographe sud-africaine

La condamnation de quatre hommes jugés pour avoir assassiné une jeune femme de 19 ans en 2006, dans le township de Kayeliltsha au Cap, parce qu’elle était homosexuelle, a fait reparler du sort des lesbiennes noirs en Afrique du Sud. La photographe Zanele Muholi, dont l’œuvre a été récompensée à Bamako notamment, est l’une de celles qui se battent le plus pour que ces femmes soient mieux protégées et qu’elles puissent vivre leur vie et leur sexualité librement, comme les y autorise la Constitution.

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SOURCE : http://www.rfi.fr/emission/20120211-zanele-muholi-photographe-sud-africaine

Leonora Hamill et Éric Pillot récompensés par le 17e prix HSBC

Le prix HSBC pour la photographie récompense chaque année deux photographes.

Pour le prix 2012, 500 photographes ont participé au concours et ont envoyé pas moins de 10 000 photographies. Le jury en a retenu 13, puis deux lauréats ont finalement été désignés : Leonora Hamill et Éric Pillot. Pour le conseiller artistique de cette 17e édition, le critique d’art espagnol Rafael Doctor Roncero, ces propositions traduisent selon lui autant de «façons de penser la photographie».

Avec Art in Progress, la franco-britannique Leonora Hamill a mené «une étude de la condition humaine à travers une typologie concrète de ses espaces : les écoles d’art et leurs ateliers d’artistes», selon Roncero.Pour lui, «il s’agit sans doute d’un grand travail, auquel s’ajoute une importante charge sociologique, où l’on perçoit la recherche d’une esthétique froide capable de présenter de la manière la plus directe ces espaces habituellement surchargés d’éléments et de formes.» Née en 1978, Leonora Hamill vit et travaille entre Londres et Milan. Elle est diplômée du Royal College of Art de Londres. Elle a déjà été primée à plusieurs reprises.

Avec sa série, In situ, le Français Eric Pillot a posé «son regard sur les animaux vivant en captivité près de nous en tant qu’éléments d’attraction pour nos loisirs», et a dressé un «portrait de l’état de désolation de ces êtres vivants», à l’intérieur de ces zoos, explique Rafael Doctor Roncero. Né en 1968 dans le Pas-de-Calais, Eric Pillot vit et travaille à Paris. Après des études scientifiques (Ecole polytechnique, agrégation de mathématiques), il s’est formé à la photographie auprès de Bernard Plossu, Paul den Hollander et Jean-Claude Bélégou.

Comme chaque année, les deux lauréats bénéficieront chacun d'une exposition itinérante de leurs œuvres dans quatre lieux culturels en France et/ou à l’étranger, ainsi que la publication d'une monographie éditée aux éditions Actes Sud. Par ailleurs, HSBC France acquiert six œuvres minimum de chacun des lauréats pour son fonds photographique. En 2011, le prix avait récompensé la Mexicaine Alinka Echeverria et le Chinois Xiao Zhang.

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SOURCE : http://next.liberation.fr/arts/01012390623-photo-leonora-hamill-et-eric-pillot-recompenses-par-le-17e-prix-hsbc
CREDIT PHOTO : Singe et Portrait d'Eric Pillot

Ai Weiwei à Paris: la photographie en porte-voix

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L'artiste chinois Ai Weiwei, qui n'est pas autorisé à quitter Pékin, affiche pour la première fois à Paris son travail de photographe, témoin de son combat inlassable en faveur de la liberté d'expression.

L'exposition "Ai Weiwei. Entrelacs", qui ouvre mardi au Jeu de paume, va permettre au public français de découvrir cet observateur critique de la société chinoise, dont la détention au secret pendant 81 jours au printemps a suscité l'indignation internationale.
Libéré sous caution le 22 juin, le plasticien contestataire de 54 ans a retrouvé son atelier mais il est tenu de rester dans la capitale chinoise. Amaigri par sa longue détention, l'artiste reste "fort" et "déterminé", déclare à l'AFP Lucas Lai, son assistant pour cette exposition.

Ai Weiwei, qui n'est pas censé rencontrer la presse, est passé outre, accordant plusieurs interviews à l'occasion de l'exposition. Il explique ainsi à Paris-Match qu'il n'envisage pas de quitter son pays car "l'exil serait une défaite".
"Je dois continuer à chercher des possibilités de m'exprimer dans un environnement hostile. Seule la mort peut m'empêcher de continuer", confie l'artiste qui s'est formé notamment à New York dans les années 1980 avant de regagner la Chine en 1993, son père, le poète Ai Quing, étant tombé malade.

"Ai Weiwei est en forme actuellement. Il crée de nouvelles sculptures. Mais il continue à être convoqué chaque semaine au poste de police où il passe à chaque fois plusieurs heures", déclare à l'AFP Urs Stahel, directeur du Fotomuseum Winterthur (Suisse) et commissaire de l'exposition qui se tient jusqu'au 29 avril.

Tout à la fois architecte, sculpteur, photographe, blogueur et désormais adepte de twitter, Ai Weiwei est un "artiste de la communication", qui utilise ses photographies comme des documents, souligne Urs Stahel.
Depuis la fermeture de son blog en 2009 par les autorités chinoises, Twitter est devenu pour lui un moyen "très efficace" pour communiquer et envoyer des photos depuis son téléphone portable, souligne Lucas Lai.
Ai Weiwei est un artiste provocateur. En juin 1994, cinq ans après les événements de Tiananmen, il photographie sa fiancée sur la place. Une banale photo touristique à un détail près : la jeune femme a relevé sa jupe, laissant voir sa culotte. Derrière elle, le portrait de Mao et des gardes en uniforme.

Un an plus tard, Ai Weiwei réalise sa première "étude de perspective" sur la place Tiananmen. En fait, un "doigt d'honneur" pointé en direction des bâtiments, qu'il a décliné par la suite devant des monuments du monde entier, Tour Eiffel comprise. Une façon d'inviter le spectateur à remettre en question le respect envers toutes les formes de pouvoir établi.
L'artiste photographie les bouleversements urbains liés au développement économique de la Chine. Ses "paysages provisoires" (2002-2008) figent les terrains vagues nés de la destruction des maisonnettes typiques, avant que ne surgissent d'immenses buildings.
Il travaille comme conseiller artistique pour le stade de Pékin, le "Nid d'oiseau", réalisé par les architectes Jacques Herzog et Pierre de Meuron pour les Jeux Olympiques de 2008. Mais il prend ses distances, reprochant au gouvernement d'utiliser ces jeux à des fins de propagande.

Avec les autorités chinoises, les choses se gâtent vraiment après le tremblement de terre de mai 2008 dans la province du Sichuan (sud-ouest). Ai Weiwei est frappé par le nombre de cartables d'écoliers dans les décombres des bâtiments scolaires construits à la va-vite. Il se met en tête de publier une liste des enfants morts sur son blog, qui est fermé peu après.

SOURCE : http://www.lepoint.fr/culture/exposition-du-chinois-ai-weiwei-a-paris-la-photographie-en-porte-voix-22-02-2012-1433987_3.php
INFOS EXPO : http://www.jeudepaume.org/index.php?page=article&idArt=1500&lieu=1

Youssef Nabil à la MEP

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La Maison Européenne de la Photographie propose une auto-rétrospective de l'oeuvre intiée en 1992 du photographe d'origine égyptienne Youssef Nabil, celui-ci ayant choisi personnellement les clichés exposés, présentée comme révélatrice d'"un travail subtil de coloriste à mi-chemin entre photographie et peinture".

Son registre : le portrait posé en studio, de préférence de personnalités people du monde des arts (cinéma, musique, art contemporain), avec un goût avéré pour l'autoportrait narcissique et la photo homoérotique (absente à la MEP).
Sa technique : la photographie-peinture à partir d'un tirage argentique en noir et blanc.
Son style : une colorisation à la main avec un lissage important entraînant simultanément un aplatissement des reliefs donnant un effet de masque et un effet lifting digne du meilleur logiciel de retouche utilisé sans modération. Ainsi, par exemple, sont effacées les 38 années qui séparent Charlotte Rampling et Alicia Keys.

Youssef Nabil indique que son travail constitue une déclinaison contemporaine d'un art traditionnel en Egypte qui consistait en la colorisation manuelle des affiches des films de l'âge d'or du cinéma égyptien des années 40-50, films qui ont bercé son enfance bien qu'il soit né en 1972.

Youssef Nabil : des portraits à gogo

Ce qui suscitera sans doute davantage l'attention, la curiosité ou l'étonnement des visiteurs, que la galerie documentaire de portraits de vieux pêcheurs yéménites et les mièvres autoportraits de l'artiste dans lesquelles il faut voir une réflexion sur l'écoulement du temps et la mélancolie de l'exil (Youssef Nabil vit depuis 10 ans à New York, haut lieu de la diaspora artistique), ce sont les portraits de stars.

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Orientalisme oblige pour "la rose pop du Caire", la chanteuse Natacha Atlas,
Belle janusienne, elle apparaît version prude, en odalisque pudique dans la pose d'une Pauline Borghèse Bonaparte en Vénus telle que statufiée par Canova, et version érotique, en danseuse tenant de manière inhabituelle mais suggestive la pipe du narguilé entre ses seins.

Les autres, en portrait rapproché, sont soumis au même protocole esthétique, aplatis sur un fond uni bleu, du bleu layette au bleu céruléen du quattrocento, qui en accentue le caractère sulpicien.

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Une cimaise est spécialement dédiée à un quadriptyque particulièrement sidérant : la chanteuse Alicia Keys, les actrices Charlotte Rampling et Catherine Deneuve et Marina Abramovic, "la grand-mère de l'Art performance", vêtues de noir et la tête couverte d'un voile noir.
Dans ces femmes voilées, d'aucuns voient des madones ou des saintes...

SOURCE : http://www.froggydelight.com/article-11588-Youssef_Nabil.html
INFOS EXPO : http://www.mep-fr.org/expo_1.htm

Berenice Abbott, image par image

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L'“héritière” américaine du photographe Eugène Atget a fait son chemin entre Paris et New York. Portraits, photos scientifiques et témoignages urbains… tout est au Jeu de paume, à Paris, jusqu'au 29 avril.

Le portrait d'Eugène Atget accueille le visiteur de l'expo­sition Berenice Abbott au Jeu de paume, à Paris. Forcément. Comment aurait-il pu en être autrement ? Pour la photogra­phe américaine, tout commence vraiment avec la rencontre de ce beau vieillard. Beau et usé d'avoir trimballé pendant des décennies sa lourde chambre photographique en bois sur les pavés du Vieux Paris promis à la démolition. Il pose de profil, dans un manteau élimé, trop grand, trop lourd pour ses épau­les qui s'affaissent. En cette année 1927, Atget vient de perdre la femme de sa vie. Abîmé dans le chagrin, il a tout de même accepté de se laisser photographier par l'Américaine, sa voisine de Montparnasse, qui lui voue une admiration sans borne. Elle est subjuguée par ses clichés de vieilles façades, de ruelles saisies à l'aube, désertes, fantomatiques, de portes anciennes, de vieilles fontaines, de heurtoirs emplis de poésie.
Ce misanthrope cultivé doit lui aussi être séduit par cette jeune femme aux cheveux courts habillée à la garçonne. Une originale au caractère entier. Comme lui. Issue d'une famille pauvre de l'Ohio, Abbott a fui dès ses 18 ans son Midwest natal et conventionnel n'ayant que le mariage à lui promettre en guise d'avenir. Elle s'est mêlée à la bohème de Greenwich Village, à New York, avant de s'embarquer avec six dollars en poche sur un transatlantique pour le Paris des Années folles et des avant-gardes artistiques. D'abord embauchée par Man Ray comme assistante dans son florissant studio à Montparnasse, elle ouvre deux ans plus tard son propre atelier et devient - elle aussi - célèbre pour ses portraits, ici exposés. Elle fixe les facéties de Cocteau cajolant une poupée, la ténébreuse silhouette de Gide, l'élégance racée de James Joyce. Et Atget, remarqué un temps par les surréalistes, mais qui vit dans l'isolement et la misère.

Tout commence par une fin Le vieil homme meurt quel­ques jours après la prise de vue. La jeune femme rachète son fonds d'images et réussit à force d'articles, de livres, de conférences, d'expositions à faire reconnaître son œuvre - imposant à chaque fois que les images d'Atget soit présentées dans les galeries de Paris, Stuttgart ou New York, à côté des siennes. Le style documentaire du Français, sobre, poétique, va profondément influencer Walker Evans, Bill Brandt ou Henri Cartier-Bresson, et toute la photographie du XXe siècle. Une bien belle histoire. Mais souvent les biographes ne considèrent Abbott que pour cela. Alors que, pour elle, tout ne fait que commencer.
En 1929, la jeune femme retourne à New York pour une courte visite. En huit ans, la métropole s'est métamorphosée. Abbott est grisée par l'énergie de cette ville qui se met debout, se dresse en pleine dépression économique avec ses gratte-ciel constellant désormais Manhattan. Elle quitte Paris et son prospère studio pour témoigner de la disparition d'un monde. Comme Atget pour Paris, chamboulé par les chantiers d'Haussmann.

New York en chantier

Abbott attend, cinq ans, un soutien institutionnel, en l'occurrence l'aide gouvernementale du New Deal. Au cœur de la grande dépression, rien ne l'abat. Elle enregistre les traces d'un monde ancien avec ses vieilles boutiques de statuaire, ses colporteurs et leur charrette à bras. Elle témoigne de l'émergence d'un nouvel ordre qui réduit tout sur son passage. Du sommet d'un gratte-ciel, elle résume l'affaire par une plongée vertigineuse sur un vieux quartier de Broadway et son église, encerclé, minuscule, englouti par les murailles de béton. En 1939, Abbott publie Changing New York, un témoignage sans équivalent sur ses dix années de prospection. Comme elle l'avait déjà fait en 1930 avec l'édition d'Atget, photographe de Paris, de part et d'autre de l'Atlantique.
Pour la photographe, la publication de livres est fondamentale. Cela permet de diffuser un savoir. Professeur à l'école d'avant-garde New School of social research, elle croit au pouvoir éducatif de l'image, « une façon d'initier les personnes de tous âges et de toutes conditions aux réalités de notre monde ». A condition que les clichés soient pris dans un esprit documentaire, « réaliste », « sans effet artistique ». L'esprit d'Atget, qui concevait ses photos comme une simple documentation pour ses clients - des peintres, des sculpteurs, des architectes.
A peine son travail sur New York achevé, elle se lance dans la photographie scientifique. La vulgarisation de la science est, selon elle, le grand défi à relever. Encore une idée pionnière qu'elle mène pendant dix-huit ans en solitaire, sans soutien, jusqu'au lancement du Spoutnik en 1957. « J'en ai sauté de joie, c'était la fin de mes soucis », dit-elle. Et elle avait raison. Paniqués par l'avance technologique de l'URSS en pleine guerre froide, les Etats-Unis mettent très vite le paquet sur l'enseignement scientifique. Engagée par le Massachussetts Institute of Technology (MIT), elle réalise des images sur des principes de physique, destinées aux ouvrages scolaires. Elle comparait ses clichés de champs magnétiques, de réfraction d'ondes aquatiques, de structures de bulles de savon - rendus possible par d'ingénieuses inventions techniques de son cru - à des « portraits intimes de la pensée scientifique ». Elle adorait ces photos, « les plus réalistes » de son travail, disait-elle.


Cette rétrospective - la première en France - raconte ce parcours hors norme d'une pionnière, ayant également parcouru (en 1954) six mille kilomètres de la côte Est pour documenter un mode de vie américain en voie de disparition. Toujours sans soutien. Berenice Abbott était combattue par les cénacles artistiques tenus par les hommes. « Le monde redoute les femmes indépendantes. On ne les aime pas. Pourquoi ? Je l'ignore et je m'en moque », disait-elle, peu avant sa mort en 1991, à l'âge de 93 ans.

SOURCE : http://www.telerama.fr/scenes/photographies,78350.php
INFOS EXPO : http://www.jeudepaume.org/index.php?page=article&idArt=1499&lieu=1

"No body" Venez voir le silence !

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Guetter le silence.
Suspendre, le temps d'un cliché, la course folle du temps.
S'adonner à la fascinante contemplation du vide, perché sur d'étroites marches d'escaliers à fleur de rochers, au bord d'une route désertée, sur le rivage d'une mer aux reflets rosés. Guetter le silence, recueillir ses confidences et les photographier.

No body


Numérique couleur
Nikon D70
Graphique
10 photographies
Octobre 2007 - ISRAEL

© PHOTOS : Nicolas DUFLOS - www.degrainsdepixels.fr
© TEXTE : Hélène DUFLOS


Découvrir la série

Raymond Cauchetier, photographe de la Nouvelle Vague chez Polka

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La galerie Polka présente jusque au 3 mars 2012 les tirages du photographe des plateaux de cinéma de la Nouvelle Vague Raymond Cauchetier. Elle propose également ses tirages sur l' Indochine. A côté de cette exposition, la galerie expose aussi les photos sur la Chine d' Alexander Gronsky.Jean Paul Belmondo, l’Indochine et Marcel Camus.

Tout le monde a vu et se souvient de cette photo où l’on voit Jean Paul Belmondo descendre les Champs Elysées les mains dans les poches avec à ses côté la magnifique Jean Seberg. Il souffle dans cette célébrissime photo un vent d’impertinence et de liberté, c’est la marque de fabrique de Raymond Cauchetier, photographe de la Nouvelle Vague. Mais Raymond Cauchetier débute comme grand reporter en Indochine , à la fin de ce conflit, il rencontre au Cambodge Marcel Camus qui réalise un film sur place "Mort en fraude" et lui propose de venir sur le tournage. La vie de Raymond Cauchetier bascule.

Raymond Cauchetier devient photographe de plateau. Pendant dix ans il travaille avec les grands réalisateurs de la Nouvelle Vague: Melville, Truffaud, Godard, Tavernier, Chabrol. Son œil aiguisé lui permet de s’ imposer et il déclare «  ce qui est bon pour le cinéma n l’ est pas forcément pour le photographe ». Alors il invente une nouvelle technique : il n’ hésite pas à, demander aux acteurs de rejouer une scène pour lui, c’est le cas pour Belmondo et Jean Seberg sur les Champs Elysées. Raymond Cauchetier a inventé un métier à part entière: photographe de plateaux de cinéma.
 
Autre photo mythique de la Nouvelle vague: Jeanne Moreau , Oskar Werner et Henri Serre lors du tournage de Jules et Jim. La structure du pont suggère une cage dans laquelle il y a trois drôles d’oiseaux épris de liberté. Tout l’ intérêt réside dans le contraste entre la structure métallique et les attitudes des personnage. La tenue de Jeanne Moreau renforce encore cette idée. Amusez vous à retirer l’ architecture métallique du pont et la photo fonctionne trois fois moins bien. Raymond Cauchetier a su saisir le moment le plus intéressant. J' ai toujours adoré cette photo, un beau symbole de liberté.

En 1967 au Cambodge il réalise une photo qui repose entièrement sur un contre jour. Les personnages deviennent des formes noires comme ces tâches à l’encre de Chine des peintures asiatiques. En quelques éléments Raymond Cauchetier parvient à résumer un  pays: Le buffle symbolise l’ agriculture , la femme légèrement déhanchée la fragilité et la sensualité, l’ enfant qui regarde le photographe: la démographie et l’ avenir. L ‘aspect symbolique de cette photo, quasi religieuse, est renforcé par la courbe des arbres et la forte lumière qui, encadrent la femme à l’enfant. Autre photo saisissante, au Vietnam il photographie celui qui filme: Pierre Schoendoeffer qui réalise le film « La section Anderson » pour lequel il obtiendra un Oscar. Deux personnages, le cinéaste au premier plan et celui du fond sont nets alors que les autres apparaissent comme des formes flous, une façon de souligner le fragilité des vies en temps de guerre. Raymond Cauchetier explique et suggèrent à la fois et une fois de plus il joue sur la notion de contraste. 

Galerie Polka: 12 rue Saint Gilles. 75003 paris.

La maison de la photographie dévoile une rétrospective de Youssef Chabil

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Le photographe égyptien affiche sa première rétrospective en France à la Maison de la Photographie.
Youssef Chabil a choisi d'exposer soixante clichés représentatifs de son travail de portraitiste et intime. Le photographe égyptien se photographie lui-même et aussi les grandes personnalités du monde artistique comme Catherine Deneuve, ou Fanny Ardant. Le cinéma français adopte ainsi la scénographie des films égyptiens.
Entre chorale de pêcheurs yéménites anonymes, étoiles du cinéma, l'artiste contemporain Youssef Chabli fige dans son appareil le monde qui l'entoure, à coups de voiles noirs de dentelle et portrait au fond blanc. Le paradoxe du Moyen-Orient en images d'un artiste exilé volontaire de la terre d’Égypte.

Maison européenne de la photographie - Paris (75004) Dates : du 17 Janvier 2012 au 25 Mars 2012

La vache, nouvelle égérie du photographe Jean-Baptise Mondino à la Milk Factory

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Quelques jours avant l'ouverture du Salon international de l'agriculture (25 février - 4 mars, Paris, Porte de Versailles), les vaches deviendront les stars d'une exposition à la Milk Factory, une galerie parisienne dédiée à transformer les produits laitiers en objets d'art. Sous l'objectif du célèbre photographe Jean-Baptiste Mondino, la vache prénommée Hermione s'affiche comme un véritable mannequin, coiffée par les plus grands couturiers, tels Thierry Mugler ou Marie Mercié.

La manifestation, intitulée Oh la vache !, démarre le 17 février.

Photos en noir et blanc, clichés de trois-quart... Les vaches sont les nouvelles égéries du travail du photographe Jean-Baptiste Mondino, qui expose pour la première fois à la Milk Factory, à Paris. Du 17 février au 28 avril prochains, les curieux découvriront une série de 21 clichés qui présentent toutes les facettes de bovins mis sur leur 31. Le photographe s'est en fait intéressé à une seule vache, prénommée Hermione, pour décliner différents portraits.
Le bovin est coiffé par de grands couturiers, à l'image de Thierry Mugler et Marie Mercié.
Oh la Vache ! Du 17 février au 28 avril 2012 Milk Factory, Paris 11e Entrée libre, du mardi au samedi de 13h30 à 19h

Il transforme ces photographies vintages en supers-héros

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À partir de vieux clichés de votre arrière grand-père ou d’un aïeul très éloigné, ce graphiste redonne vie au passé en transformant ces derniers en super-héros de comic books!

Avec beaucoup de talent et d’imagination, Alex Gross transforme de vieilles photos surannées datant de plus d’un siècle en clichés tout à fait modernes, où vos lointains ancêtres se trouvent tout à coup transformés en supers-héros délirants! Mêlant sans complexe personnages à l'apparence impeccable appartenant au XIXème siècle avec des accoutrements très modernes empruntés à l’univers des comic books, l’illustrateur californien Alex Gross imagine ici tout un univers fantasque et débridé où seule la créativité à le droit de citer! Avec humour l'artiste vous customise ainsi un lointain grand-oncle en Superman, votre arrière arrière grand-père en Dark Vador ou encore cet ancêtre portant moustaches et favoris façon Batman!

Un travail qui fait autant appel à l’imagination qu'aux talents hors pairs du graphiste, mixant dans un joyeux fourre-tout photographies et peintures dans la dérision la plus totale. Entre surréalisme, manipulations numériques et customisation à l’ancienne, le travail surprenant et atypique d’Alex Gross ne vous donnera plus jamais l’occasion de feuilleter votre album de famille de la même façon!

Découvrez les photographies retouchées d'Alex Gross en cliquant ci-dessous:
http://www.gentside.com/photographie/decouvrez-nos-aieux-transformes-en-supers-heros_art34686.html

L'étrange univers de Corinne Mercadier

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Une rétrospective de plus de 60 oeuvres témoigne de la singularité de la photographe qui place au coeur de son oeuvre le polaroïd.

« Je ne cherche pas à documenter le monde. Je veux fabriquer mon propre point de vue », confie Corinne Mercadier. Et il est vrai qu'elle a une particularité, sa façon de voir, et les procédés qu'elle utilise pour la retransmettre aussi.

D'ailleurs tout est lié dans cette histoire d'amour avec la photographie, pour elle qui depuis toujours utilise le polaroïd. Et pour comprendre sa démarche, quelques informations sur ses techniques restent utiles.
Car la photographe travaille en trois temps. D'abord elle saisit ses clichés dans un format 24 X 36 façon classique. Puis dans un deuxième temps, elle les photographie avec son polaroïd SX 70. Enfin de ces petites photos carrées, elle va procéder à un agrandissement.

À chaque étape se produit donc une perte. C'est de cette façon que Corinne Mercadier coule son miel « Peu à peu on sort de l'idée du réel. » Passer par le filtre du polaroïd crée l'accident. De nouvelles ombres apparaissent, quand d'autres zones s'effacent, englouties par l'élargissement des grains. La perte de définition, l'aspect « désaturé », vont produire cette sensation de bizarrerie pour mieux révéler une véritable écriture.

« Je mène un travail sur l'artifice, le dévoiement de la perception. » De simples scènes de genre, une futile photo de vacances au bord de la mer, se voient dotés d'une atmosphère d'étrangeté.
Comme un sentiment indéfinissable, l'impression d'évoluer dans un autre univers. Pour certaines séries, Corinne Mercadier fabrique d'insolites objets volants, qui viennent intégrer ses scénarios. « C'est leur mouvement dans l'air qui m'intéresse » De curieuses formes aléatoires viennent encore de brouiller les pistes.

Mais les techniques évoluant, et d'autres comme le polaroïd disparaissant, la photographe a su prendre son virage. Officiant au numérique, elle nous offre l'avant-première d'un triptyque d'un nouveau genre.
Sous un aspect théâtral, se déroule une scène extraordinaire sur la piste d'un aéroport. Des pneus s'envolent comme des anneaux de Saturne. À travers un ciel noir qui absorbe tous ceux qui l'observent, se dégage une atmosphère sombre, tragique. Les couleurs sont subtiles, flirtant à lisière du noir et blanc.

Jusqu'au 4 mars, à l'Atelier, 1, rue de Châteaubriand à Nantes. Du mardi au samedi de 13 h à 19 h et dimanche de 10 h à 15 h.

Hasselblad fait sa TV


Sur l'Hasselblad tv, on trouvera un contenu vidéo très varié : des tutoriels pour apprendre à se servir des boitiers moyen format Hasselblad, pour trouver son flux de travail avec le logiciel Phocus mais aussi des vidéos sur les nouveautés Hasselblad ou encore des événements photo. On pourra également visionner des vidéos envoyées par des photographes du monde entier qui utilisent des appareils Hasselblad.

Plusieurs langues sont proposées, parmi lesquelles le français. Mais pour l'heure, la majeure partie des vidéos sont en anglais et aucun outil de navigation ne permet de trouver rapidement les tutoriels en français, noyés dans les vidéos en anglais, italien, allemand ou même en chinois. Participative et communautaire, la chaine Hasselblad tv invite également "tout le monde, des étudiants aux professionnels, qu'ils aient loué un appareil photo Hasselblad ou qu'ils en possèdent un, à envoyer leurs vidéos montrant des photos, des histoires et des évènements intéressants." indique la présentation du Suédois. Chaque vidéo est naturellement agrémentée de ses boutons "réseaux sociaux" pour partager le contenu sur Facebook, Twitter, Google +, etc.

On accède à l'Hasselblad tv sur son ordinateur, Mac comme PC, mais aussi via son iPhone ou son iPad à l'adresse : htv.hasselblad.com. Si l'envie vous en prend de raconter votre histoire commune avec votre "Blad", il suffit pour cela de cliquer sur le bouton "submit video to HTV" situé en haut de la page web.


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Magnum photographie l'amour, pas que la guerre

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L'agence Magnum Photos succombe à la Saint-Valentin. Cinq de ses photographes de renom installeront samedi des studios de portraits éphémères dans de grands hôtels parisiens pour immortaliser des couples, à l'occasion de la fête des amoureux.
Chaque Valentin pourra venir avec sa Valentine, sur rendez-vous, se faire tirer le portrait par les photographes Steve McCurry, Antoine d'Agata, Bruce Gilden, Paolo Pellegrin et Christopher Anderson, installés pour la journée du 11 février dans quatre suites d'hôtel à la mode et un cinéma MK2.

La photographie signée coûtera entre 250 et 400 euros selon le format choisi. La réservation est indispensable.

Une sélection des portraits de couples sera ensuite présentée au public chez Colette, boutique chic rue Saint-Honoré à Paris, à partir du 14 février. Chaque couple pourra également participer à un tirage au sort pour tenter de gagner une nuit dans l'hôtel où il se sera fait photographier.

Cette opération s'inscrit dans le cadre de la quatrième édition des Magnum Days, opération destinée à mieux faire connaître l'agence au grand public. Baptisée In love with Magnum Photos, elle se déroulera du 11 au 14 février dans ces cinq lieux mais aussi dans les locaux de l'agence et à la galerie Magnum. Un livre objet cartes-postales In Love a été édité pour l'occasion.

«Pour cette édition spéciale autour du couple et de l'amour et des vingt ans de Solidarité Sida, 20% des bénéfices de cette opération seront reversés à l'association», précise l'agence.
«Cette opération n'est pas un outil commercial. Nous voulons partager avec le public, Nous photographions souvent la guerre. Là, nous avons choisi l'amour», ajoute-t-on.

L'agence Magnum Photos avait déjà installé en juin un studio éphémère afin de permettre à tout un chacun de se faire tirer le portrait par les photographes Martin Parr et Bruce Gilden.

En savoir plus

Exposition gratuite « Doisneau, Paris Les Halles » à l’Hôtel de Ville

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Du 8 février au 28 avril 2012 (tous les jours sauf les dimanches et fêtes), au Salon d’accueil rue de Rivoli, la Mairie de Paris présente l’exposition « Doisneau, Paris Les Halles », à l’occasion de la sortie du livre-catalogue éponyme de Vladimir Vasak, édité par Flammarion.


Robert Doisneau (1912 - 1994) fait partie, avec Willy Ronis et Édouard Boubat, des photographes français les plus connus du public, et les plus célèbres à l’étranger, grâce à certaines de ses photos comme « le Baiser de l’Hôtel de Ville » (1950, vendue en 2005 à l’occasion d’enchères qui furent passionnées, à un Suisse anonyme au prix de 155 000&euroWinking, ou à ses prises de vue des rues du Paris de l’après-guerre.


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Les oiseaux 1973 © Atelier Robert Doisneau

Graphiste de formation (École Estienne), graveur, lithographe, il deviendra photographe publicitaire, puis industriel, avant d’intégrer en indépendant en 1946 l’agence Rapho.
On l’a décrit comme un « passant patient », grand guetteur d’anecdote, et son œil, non dépourvu d’humour, peut frôler, selon les images, nostalgie, ironie ou tendresse. La vie à Paris, son actualité, et le Paris populaire feront l’objet de sa part d’un grand nombre de reportages, lui qui couvrit également des sujets plus « exotiques » comme traitant de l’URSS, des Etats-Unis et de nombreux autres pays dont la Yougoslavie.
Ses photos paraîtront dans des magazines comme Life, Paris Match, Réalités, et Point de Vue par exemple.
Sa carrière de photographe sera récompensée de nombreuses distinctions dont les prix Kodak en 1947, Niepce en 1956, le Grand Prix national de la Photographie en 1983 et le prix Balzac en 1986. Ses travaux firent l’objet de grandes expositions (dont Chicago et Oxford) et de nombreuses publications.


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Triporteur aux Halles © Atelier Robert Doisneau

Avec le thème de cette exposition, Robert Doisneau est au cœur même de son sujet de prédilection, puisque la première photo qu’il prît des Halles date de 1933. Il restera fidèle à ce quartier durant 40 ans, revenant sans cesse le visiter, le flairer, prendre son pouls, suivre ses mutations et chacune de ses nouveautés.
Quand, dans les années 1960, les Halles seront menacées, l’inquiétude et la colère de Robert Doisneau le pousseront à tout voir, et à tout photographier. C’est alors que son regard, esthétique et sociologique, deviendra proprement patrimonial.
Cette exposition présentera au public 150 à 200 tirages, pour la plupart vintages, éloges de la vie grouillante du « ventre de Paris », du génie de Baltard, et du vertige qui saisit les Parisiens devant l’énorme béance que constitua le trou des Halles.
Une salle sera spécialement consacrée aux photographies en couleur des années 1960, permettant ainsi un regard nouveau, aussi bien sur le quartier des Halles que sur l’œuvre de Robert Doisneau.
Avec le témoignage de ce grand photographe du XXe siècle sur l’un des quartiers les plus emblématiques de Paris, la Ville poursuit l’exploration de son histoire et celle de ses habitants.


Commissaires de l’exposition : Annette Doisneau et Francine Deroudille.
Une rétrospective Robert Doisneau, se tiendra du 24 mars au 16 mai 2012 au Tokyo Metropolitan Museum of Photography (Japon).
Salon d’accueil de la Mairie de Paris 29 rue de Rivoli 75004 Paris 01 42 76 50 49 Du 8 février au 28 avril 2012

+ d'infos sur l'exposition "DOISNEAU, PARIS LES HALLES"

Le festival Pluie d'images, des regards sur le monde

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C'est à la photographie documentaire que se consacre la 8e édition, qui invite cinq artistes, dont, rarement vu en France, Luis Baylón.
« Pour les artistes invités, il s'agit de révéler, en rapport étroit avec l'art, une vision complexe du monde nourrie par le document, explique Jérôme Lepioufle, responsable artistique du festival. C'est la peinture anglaise pour Simon Roberts, le Bauhaus pour Cristian Esculier, la pratique cinématographique pour Laurence Faure et Valérie Villieu. Et l'expressionnisme pour Luis Baylón. »

Une société à la beauté tourmentée
Ne manquez pas Madrid anonimo, une rétrospective, l'occasion de découvrir l'immense travail de ce photographe madrilène. Inlassable arpenteur de sa ville, depuis 35 ans, Luis Baylón est né à Madrid en 1958. Dès 18 ans, il apprend la photographie et commence sa carrière professionnelle en 1987.
En 2000, Madrid l'a récompensé du Grand prix de photographie pour son travail : 15 ans de photographies de rues, de couloirs de métro, de corridas. En noir et blanc, au Rolleiflex. L'univers de Baylón est peuplé de tous types de gens. Il nous livre l'image, d'une terrible justesse, d'une société à la beauté tourmentée.
« Plus je connais Baylón en tant que personne, plus je vois ses photos, plus je le place incontestablement dans la famille des expressionnistes, estime le photographe-reporter français Bernard Plossu. Luis est le photographe le plus proche de la vie, des coups tordus qu'elle joue aux misérables êtres humains que nous sommes. Il se désintéresse totalement des modes : il photographie l'âme, le corps, la fatigue, la source, les coutumes, les habitudes, les imperfections, la pauvreté... »
La vérité sans concession
Luis Baylón s'inscrit dans la droite ligne des travaux de Weegee, de Lisette Model, de Diane Arbus, de Leon Levinstein : « Des photographes vérité, ne faisant aucune concession. » La tendresse affleure souvent, derrière l'objectif, mais elle masque avec peine les angoisses, les déceptions, les attentes. Instants fugitifs, pris sur le vif, Luis Baylón dévoile des fuyards qui semblent ne se raccrocher qu'à un verre ou à une cigarette... De jour sur le trottoir, de nuit au comptoir, de quartier en quartier, remarquant les oubliés, les exilés, les anonymes, il capte des moments de relâchement et d'abandon.

Festival PLUIE D'IMAGES 2012

Photographie : « Exito sin precedentes » - Luis Baylón
Source : Ouest France